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19/11/2008

Drôles de mecs au théatre du temple


"Un Zapping frénétique à 1000 à l'heure durant lequel le publique s'amuse à tester sa culture télévisuelle". Cette description d'un spectacle de danse a quoi de laisser perplexe! Et pourtant c'est ce pari que réussissent avec brio, les cinq danseurs de Drôles de mecs.

Non content d'enchainer les références au petit et au grand écran, de permettre la rencontre de Dark Vador (alias "je suis asmathique en plus d'être ton père") avec James Bond, de parodier Alerte à Malibu (leur version de Pamela Anderson est un must), ils poussent le comique jusqu'à parodier des jeux vidéos et même le tetris.

Sous le charme, amusée, riant aux éclats, j'ai été particulièrement bluffée par leur capacité à prendre la quintessence d'un film, d'une série, d'une pub, d'une musique, pour le détourner, le triturer et en sortir un show danse souvent impressionnant et surtout hilarant.

Caro[line] et Fashion sont ressorties également enthousiastes. En ces temps de crise, une heure quinze de rires, c'est plus que bienvenue non?



Drôles de mecs, au théâtre du temple
18, rue du Faubourg du temple
75011 Paris
Métro République

Des places sont disponibles sur Billetreduc

06/11/2008

A tous les James qu'on a aimé avant...

Cela fait une semaine qu'est sorti le nouveau James Bond et malgré les files d'attentes devant les cinémas, la plupart des théières sont allées le voir admirer. Depuis, sauf une trop wild pour le petit James, plusieurs théières n'ont qu'un prénom ou plutôt deux à la bouche : James/Daniel.

Vous noterez combien Colin, Pierce se dandinant en tenue disco, ou même Javier la joue pleine de peinture, ont vite été oubliés. Pauvres hommes, débarqués de nos fantasmes féminins par un agent secret en smoking noir cintré (qu'il s'obstine obstinément à salir tout au long du film), en petit pantalon blanc et veste en cuir (qui subissent le même sort ou presque que le costume, bon j'arrête avec mes réflexions ménagère sinon certaines moqueuses risquent de m'appeler Ariel)...



Cependant si je ne peux pas me cacher, moi aussi je craque, et d'ailleurs j'avais déjà largement craqué pour Casino Royale (seconde édition). Je voulais, au travers d'un billet, rendre hommage à tous ces James qui semblent oubliés dans leur smokings noirs plus ou moins cintrés suivant les époques. Bien sur ce classement est totalement subjectif et personnel, mais je vous encourage à exprimer ici vos avis : qui est the James, qui fut le plus séduisant?

Puisqu'il faut bien faire plaisir aux copines, je ne pouvais pas bien sur oublier celui que Daniel (**soupirs**) a remplacé : Pierce Brosman. Par contre, désolée, je n'ai jamais aimé ses films, le trouvant trop propre, trop bien coiffé pour représenter un agent secret crédible. Son époque a été également propice à nous proposer des cascades improbables en ouverture. Je me souviens encore d'une salle riant aux éclats devant l'une de ces entrées en matière. C'était prévu?

J'ai un tendresse particulière pour Timothy Dalton. Bon objectivement, côté coiffure, il n'avait que peu à envier à Pierce mais voilà moi j'ai soupiré devant Timothy, alors je l'aime bien. Licence to kill est l'un de mes meilleurs souvenirs de blockbuster de cette époque, même si le film n'a pas excessivemment bien vieilli.



Et, of course, the last but not the least, même vieux son regard est resté magnétique, alors jeune en smoking noir ou blanc... Cet écossais a représenté le plus british des agents secrets : Sean Connery (who else?...) A sept reprises, il a défendu sa majesté contre Dr No, en Russie, et dans bien d'autres lieux.






Ne me tapez pas, pour les fans, mais alors vraiment pour vous faire plaisir, une petite photo du grand oublié de ce classement : Roger Moore. A part en embrassant Grace Jones, son passage ne m'a malheureusement pas vraiment marquée.






Caution littéraire :

Parce qu'il s'agit tout de même d'un blog littéraire : James Bond, avant d'être 22 films cela fut également des romans écrits par Ian Fleming. Après la mort de Fleming en 1964, les aventures de Bond furent successivement écrites par Kingsley Amis (sous le nom de Robert Markham), John Gardner et Raymond Benson. (source Wikipedia)
Je ne pourrais que citer une spécialiste des polars, qui considère le personnage littéraire trop macho, limite raciste, et pas du tout sexy. Et dire qu'à partir de cette série, ils ont réussi à nous faire admirer ça!


Caution cinématographique :
Les scénaristes de James Bond ont toujours été particulièrement attentifs à l'actualité. Ici ils se sont servi de la rareté de l'eau.
Cela permet à James de courrir après les méchants dans des scènes impressionnantes, avec une mention spéciale pour la course à pied sur les toits de Siennes. Contrairement aux vieux épisodes, le méchant, campé par Mathieu Almaric, est plus huileux (pour reprendre l'expression de Peter Fondu de Oui fm) que profondément méchant. J'ai regretté l'absence de scènes mettant plus en avant le style glamour James Bond (comme cela avait le cas lors des parties de poker dans Casino Royal). Quantum of Solace se rapproche donc beaucoup plus d'un épisode de la trilogie Jason Bourne. J'ai aimé cette trilogie, donc j'ai aimé ce Quantum of Solace. Et puis franchement Greg a beaucoup plus de potentiel que Matt Damon.



N'est ce pas ?


Plus d'infos sur ce film


Ce billet est évidemment dédié à Didier Barbelivien et Felix Gray qui ont inspiré le titre de cette ode aux James.

04/09/2008

Exposition : Du vent dans les branches au jardin de Luxembourg

Chantal Mennesson, présidente de la Biennale d’Issy, convie 40 artistes à s’exprimer autour du thème de cette neuvième édition : "Du vent dans les branches". Ce titre est à considérer au sens propre comme au sens figuré car il exprime toute la liberté inhérente à l’art actuel – quoi de plus libre que le vent ! – qui mêle les supports et les techniques tout en repoussant les limites entre abstraction et figuration. Les sculptures monumentales, installées tout l'été dans le jardin du Luxembourg, font écho à celles exposées dans l'orangerie.




Le jardin du Luxembourg fait parti d'un de mes préférés à Paris malgré les foules qui l'arpentent dès le moindre rayon de soleil. Il est toujours possible de trouver une chaise pour lire au soleil ou à l'ombre et des concerts y sont régulièrement proposés.
L'un de ses avantages est également de proposer des expositions en plein air offertes par le Sénat. Cet hiver, nous avions droit aux photos de la conquête de l'espace accrochées sur les grilles du jardin avec à chaque fois une explication très intéressante.

Actuellement il faut pousser ces grilles et arpenter les allées du jardin, pour profiter de l'exposition en plein air Du vent dans les branches jusqu'au 21 septembre. L'ensemble des œuvres présentées s'intègrent très bien à ce cadre. Elles sont très différentes les unes des autres mais toujours étonnantes. A chaque fois, une très brève présentation de l'artiste est faite (mais réduite le plus souvent à son nom et son lieu de résidence), puis une présentation de l'œuvre par l'artiste. Certaines explications restent un peu obscures mais la plupart du temps cela aide très bien à la compréhension et la lecture de l'œuvre. J'ai personnellement trop peu de connaissance en arts pour ne pas avoir besoin d'un minimum de décryptage.

Il est donc possible de se promener entre autres d'un Pot de jambes en bouquet de pieds et de molets de Robert Combas (première photo), et ensuite admirer un Cheval au pré et son enclos poétique "aux chavaux de vent" de Florence de Ponthaud (deuxième photo), ou de s'interroger devant le rose de La cage de lumière et de vent de Jordy (troisième photo).

Cependant mon œuvre préférée (qui d'ailleurs ne faisait pas partie de l'exposition Du vent dans les branches) à été sans aucun doute celle de Guy Ferrer intitulée T.O.L.E.R.AN.C.E. Il s'agit de 9 sculptures/lettres en bronze formant le mot tolérance et suggérant divers religions ou spiritualité du mot.(la lettre A est en photo ci-contre)

L'album des photos prises lors de la visite (avec les panneaux associés) est ici, alors que les œuvres sont détaillées sur le site du Sénat.

Informations pratiques :
Entrée libre
Entrées : place Edmond Rostand, place André Honnorat, rue Guynemer, rue de Vaugirard
Métro : Odéon, RER : station Luxembourg
Bus : 21, 27, 38, 58, 82, 84, 89
Les horaires d'ouverture sont fonction de la période de l'année.
La liste des concerts prévus pour une visite en musique

15/02/2008

Exposition : Boubat à la maison Européenne de la photographie


Présentation :
'Correspondant de paix', selon l'expression de Prévert, Edouard Boubat est une des grandes figures de la photographie humaniste française. De 1946 à 1999, il a, en reporter, parcouru la France puis le monde, saisissant de fugitifs instants de bonheur. Son oeuvre, libre de toute tension douloureuse, est une célébration de la vie, pleine de poésie, de pureté et de tendresse. Ce 'poète vivant dans un monde dont il avait la clé' (Raymond Grosset) avait coutume de dire : 'Photographier, c'est exprimer une gratitude'.
L' exposition rétrospective présente une sélection de plus de 150 tirages, de sa première image - La Petite Fille aux feuilles mortes - aux derniers photogrammes en passant par les photographies de quelques-uns des pays qu'il a parcourus.

Mon avis :
"Correspondant de Paix", Prévert a su en 3 mots retranscrire parfaitement l'impression donnée par le travail d'Edouard Boubat.
Cela commence par cette Petite fille aux feuilles mortes, Paris 1946. Ou comment en une seule photo saisir la grâce de l'enfance artiste. Sa mélancolie peut-être également avec une tête légèrement penchée. Et cette queue de feuille qui traine délicatement par terre...


En 1947, Edouard Boubat tombe amoureux de Lella, une amie de sa soeur. Il l'épouse et la photographie, certainement ébloui par sa grâce, sa féminité farouche.
Plusieurs photos de Lella sont exposées, et pourtant sur aucune, elle ne sourit. Drôle de début pour ce photographe du bonheur, qui semble au travers de son objectif tenter d'apprivoiser cette jeune-femme. (commentaire totalement subjectif et absolument pas documenté des deux midinettes qui visitaient cette exposition).


Grâce à son travail de photo reporter, Boubat a parcouru le monde. Égypte, Suède, États-Unis, Irak, Belgique, Chine (en pleine révolution culturelle), Portugal, Italie, Inde... Les pays sont multiples, comme les sujets, et pourtant en filligrammes, on retrouve ce même témoignage du quotidien, des petites choses millénaires et intemporelles.

Intemporelles comme ce gros plan de bébé d'Inde en 1962, ces Premières neiges au Luxembourg, Paris, France, 1955.

Simple et millénaire comme cette femme qui allaite son bébé, un voile blanc sur la tête à Bethleem, 1954



Chaque dimanche de 15h à 16h, deux courts films sur Edouard Boubat sont programmés à l'auditorium. Ne manquez pas cette occasion d'entendre ce poète avec un appareil, parler de son travail. Il était d'un calme olympien. On comprend beaucoup mieux à la vision de ses deux interviews comment il pouvait travailler. "Je n'ai rien fait, ces gens étaient porteurs de leur beauté".

L'exposition est très jolie conclue sur une autre phrase du photographe, que je trouve très représentative de l'image qu'il m'a laissé par les deux films projetés :
"Ce qu'il y a de plus beau en photo, c'est le moment de la prise de vue. Au moment où je fais un portrait ou un paysage, Boubat n'existe plus. Le secret, le voilà, il n'y plus de Boubat" (1986)

Informations pratiques :
Exposition du 16 janvier au 30 mars 2008
Maison Européenne de la photographie
5/7 rue de Fourcy - 75004 Paris
Métro: Saint Paul ou Pont Marie.
Horaires : Ouvert tous les jours de 11 heures à 20 heures, sauf les lundis, mardis et jours fériés.
Accès à la billetterie jusqu'à 19 heures 30.
Tarifs : Plein tarif: 6 € / Demi-tarif: 3 €

Pour aller plus loin :
L'article sur Wikipedia

09/02/2008

Exposition : Emotions voyageuses au Lucernaire


Présentation :
Photographies de Catherine Gaudin et Seydou Toure
Une exposition à deux voix : laissez vous charmer par les "émotions voyageuses" de deux photographes, qui à travers leur exposition nous font partager leur vision du monde en sépia.

Mon avis :
Internet permet le pire et le meilleur comme l'écrivait, il y a peu Caro[line]. Préparant un voyage en Inde, la demoiselle avait contacté Catherine et Seydou par le biais de leur Blog.
Le contact était bien passé, et lorsque ces deux photographes ont annoncé leur exposition à Caro[line], celle-ci a proposé aux blogueuses parisiennes de se joindre à elle.
Je faisais la "victime" parfaite, adorant cet art :)

Rendez-vous fut pris donc pour le vendredi 1er février et nous avons alors rencontré Catherine et Seydou au Lucernaire pour une explication personnalisée et détaillée de leur exposition. Au travers de leurs images et de leurs mots, nous sommes parties pour un merveilleux voyage, pleines de ces émotions voyageuses qui ont données le titre de leur exposition.

Ces émotions ont été crées et nourries par toutes les rencontres faites par ces deux photographes de familles, de personnes avec lesquels ils ont partagés un long moment ou juste un regard.

Le choix a été fait de traiter toutes les photos en sépia mais de ne pas utiliser toujours le même effet. Chaque sépia est adapté à la photo, et cela rajoute au charme de l'exposition.
Certains sont plus chauds et d'autres comme par exemple, pour cet artisan, plus froids.


Mon coup de cœur intégral se porte sur la photographie ci-dessous. Après 10 ans de club photos, je sais immédiatement quand une photo me dépasse, c'est alors que je ne suis plus capable de la juger suivant les règles de prise de vue. Cette mère tenant dans ses bras sa fille, ces deux regards, confiants même si un peu surpris, sereins et heureux, cette joue délicatement posée contre l'épaule tandis que les bras enlacent même si on ne les voient pas...
Et puis tout de même, le cadrage que je trouve totalement adapté.
J'adore! Et en écrivant ces lignes, je suis toujours en train d'hésiter pour que cela soit mon premier achat d'une œuvre originale...


Informations pratiques :
Galerie Lucernaire : 53 rue Notre Dame des champs, 75006 Paris
Du 28 janvier au 09 mars.
Entrée libre du mardi au vendredi de 10h à 22H - Samedi et dimanche de 14h à 22h.

Pour aller plus loin :

Allez visiter le site web de ces deux photographes, pour les non parisiens/franciliens, vous y retrouvez également une galerie numérique des photos de l'exposition.

20/01/2008

Exposition : Courbet au Grand Palais

Présentation :
Cette exposition-événement présente 120 peintures, une trentaine d'œuvres graphiques et environ 60 photographies sur un parcours de 1500 m². Depuis 1977 (date de la dernière grande monographie consacrée à l’artiste à Paris), de nombreuses recherches en France et à l'étranger ont permis de proposer de nouvelles lectures de l'œuvre de Courbet (1819-1877), dans le contexte de la création artistique des années 1840-1860.
Cette rétrospective souligne la complexité de l’œuvre de Courbet, de ses liens parfois paradoxaux avec la représentation du réel et la tradition picturale. Elle réévalue la place de l'artiste dans son époque, analyse ses liens avec les autres arts, la photographie en particulier. L’exposition donne aussi les clefs de compréhension d’une œuvre protéiforme, de l'énoncé réaliste des années 1848-1855 et de ses conséquences pour l’histoire de l’art. Cette approche permet de s'interroger autant sur la nature du réalisme de Courbet que sur la place de la culture romantique dans son œuvre. Elle met en lumière une influence qui fut décisive pour les tenants de la "Nouvelle Peinture" des années 1860 et les débuts de l'impressionnisme.
(source : site officiel de l'exposition)

Mon avis (en italique, le texte de l'exposition) :
C'est avec le meilleur a priori que je suis allée ce matin voir l'exposition Courbet puisque :
- j'ai décidé de combler mes lacunes abyssales cette année en histoire de l'Art
- j'apprécie énormément le portrait de l'artiste dit le Désespéré (1844-1845) qui tient lieu d'affiche pour cette exposition
- et cette visite m'avait été chaudement recommandée par plusieurs personnes.

Et c'est avec un grand sourire de satisfaction que je suis ressortie du grand Palais.

Le parti pris de présenter l'œuvre par thème permet un excellent découpage et une très bonne compréhension de l'œuvre de cet artiste.
Et j'ai pu ainsi par exemple voir très facilement l'évolution du style

L'exposition s'articule donc autour de huit sections :

L’invention de Courbet : les autoportraits de jeunesse.
Cette section rassemble pour la première fois un ensemble important des autoportraits peints et dessinés de 1840 à 1855.

Seul ce fameux portrait de l'artiste dit le désespéré sort réellement du lot. Il est d'ailleurs troublant de le voir exposé au milieu de deux autres toiles qui n'auraient même pas attiré mon regard si la signature Courbet n'était pas dessus. (jugement qui n'engage bien sur que moi, mais j'ai mentalement qualifié ces toiles de croutes!).
Une autre toile m'a marquée (représentée ci-contre), Les amants dans la campagne, sentiment du jeune age dit aussi les amants heureux (1844). En la voyant, j'ai eu l'impression d'un mauvais cadrage (que je ne retrouve pas sur cette reproduction d'ailleurs), et pourtant grâce à l'effet prise de vue par en dessous le résultat est plus que probant.

De l’intime à l’Histoire.

Toute sa vie Courbet demeura fidèle à ses racines familiales et à sa terre natale. Elles lui inspirent ses premières grandes toiles, affirmations de sa création artistique.

Ici, j'ai vraiment touché l'évolution du peintre. Dans les années 1840, un style très photographique, extrêmement détaillé comme dans ce portrait de Juliette Courbet datant de 1845. Je trouve même qu'il y a un très léger défaut de perspective entre la tête et le reste du corps.

Peu à peu, l'œil du peintre se forge et il nous impose alors sa propre vision de ses personnages. De même, les couleurs deviennent plus sombres.

Les manifestes.
Autour de L'Enterrement à Ornans et de L'Atelier du peintre, exceptionnellement déplacés du Musée d'Orsay au Grand Palais, cette section met en évidence la cohérence de l'ambition artistique de Courbet au début des années 1850 et sa mise en scène par le peintre lui-même.

J'avoue par contre être passée totalement à côté d'un Enterrement à Ornans (1849-50). Elle ne m'a pas touchée, je ne comprends pas tout simplement, et pourtant cela semble l'une des oeuvres importantes de Courbet.



Une oeuvre qui m'a plus marquée est L'atelier du peintre, allégorie réelle déterminant une phase de 7 années de ma vie artirtisque (1855). Près de trente personnes sont représentées alors qu'il n'y a que Courbet et 2 modèles.
Moi qui imaginais un peintre ayant besoin de solitude pour peindre :)... Delphine m'a d'ailleurs fait remarqué qu'on reconnaissait sur la droite Baudelaire dont un portrait (identique) et une photographie sont exposées juste à côté.
Pour anecdote : une caricature de ce tableau est exposée avec comme légende le titre suivit de "où il prouve victorieusement qu'il n'a jamais eu de maitre ... de perspective".

Un autre intérêt de cette salle sont les photos d'époques qui font échos aux tableaux.

Paysages.
La section s'articule autour des deux belles séries consacrées aux grottes de la Loue et aux vagues normandes dont les versions les plus importantes sont rassemblées. Cette thématique permet d'explorer avec pertinence les liens avec la photographie contemporaine – Le Gray, Le Secq, Giroux notamment.

Troublant... Troublant car la même année (1855), il peint Les roches de Mouthier que j'ai trouvé totalement sans intérêt (mais bon avis personnel, bien sur) et Le ruisseau du puit noir, vallée de la Loue, qui m'a marquée (dans la limite du raisonnable puisqu'il s'agit d'un paysage)


3 tableaux totalement inattendus dans un coin de la salle
: Mer calme (1869), 1/3 mer et plage, 2/3 ciel de nuages blancs avec juste 2 bateaux échoués sur le sable ainsi le bord de mer de Palevas, représenté ci-contre (1854). Après une série de tableaux sombres, la luminosité dégagée par ces œuvres est d'autant plus frappante.



La tentation moderne.

Durant les années 1860, Courbet, alors au faite de sa célébrité, est une référence essentielle pour la génération montante de la Nouvelle peinture et des débuts de l'Impressionnisme; l'œuvre de ces jeunes peintres stimule à rebours Courbet, notamment autour du portrait et du sujet moderne.
Beaucoup de portrait. J'avoue ne pas avoir compris l'explication donnée à l'entrée : "évolution de sa peinture du vrai vers le moderne".
Visiblement avant les portraits de Courbet étaient des représentations des gens sous leur nom (donc le réel) et ensuite il les a utilisé comme modèle pour d'autres personnage (historique ou nom), mais pourquoi alors parler de moderne pour une démarche utilisée depuis toujours?
Si quelqu'un a une explication?


Le nu, la tradition transgressée.

Le nu féminin est un des enjeux majeurs pour Courbet qui peint ses premiers nus dans les années 1840. La présentation des Baigneuses en 1853 (musée Fabre, Montpellier) lui permet d'affirmer sa fidélité à la tradition et sa volonté d'un renouveau réaliste.


Evidemment la pièce phare est L'origine du monde. (1866)
On y trouve également La femme au perroquet (1866) dont j'ai préféré une Etude pour la femme au perroquet qui est un cadrage sur le visage de cette femme et une peinture plus sombre.


Le peintre en chasseur mélancolique.

Les œuvres liées à la chasse ont souvent été négligées par les historiens d'art. Elles occupent pourtant une place essentielle, au regard de la peinture d'histoire, valorisée dans l'exposition par la présentation autour des grands formats – L'Hallali du cerf (1866), Le Combat de cerfs (1861) – de l'ensemble des œuvres essentielles de cette thématique.




L'expérience de l'histoire : Courbet et la Commune.
Courbet avait toujours entretenu des liens complexes avec le politique. Il s'engage pour la première fois dans l'action à l'occasion du siège de Paris et de la Commune où il préside la Fédération des Artistes. L'artiste paiera cette implication politique, notamment les conséquences de la destruction de la colonne Vendôme. Emprisonné, malade, contraint à l'exil en Suisse à partir de 1873, Courbet est un artiste désormais survivant. A l'exception de l'Autoportrait à Sainte-Pélagie (1861, musée départemental Gustave Courbet Ornans), le peintre n'a pas traité directement les événements dont il fut témoin et acteur. La série mélancolique de natures mortes, peintes entre 1871 et 1873, lui permet d'exprimer son désarroi. L'exposition se conclut sur la présentation rare des trois tableaux consacrés aux Truites de la Loue, métaphores de l'artiste et de son destin douloureux.
Ces trois tableaux m'ont laissée sceptique. J'avoue que le parallèle entre ces trois natures mortes et le destin de l'artiste...

En tous cas, une excellente exposition que je conseille à tous les parisiens ou ceux qui ont la chance de monter à la capitale cette semaine. Dépêchez vous!

Informations pratiques :
Dates
: du 13 octobre 2007 au 28 janvier 2008 (il reste donc que peu de temps!)
Tous les jours sauf les mardis aux Galeries nationales du Grand Palais
Horaires
: Tous les jours de 10h à 22h sauf le jeudi jusqu'à 20h
(dernier accès : 45 mn avant la fermeture des caisses)

Pour aller plus loin :
Le site de l'exposition présente un très bel ensemble de photos des œuvres
Bien sur tous les articles de Wikipédia (plusieurs liens dans mon billet sont sur ces articles)

14/12/2007

Exposition : Design contre Design au Grand Palais

Présentation (mais vous pouvez aussi passer) :
(extrait du site dédié du Grand Palais)
Depuis les années soixante et le choc post-moderne des années quatre-vingt le mot « design » est en crise. Chacun y voit ce qu’il veut et ce mot longtemps interdit dans le langage institutionnel en France connaît une telle inflation qu’il est devenu synonyme de « bien dessiné » voire « d’objet tendance ».
Présenter deux siècles de design ne peut se faire qu’en effectuant des choix. Plutôt que de raconter une histoire, aujourd’hui trop longue et trop dense, Design contre Design préfère opérer des raccourcis à travers le temps afin de susciter des images et d’évoquer des histoires. Rapprocher les époques et confronter les objets se fera selon trois critères :
les formes : la droite et la géométrie, la courbe, les formes inspirées de l’organique, et enfin la négation de la forme qui peut aller jusqu’à l’informe ;
les styles : célébrés ou honnis, il est difficile d’échapper aux styles, à l’histoire, à l’ornement, aux sources ; les références cultivées et insolentes font aujourd’hui un retour en force ;
environnements : le végétal, l’animal, le minéral, le corps humain sont des sources d’inspiration pour les créateurs ; même l’objet est récupéré pour donner naissance à de nouveaux objets. L’architecture joue ici double jeu. Certains meubles sont de mini-architectures, d’autres peuvent créer des volumes nouveaux : lits clos, coques, habitacles.
Trois œuvres majeures marquent chaque galerie : un banc Iceberg de Zaha Hadid, une chambre « utérus » de l’Atelier Van Lieshout et un « paysage fantastique » de Verner Panton.

Mon avis :
S'il reste encore du monde après cette entrée en matière :)
Lorsqu'en septembre, j'ai entendu parler de cette exposition, j'ai immédiatement dit "je veux y aller!", même et surtout si je ne connais rien du tout au sujet.
Suivant, le bon principe, "j'ai le temps...", ce n'est que la semaine dernière que j'ai enfin vu cette exposition.
Entre tant, j'ai pu entendre et lire des commentaires qui m'ont un peu refroidie : la plupart des commentaires déconseillaient aux néohpytes complets (donc moi) sans avoir préparé un minimum.
Des remarques sans surprise, les responsables du grand Palais, ayant la plus que mauvaise habitude de proposer régulièrement des expositions de spécialistes pour spécialistes. Je prends toujours pour exemple l'exposition des Boudhas (certainement superbe), mais sans explication détaillée, ce n'était que des jolies sculptures.

Donc prévenue mais tout de même motivées, nous sommes parties gaiement à trois, visiter cette fameuse exposition.

Première constatation, effectivement les commentaires étaient en partie justifiés, puisque pour les explications, il faudra repasser. La présentation des meubles est plus que succincte et manque cruellement de positionnement : une date, un auteur, un nom n'explique pas au minimum dans quel courant se situe l'auteur.
Certaines pièces auraient vraiment mérité du détail : est ce des séries limitées ou pas, courant du design dont fait partie le meuble, et même (mais là c'est certainement ma formation qui parle), comment est on passé de l'idée au meuble, est ce que le meuble a été "copié" à plus grande échelle?.... J'avoue que pour certaines pièces, j'ai passé plus de temps à saisir comme tout cela tenait, qu'à les admirer.

Cependant, passé cette petite déception, j'ai vraiment aimé l'exposition. Le parti pris de présenter les meubles par thème, est vraiment réussi : cela commence par les différentes formes géométriques (courbes, cercle, carré...) pour finir par l'architecture en passant par l'imaginaire (dont des meubles d'inspiration tribale (on se croyait presque au musée du quai Branly)), la déstructuration des formes, le corps ou l'animal et le végétal.


Ma salle préférée est sans aucun doute la première (peut-être également car la plus "classique"). J'ai été frappée par certaines pièces du 19ème et pourtant semblant sortir d'un magasin Habitat, comme ce buffet de Edward William Godwin, daté entre 1863-1867.

L'oeuvre majeure de la salle, un banc Iceberg de Zaha Hadid, 2003 (Bois laminé, micro-feuilles d’aluminium) m'a également marquée et j'aimerais voir un mobilier urbain s'en inspirant :)

Une exposition à voir!

Merci Zag pour les scans de préparation (et pour le compte rendu de l'expo sur son blog :)

Informations pratiques :
Dates : du 26 septembre 2007 au 7 janvier 2008
Lieu : Galeries nationales du Grand Palais 75008 Paris
Entrée square Jean Perrin
Accès : M° Franklin-Roosevelt ou Champs-Élysées Clemenceau.
Horaires : Tous les jours, sauf les mardis. De 10 à 20h et les mercredis et vendredis de 10 à 22h
A partir du 10 novembre, nocturne supplémentaire les samedis et dimanches jusqu'à 22h

 

10/11/2007

Exposition : Musée Maillol : Allemagne les années noires



Présentation :
Le musée Maillol propose une exposition essentielle de la production artistique allemande qui surgit dans le contexte des horreurs de 14-18 et de la crise socio-économique qui s'ensuivit durant l'entre-deux-guerres. Véritable matrice d'un mouvement d'avant-garde politiquement engagé, l'Allemagne des années noires donnera naissance à de grands maîtres tels que Georg Grosz, Otto Dix et John Heartfield. Un rendez-vous à ne pas manquer.
(source : Evene.fr)

Du 31 octobre 07 au 4 février 08.
Ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 11h à 18h. Prix du billet : 8 euros (Permet l'accès aux collections permanentes du musée), billets à 6 euros pour les adhérents Fnac

Mon avis :
Il y a des jours comme cela où vous vous demandez ce qu'il vous a pris d'accepter sans en avoir jamais entendu parler d'aller voir une exposition, juste sur un titre : L'Allemagne les années 30 (en fait, il s'agit de l'Allemagne les années noires, mais atteinte d'une surdité précoce (l'age ne m'améliore pas!), j'avais simplement mal compris.)
Et puis en regardant Pariscope pour trouver l'adresse du musée, je suis tombée sur l'affiche de l'exposition : Arghhhh mais elle est malade, pensais je immédiatement de la personne qui m'avait proposé cette sortie. Oh et puis, trop tard pour annuler... Donc le lendemain par un merveilleux soleil automnale, j'attendais sagement à l'entrée du musée Maillol de voir des tableaux d'hommes en masques à gaz.

Bon, inutile de vous mentir, c'est loin d'être amusant, et si tous les tableaux ne sont pas lugubres, aucun n'est joyeux. Le but des peintres allemands dont les oeuvres sont présentées est justement de dénoncer l'horreur de la guerre et d'éviter que celle-ci soit récupérée comme un mythe guerrier.

L'un des principaux peintre de l'exposition est Otto Dix (1901-1961) et j'ai eu un véritable coup de coeur pour ce peintre que je découvrais.
On peut admirer au début sa série de 50 gravures de 1924 intitulée "la guerre" qui décrit en détail le pouvoir de destruction de la guerre : squellettes, paysages lunaires, corps déchiquetés...
De cette série, je retiendrais surtout une image ou plutôt une silhouette de fou qui m'a fait penser à celle d'un enfant.
Dans la même salle, j'ai été frappée par un tableau représentant un mort qui semble endormi tel le dormeur du Val de Rimbaud, seule la position de sa jambe trahit son état.

Otto Dix a envoyé durant la guerre des cartes postales dessinées à son amie Helen Jacob. Celles-ci rsont un véritable témoignage de la vie quotidienne au front alternant la représentation des tranchées, les portraits de ses camarades ou des scènes ordinaires de la vie de soldat.

Je garderais également en mémoire l'un de ses autoportrait de 1916, dont les yeux sont cachés (paupières baissées ou volonté de ne pas les dessiner?), portrait en noir et blanc de pierre noire sur papier.

Au deuxième étage de l'exposition, on retrouve une autre époque, après la dénonciation de la guerre et le témoignage de son horreur, les artistes se sont attaqués à la république de Weimar, l'absolue pauvreté de nombreux allemands, la place des mutilés... Toute une sensation de laideur qui s'est alors abattue sur le monde.

En plus d'Otto Dix, on retrouve de nombreux peintres dont Max Beckmann, Jakob Steinhardt, George Grosz, Walter Gramatté,Ludwig Meidner, Conrad Felixmüller...

A voir!