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13/05/2008

Les auteurs passent à table : Joëlle Tiano

Lorsque j'ai lu l'interview de Joëlle Tiano chez Bladelor, je n'ai pas résisté et lui ai demandé de l'aide pour contacter l'auteur de L'enchanteur et illustrissime gâteau café café d'Irina Sasson.

1/ Êtes-vous un bon vivant qui aime la bonne chère et le bon vin ? Aimez vous cuisiner?

J’adore la bonne chère, je regrette juste un peu de n’avoir pas su mieux gérer cet enthousiasme... Je crois que les jeunes générations sont plus intelligentes que la mienne où les filles se répartissaient un peu en deux camps: les tristes stoïciennes d’un côté, les gourmandes invétérées de l’autre, avec de rares ponts entre les deux.

J’apprécie aussi beaucoup le vin. On a rougi mon eau lorsque j’étais petite, comme cela se faisait beaucoup, puis mon père m’a fait goûter des vins lorsque j’ai été adolescente. C’étaient de bons vins mais il s’agissait surtout de s’assurer que deux verres ne me faisaient pas perdre la tête et que je serais en mesure de résister à de vils suborneurs même après qu’il m’auraient fait boire du Muscadet sur lie, du Juliénas ou du Saint-Emilion... (sans blague)

J’adore cuisiner, depuis très très très longtemps. Salé et sucré. J’ai regardé faire, et beaucoup appris avec les livres aussi.

2/ Quelle est votre madeleine de Proust?
Lesquelles choisir de mes innombrables petites madeleines?
Le boeuf en daube de ma grand-mère, qui nous attendait en compagnie de ganses au beurre, dans un village des Bouches du Rhône, à notre arrivée de Paris? (ou sa brouillade de tomates, froide, à laquelle nous faisions un sort au goûter, en douce, avec mon petit frère?)
Les fraises que dans son jardin de Soisy sur Ecole ma tante Gilda, avec des mines de conspirateur, faisait découvrir aux petits citadins que nous étions? (ou son boudino, gâteau aux noix de Salonique, qu’elle était chargée par papa de faire pour mon anniversaire?)
Le malibi, dessert lacté aromatisé de cannelle et d’eau de rose que ma tante Nelly servait dans de petites coupes craquelées, très années 40, à proximité de son crapaud Steinway laqué noir (tiens tiens...)
Les moules marinière des hôtels des plages bretonnes, l’été? (mais alors il faudrait parler aussi des odeurs de sucre cuit des confiseurs de bord de mer...)
Je m’arrête.

Pour le vin, c’est plus facile. Même si donc, j’ai eu la chance de commencer à goûter jeune de bons vins, j’ai le souvenir très précis de ma première vraie émotion dans ce domaine. C’était l’été 64. Avec une copine nous ‘faisions” les Vosges du sud à pied. On dormait chez l’habitant, chambre quand on était chanceuses, granges souvent. Puis un jour, à Colmar, je ne sais pas quelle mouche nous a piquées, nous avons cassé notre tirelire et sommes allées à la Maison de Têtes. C’était alors un très bon restaurant. Je me souviens encore du menu et du vin surtout: Un Bourgogne: Clos de la Maréchale...

3/ Quel est votre diner idéal?
Le dîner idéal? Il y a tant de variantes: avoir cuisiné ou mettre les pieds sous la table? Chez des amis ou au resto? Nappe blanche ou couleur? l’hiver ou l’été? L’été, l’une des choses du monde la mieux partagée sans doute, à l’heure ou la grosse chaleur est tombée et où se lève la brise, l’odeur des grillades au charbon de bois qu’on mangera dehors, c’est un peu l’odeur du bonheur...

4/ Avec qui aimeriez vous diner?
-Avec Alexandre Dumas père, chez lui, parce qu’il était démesurément généreux et amphitryon renommé, et qu’ il m’aurait raconté plein d’ histoires...
-Avec le Burt Lancaster du Guépard, en grignotant quelque bricole sicilienne, pour lui dire qu’il ne doit pas regretter de ne pas m’avoir rencontrée plus tôt, qu’il me laissait indifférente dans Trapèze, que c’est ici, ce soir, à ce bal, dans la bibliothèque, qu’il m’enchante, m’émeut, me séduit.
-Avec l’Orson Wells du Troisième Homme, en mangeant une Sacher Torte où vous savez, j’aurai pris prétexte de lui faire la morale pour pouvoir le rencontrer.

5/ Ecrivez vous le ventre vide ou le ventre plein?
Ecrire... Quand on est vraiment bien parti, on peut résister au petit bout de Pyrénées Brebis, au carré de chocolat noir de cuisine... Ce n’est pas souvent le cas... Pour boire: du thé, Earl Grey ou Lapsang Souchong (quand on écrit ça, on a presque l’impression de savoir parler chinois...) ou de l’eau frémissante avec un filet d’eau de fleur d’oranger.

Encore merci à Joëlle Tiano d'avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions culinaires.

14/01/2008

Joëlle Tiano : L'enchanteur et illustrissime gâteau café-café d'Irina Sasson



Couverture :
A presque 101 ans, très loin de là où elle est née, Irina Sasson entretient chaque matin sa mémoire en récitant, dans les sept langues que sa destinée l'a amenée à parler, la recette du fameux gâteau café-café qui lui avait valu le succès que l'on sait dans la colonie européenne de Batenda. Surgissent alors les jours incandescents de sa vie. Des jours qui n'ont rien perdu de leur douceur ni de leur éclat, ni de leur douleur non plus. Et sans doute, dût-elle vivre cent ans encore, et sa mémoire s'effilocher chaque jour un peu plus, ils resteraient longtemps en elle, noyaux rebelles à l'oubli... Ce jour-là, venue du nord du Continent, sa petite fille est à son chevet. Pour une raison précise.
Dans ce texte à l'écriture musicale, un charme puissant opère, qui tient au mouvement entre les grands horizons et l'espace réduit d'une cuisine, entre la rumeur du monde et l'intimité d'une femme.

Mon avis :
Ce gâteau a été déjà on ne peut plus commenté sur les blogs :)
J'ai un peu l'impression d'arriver après la guerre, alors que j'ai même déjà gouté à ce fameux gâteau grâce à Chiffonnette qui m'a également prêté le livre. Double merci :)

Merci parce que le gâteau comme le livre étaient délicieux.

Moi aussi j'ai été happée par ce charme puissant évoqué sur le quatrième de couverture. Et si vous ne l'avez pas lu, je vous conseille de remédier à cela :)
Désolée, je n'en dirais pas plus, tellement à déjà été écrit sur ce livre que les mots me manquent!