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18/11/2008

Stephan Zweig : Le voyage dans le passe




Le voyage dans le passé est l'histoire des retrouvailles au goût amer entre un homme et une femme qui se sont aimés et qui croient s'aimer encore. Louis, jeune homme pauvre mû par une " volonté fanatique " tombe amoureux de la femme de son riche bienfaiteur, mais il est envoyé quelques mois au Mexique pour une mission de confiance. La Grande Guerre éclate. Ils ne se reverront que neuf ans plus tard.







Au travers de cette nouvelle inédite (elle n'avait jamais été traduite en Français), Stephan Zweig décrit admirablement (mais est ce étonnant après avoir lu Lettre d'une inconnue?) les prémices de l'amour, son expression, son déclin ou plutôt son hibernation et son retour. Les mots sont évidents et pourtant magnifiques, j'ai eu envie de recopier le texte en entier. Rarement j'avais été aussi touchée par des mots aussi simples et aussi bien assemblés. Quiconque a été amoureux une fois dans sa vie, a ressenti le lent émerveillement devant l'autre qui devient presque une extension de soi, ne peut qu'être touché.
C'est un travail d'orfèvre dont la principale qualité est certaiment de sembler aussi évident, aussi simple (je sais je me repète, mais les mots me manquent).

Un extrait (et j'ai réussi à ne pas vous recopier tout le livre!)
"Ce n'était pas lui qui l'avait attirée à lui, ni elle à elle, ils étaient tombés dans les bras l'un de l'autre, comme emportés ensemble par une tempête, l'un avec l'autre, l'un dans l'autre plongeant dans un inconnu sans fond, dans lequel sombrer était un évanouissement à la fois suave et brûlant - un sentiment trop longtemps endigué se déchargea, enflammé par le magnétisme du hasard, en une seule seconde. Et ce n'est que peu à peu , lorsque leurs lèvres collées se détachèrent..."

L'avis d'Emeraude que je remercie grandement pour ce prêt.

PS : Grasset propose une édition bilingue et magnifiquement protégée par une sous-couverture à la photo qui nous plonge déjà dans l'histoire.

03/11/2008

Stephan Zweig : Lettre d'une inconnue




Un écrivain à succès reçoit un jour une lettre bien mystérieuse. Pas de destinataire, aucune indication de sa provenance. Il ouvre l'enveloppe et commence à lire et découvre qu'il s'agît d'une lettre dont il ne se souvient pas. Il s'agît d'une révélation d'un secret. Celui d'un amour fou d'une femme qui a aimé l'écrivain depuis ses treize ans, l'a aimé toujours en silence. Elle l'a connu alors qu'elle n'était encore qu'adolescente, et n'a immédiatement vécu que par lui, qui ne s'est jamais rendu compte d'elle.



Il y a presque une éternité (en fait bientôt une année), j'ai relevé le défi Fashion Klassik list. J'avais immédiatement lu Lettre d'une inconnue qui fut ma première rencontre avec cet auteur. La première fois que j'ai entendu parler de Stephan Zweig, ce fut pour écouter un collègue simplement dire que c'était un auteur dont il fallait un livre sur sa table de nuit pour attendrir les femmes. Cela vous donne malheureusement une bonne représentation de l'utilisation de la littérature pour certains de mes collègues... Passons...
Cet après-midi en lisant la nouvelle inédite qui vient de paraitre (merci Emeraude pour le prêt), je me suis rappelée que mon billet sur Lettre d'une inconnue était toujours à l'état de brouillon.
Finalement mon collègue avait peut-être raison, Stephan Zweig est certainement un romancier pour femmes mais dans tout ce qu'il y a de meilleur et de plus beau. Cette nouvelle par son sujet et son traitement est une petite merveille de pudeur. Les mots sont finement choisis et le récit qui en résulte m'a bouleversée.

A lire si ce n'est pas encore fait.

Malheureusement, la suite de mes lectures pour le défi n'a pas été aussi émouvant. Affaire à suivre...

23/09/2008

Brigitte Giraud : L'amour est très surestimé

L'amour est très surestimé quand il est fini. Onze destins, onze nouvelles racontent la fin de l'amour. Avec une justesse et une précision douloureuse Brigitte Giraud ausculte le désir moribond, les compromis honteux, les naufrages intimes et les silences des couples en train de se perdre. Elle traque les mensonges et le deuil, l'exil intérieur, la vie qui bascule et chacune de ses phrases, chacun de ses personnages nous tend un miroir.





La fin de l'amour nous est contée au travers de 11 nouvelles. Le quotidien, l'habitude ont peu à peu rongés cette passion, cet amour que l'on croyait éternel. 10 narrateurs démentent le caractère éternel de l'amour, leur amour n'a pas résisté. La plupart n'aime plus l'autre. Les petits défauts qui les émouvaient, ne sont plus qu'une source d'énervement. La fin de cet amour est souvent matière à départ, je pourrais dire heureusement tant cela semble inévitable. Cependant, il peut-être aussi caché derrière la lâcheté, l'incapacité "à le faire".
Ce sont des récits sans espoirs, tous ayant été balayé par le temps. Les narrateurs sont éternels, certains sont même unisexes, il faut se concentrer pour remarquer un accord qui permet de déceler le sexe du narrateur.
L'écriture est simple, de cette simplicité qui provoque toujours mon admiration. Pas d'effets de style in

Un seul, le dernier, une lettre d'une femme quiquagénaire à son homme. Elle s'inquiète de ce temps qu'ils n'ont pas vu passer mais pourtant l'amour est encore.
L'amour n'est pas peut-être aussi surestimé que cela...

14/09/2008

David Foenkinos : Tout l'espoir du monde dans un baiser


A l’occasion de la deuxième édition de la Journée mondiale du Lymphome (le 15 septembre 2008), l’association France Lymphome Espoir a fait appel à deux artistes talentueux afin de sensibiliser le plus grand nombre. David Foenkinos, auteur à succès de nombreux romans parmi lesquels Le potentiel érotique de ma femme et Seb Jarnot, référence dans le monde de l’illustration, ont été choisis pour évoquer en mots et en images ce cancer. Acheter et lire la nouvelle Tout l’espoir du monde dans un baiser est une manière de soutenir l’association car l’intégralité des bénéfices lui sera reversée.


Edouard est malade. Lui le pessimiste, se retrouve atteint d'un lymphome alors que tout cela ne semblait au départ qu'un simple mal de gorge. La maladie, on ne pense jamais que c'est sur soi qu'elle va tomber. Et quand soudain la santé n'est plus là, la vision du monde change.
C'est une courte nouvelle de David Foenkinos mais j'y ai retrouvé tout son univers avec en plus une touche un peu plus poussée que dans ses autres titres de romantisme. C'est un très joli moment de lecture qui donne le sourire. Et en plus, c'est une bonne action, alors n'hésitez pas à commander la nouvelle.

L'interview de l'auteur



Le site de l'association, où acheter la nouvelle pour 5 euros

26/08/2008

Thomas Day : L'automate de Nuremberg

Couverture :
" Ai-je une âme, Père ? " Telle est la question que Melchior Hauser, le célèbre automate joueur d'échecs, veut poser à son créateur, Viktor Hauser. De la cour de Russie au quartier juif de Nuremberg, des brumes londoniennes aux chaleurs de l'Afrique, il part à la recherche de ses origines, mais sa quête pourrait bien lui réserver des surprises... Sur fond de campagnes napoléoniennes, un voyage initiatique à la croisée des genres pour entrer dans l'univers de Thomas Day.



Mon avis :
Encore un achat du salon du livre d'Epinal! Petit à petit, j'essaie de les lire. Lorsque nous avons rencontré Thomas Day, Fashion sautillait sur place en pensant à Yueyin qui si j'ai bien compris est une fan, tandis que moi, je ne savais pas du tout de qui il s'agissait encore une fois. J'ai du lui paraitre un peu rude en lui demandant si cette nouvelle était une commande de Folio. Effectivement, j'ai eu quelques bonheurs, mais surtout des regrets dans cette collection à 2 euros. Le monsieur m'ayant assuré qu'il ne s'agissait pas d'une commande, j'ai pris un risque.

Et voilà, commande ou pas, j'ai été embarquée par l'histoire de cet automate surdoué auquel il ne manque qu'une parole fluide. La nouvelle se présente sous la forme du journal de Melchior Hauser, un automate d'échec à qui le tsar de Russie vient de rendre sa liberté. Il part sur les routes d'Europe accompagné de Derevko un soldat, pour retrouver son créateur. Melchior veut savoir s'il a une âme. Cette quête est l'occasion de croiser divers personnages, et permet à Melchior de prouver tout son génie. Mais il ne reste qu'un automate...

J'ai aimé le style de l'auteur qui s'adapte parfaitement à celui d'un automate. Je le relirais en plus grand format avec plaisir.

23:30 Publié dans Fantasy, SF | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : day thomas, nouvelle | |  Facebook |

01/08/2008

Li-CAm - Laura Vicedo - Philippe Aureille : La petite Bébeth



Couverture :
Bébeth n'a que 8 ans. Elle est petite pour son âge mais grande dans sa tête. Encore trop jeune pour vraiment comprendre le monde qui l'entoure, elles pressent déjà le chaos et les paradoxes de la vie...
Cette compréhension précoce des enjeux de la condition humaine, toutes ces idées qui tournent dans sa tête -et auxquelles personne ne semble pourvoir répondre -sont les sources d'une angoisse qui la contraint à se réfugier dans un monde chimérique, mélange entre rêve et réalité, où la maladie, la mort, l'échec ne sont que des artifices de l'esprit, comme tout le reste.

La collection " Petite Bulle d'Univers " est le terrain de rencontre entre un écrivain, un plasticien et un graphiste. Pour ce troisième numéro, Li-Cam, Laura Vicédo , Philippe Aureille nous offrent une vision émouvante et personnelle de l'imaginaire enfantin autour du thème du " recyclage ".

Mon avis :
En lisant l'anthologie La terre, je suis tombée sous le charme de la plume de Li-Cam. J'ai eu la chance de la rencontrer lors du salon des Imaginales et sur les conseils de Jeanne-A Debats, j'ai acheté la nouvelle graphique La petite Bébeth.
Ici j'ai retrouvé avec plaisir (mais pour un trop court moment encore une fois), l'univers poétique que sait créer en quelques lignes Li-Cam. Par touche de mots, sans qu'on s'en rende compte, un univers est créé, borderline mais touchant. Et grâce à ce format de nouvelle graphique, le texte est illustré par de très belles compositions de Laura Vicedo et Philippe Aureille sur le thème du recyclage. Je trouve que ce thème fait excessivement bien écho à celui de l'imaginaire enfantin support de la nouvelle.
Peu à dire car le texte est court et agit comme un sortilège qu'il faut découvrir par soi-même.

Le site de l'auteur

25/06/2008

Varlam Chalamov : Mes bibliothèques


Couverture :
« Certains aiment les livres comme on aime des personnes : ils les rencontrent, s'en éprennent, s'en déprennent, les caressent, les rejettent, les oublient, les traquent, les retrouvent, les possèdent et les perdent. Si la vie les empêche de les collectionner et de les enfermer dans la prison d'une bibliothèque, ils vont leur rendre visite ailleurs et parfois les enlèvent. Ils les rêvent. Nous connaissions déjà Chalamov l'écrivain des camps, le poète de la Sibérie. Voici Chalamov le lecteur, l'amoureux des livres, parmi les rayonnages de ses bibliothèques. » (présentation de l’éditeur)

Mon avis :
Cette nouvelle de Valam Chalamov (54 pages) est l'occasion de faire parler un amoureux des livres. Ici la littérature représente ce qu'il y a de plus beau et de plus noble : la liberté, une ouverture sur le monde, sur la pensée alors que le narrateur va jusqu'à subir l'emprisonnement. Désolée pour cette envolée plutôt lourde de lyrisme de supermarché, mais c'est l'impression que j'ai eu durant cette courte lecture. Je n'utilise pas le terme trop court d'ailleurs car je trouve le format totalement approprié.

Chalamov était capable d'économiser sous par sous afin de s'offrir de nouvelles lectures quand des bibliothèques pleinent de trésors cachés ne pouvaient pas assouvir sa soif de récits.
Deux passages m'ont particulièrement touchée :
- le réapprentissage de la lecture pour ce prisonnier qui tombe par hasard sur un vieux livres
- la description des délices de la remarquable bibliothèque de Karaïev.

Un court récit qui rappelle notre chance de LCA seulement quelquefois brimées par les limites imposées par notre banquier.

19/06/2008

Evgueni Zamiatine : L'inondation

Couverture :
" La vitre tintait sous le vent, des nuages gris et bas - des nuages de la ville, des nuages de pierre - passaient dans le ciel - comme s'ils étaient de retour, ces nuages étouffants de l'été que pas un orage n'avait transpercés. Sophia sentit que ces nuages n'étaient pas au-dehors, mais en elle, que depuis des mois ils s'amoncelaient comme des pierres, et qu'à présent, pour ne pas être étouffée par eux, il fallait qu'elle brise quelque chose en mille morceaux, ou bien qu'elle parte d'ici en courant, ou encore qu'elle se mette à hurler... "

Mon avis :
Les rings du bookcrossing ont l'avantage de découvrir d'offrir la possibilité de découvrir des livres que l'ont n'aurait jamais acheté. Cela revient quelque fois à choisir les yeux fermés un livre dans un bibliothèque : une personne dont vous ne connaissez pas les goûts, le propose en ring, et vous vous dites pourquoi pas et vous vous inscrivez.

C'est comme cela que j'ai reçu ce très court roman ou plutôt cette nouvelle de Evgueni Zamiatine, auteur totalement inconnu pour moi. Son roman Nous autres aurait inspiré 1984, de George Orwell et Le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley. Et j'avoue que je suis très curieuse de découvrir ce roman.

L'inondation nous conte l'histoire simple de Sophia, femme de Trofim Ivanytch. Les deux époux n'ont pas réussi à avoir un enfant et un jour Trofim se rend compte qu'un enfant manque dans son foyer. Le voisin meurt laissant une fille, et Sophia propose d'accueillir la jeune fille chez eux. Malheureusement ce sont des sentiments bien loin de ceux d'un père que finit par éprouver Trofim.
Il s'agit exactement du genre de récit qui me laisse dubitative : je suis capable de reconnaitre la qualité de l'écriture de Zamiatine, mais je ne comprends pas en quoi ce récit simple, inéluctable, pourrait être "un des ses chefs-d'œuvre absolus". J'ai passé un joli moment de lecture mais que j'oublierais certainement très vite.
Une non-rencontre qui ne m'enlève pas l'envie de lire Nous autres.

02/06/2008

Collectif : Element I : La Terre


Couverture :
Elle voit tout, entend tout, ressent tout.
Mille histoires ont fleuri à sa surface, coulé en son sein pour irriguer notre culture, quand elles ne se sont pas cristallisées dans ses entrailles telles des pierres précieuses. Elles tracent leurs sillons dans sa chair et l’imprègnent un peu plus chaque jour.
Treize auteurs ont entendu son appel et vous racontent La Terre ! Les Terres d’hier et d’aujourd’hui ainsi que celles de demain, avec leurs lots de souffrance, de violence, de sacrifice, de joie, de rire…
De l’élément à la planète, de sombres secrets en touchantes offrandes, treize nouvelles pour voir la Terre autrement.
Sommaire :


Mon avis :
Ce recueil commence magnifiquement avec le plaidoyer de la terre, complainte mélancolique et poétique. J'ai trouvé que sa place était particulièrement adéquate. En première place de cette anthologie, elle montre toute sa force, décalée par son style des autres récits, elle les introduit pourtant très bien.

Ensuite, je suis littéralement tombée sous le charme de la plume de Li-Cam, et des ses deux personnages, un couple professionnel improbable entre un policier terre à terre et un Golem, nommé Franck. Le Golem est un géant de plus de deux mètre, mutant de l'affect. A eux deux, ils sont chargés de retrouver une petite-fille disparue. Cette paire feraient d'excellents personnages pour un roman.

Jeanne-A Debats nous entraine dans une grotte où se perd une jeune-femme auquelle pourraient s'identifier nombre de blogueuses. Elle se retrouve face à un esprit qui pour ne pas l'effrayer peut prendre différentes formes. Imaginez se retrouver face une copie de Georges, Hugh ou Harisson? Ce n'est pas le choix de l'héroïne, mais le sien ne manque pas d'allant! J'ai aimé le ton caustique de la narratrice. Ses interrogations de son temps.

J'ai été troublée par le réalisme de Terre blanche, terre rouge. La végétation a disparu, la terre est recouverte d'une substance blanche mortelle si on la touche. Il n'y a plus ni été, ni hiver. Ermelinde, une jeune-fille, ne veut pas oublier la terre d'autrefois et cherche comment combattre cette substance.

Le recueil se termine aussi justement qu'il avait commencé par l'Absente. Une nouvelle "réveil-matin" qui peut déranger et remettre en cause nos vies routinières.

Le site de l'éditeur
Magali Duez et Nathalie Dau seront à la librairie Neverland (78) samedi 7 juin de 14h à 18h.

16/03/2008

Colum McCann : Ailleurs en ce pays

Couverture :
Ces trois nouvelles – deux brèves, une plus longe – triptyque savamment agencé, semblent jaillir d'une nuit profonde, asphyxiante, bruissante de souffles et de plaintes muettes : la couleur de la verte Irlande est ici le noir, d'abord. Une Irlande contemporaine, mais pas forcément d'aujourd'hui : sa blessure presque intemporelle, comme en témoigne Une grève de la faim, qui évoque les très sombres "années Thatcher". Colum McCann pratique son art avec une exigence rare : dans cette écriture apurée jusqu'à l'ascèse, les mots sont soigneusement triés, pesés, nettoyés, ciselés et disposés comme pierres précieuses sur la table du diamantaire. Dialogues resserrés, voix couvertes dont seul l'écho nous parvient – arêtes rugueuses aux scintillements de granit, gouttes d'eau tintant au fond du puits de la conscience. Une fille et son père, une mère et son fils – deux fois : il est question d'héritage moral, de transmission et d'amour, de survivance aux limites de l'impossible et de l'indicible. Grand musicien moderne, McCann sait puiser dans la souffrance une vitalité orageuse, indomptable, pour nous adresser son secret, signe d'espoir, petit éclair – dans la nuit

Mon avis :
Afin de fêter dignement la Saint-Patrick, le club des théières a proposé à la blogosphère de se joindre à notre lecture commune de mars avec un roman parlant de l'Irlande ou écrit par un Irlandais. Une petite recherche sous Wikipédia m'a malheureusement permis de constater que la plupart des auteurs cités n'étaient pas encore traduits en français.

Avec Tamara, nous avons donc choisi la facilité, en allant un samedi après-midi, simplement demander conseils à un libraire passionné de littérature anglo-saxonne, Christophe de I love my blender. Si vous passez dans le marais, n'hésitez pas à aller le voir, il saura vous trouver 2 ou 3 perles à lire de toute urgence :)
Donc entre deux préparations psychologiques à une virée en pub, j'ai lu ce recueil de trois nouvelles de Colum McCann.

Trois nouvelles pour parler des heures noires de l'Irlande. Il s'agit d'un genre qui semble très utilisé dans la littérature irlandaise :
- Ailleurs en ce pays : La narratrice est une jeune-fille qui part une nuit d'orage particulièrement violent essaie de sauver avec leur père leur cheval menacé de noyade. Arrive un camion de soldats anglais, dont le père souhaite refuser l'aide. Au fil des pages, on devine peu à peu le drame qui a secoué sa famille.
- Le bois : Un menuisier est devenu paralysé suite à un accident. Sa femme accepte à son insu une commande d'orangistes pour des hampes.
- et surtout : Une grève de la faim : Une mère et son fils s'installent dans une nouvelle ville pour tenter de s'éloigner de la violence des combats entre indépendantistes et anglais. L'oncle du "gamin" est actuellement prisonnier et entame une grève de la faim dont plusieurs prisonniers sont déjà morts.

J'ai beaucoup aimé le style de Colum McCann et je n'hésiterai pas à lire d'autres de ses écrits (en évitant peut-être Zoli qui si j'ai bien compris, n'est pas son meilleur). Colum McCann fait ici démonstration d'un véritable talent pour suggérer plutôt que dire (ou plutôt écrire) la douleur psychologique de ses personnages.
Une grève de la faim est le récit le plus poignant, il montre la souffrance des proches, dans ce qu'on pourrait appeler les dommages collatéraux. J'ai particulièrement été touchée par une scène ou le petit évacue une partie de sa terreur en simulant une bagarre.

Trois nouvelles noires que je vous conseille fortement.

Ont également participé à cette lecture (n'hésitez pas à laisser le lien de votre billet dans les commentaires) :
Karine, Florinette, Papillon, Tamara, Emeraude, La nymphette, Hydromielle, Malice, La liseuse, Clarabel, Chiffonette,