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09/12/2007

Philippe Claudel : La petite fille de monsieur Linh


Couverture :
C'est un vieil homme debout à l'arrière d'un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul désormais à savoir qu'il s'appelle ainsi.
Debout à la poupe du bateau, il voit s'éloigner son pays,
celui de ses ancêtres et de ses morts, tandis que dans ses bras l'enfant dort. Le pays s'éloigne, devient infiniment petit, et Monsieur Linh le regarde disparaitre à l'horizon, pendant des heures, malgré le vent qui souffle et le chahute comme une marionnette.

Mon avis :
A force d'entendre parler de Philippe et Jean-Philippe, de façon plus ou moins littéraire, je ne pouvais que rajouter ces deux auteurs sur ma PAL.
J'ai donc commencé avec Philippe Claudel et son monsieur Linh.
J'ai apprécie la style dépouillé, tout en douceur de cette belle mais triste histoire. J'avoue que le texte m'a touché plus que raison, puisque je peux le rajouter au nombre, quand même réduit, des livres ayant réussi à me faire pleurer.
L'amitié entre ces deux hommes que tout semble opposer depuis la langue et pourtant avec tellement de points communs est vraiment à découvrir pour ceux qui ne l'aurait pas encore fait.
La fin surprenante m'a rappelé le cri. Comme dans le roman de Laurent Graff, une certaine impression de calme et de résignation débute le récit qui tout à coup s'accélère dans le dernier chapitre.

Je pense poursuivre directement par le dernier roman de Philippe Claudel :)

15/11/2007

Laurent Graff : Les jours heureux

Couverture :
Dès ses 18 ans et l'encaissement de son livret A, Antoine décide de s'offrir une concession individuelle au cimetière et une tombe classique mais solide, sans frou-frou ni effets de jambe. Les colifichets, le marbre, les dorures, l'agitation frénétique, ce n'est pas son style. Antoine a un plan de vie tout tracé dont il ne connaît pas encore les détails mais assume déjà la chute : la mort. Il cesse rapidement d'étudier, trouve un boulot peinard, se marie, fait des enfants, observe d'un œil extérieur et critique la disparition progressive des fragiles sentiments qui le relient à sa famille. Puis un héritage inattendu lui fait prendre sa vie en main :

J'annonçais à ma femme et à mes enfants ma décision de les quitter. Les tropiques ne me tentaient pas ; j'avais envie de calme, de paix, loin des vicissitudes de l'existence ; je voulais me laisser flotter doucettement à la surface de la vie, faire la planche en attendant de finir entre quatre. À 35 ans, je choisis de vivre dans une maison de retraite.

Il porte son dévolu sur les "Jours heureux" et sur ses pensionnaires. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, Antoine ne s'avoue ni résigné ni vaincu… C'est un chercheur en colère qui veut saisir l'insaisissable, l'absurdité de la vie, en assistant au spectacle de la mort…

Mon avis :
J'ai lu encore 2 romans de Laurent Graff, ayant prévu d'aller le voir en signature dans une librairie de Paris. Petit avertissement, il n'est pas bavard, et donc je suis repartie un peu déçue, n'ayant même pas réussi à lui faire décrocher un sourire. Caro[line] a eu un peu plus de chance en lui demandant de répondre à ses fameuses "trois questions à". Je ne commenterais pas la pré-réponse du monsieur, celui-ci ayant promis d'envoyer ses réponses, vous devriez bientôt les retrouver sur son blog.

Donc, revenons aux jours heureux. Une nouvelle fois, Laurent Graff sait surprendre. Le personnage d'Antoine est totalement atypique. Son obsession pour la mort, sa façon de l'attendre, de chercher à la comprendre pourrait en faire un triste sire et pourtant ce n'est pas le cas. Il s'agit plus de l'enquête d'un chercheur. Antoine rend compte de cette aventure auquel il participe. Un avis mitigé, j'ai bien aimé mais ce n'est pas forcément un livre que je conseillerais (sauf pour ceux qui aime déjà l'auteur).
Si vous n'avez jamais lu de Laurent Graf : commencez plutôt par le cri, et il ne vous reste qu'une photo à prendre, 2 de mes coups de cœur de cette année!

Ce livre n'a pas l'air d'avoir été beaucoup lu sur la blogshpère, je n'ai trouvé aucun billet en cherchant par le moteur de Camille.

04/11/2007

Laurent Graff : La vie sur Mars


Couverture :
Un voisin homme-grenouille. Des cow-boys qui font leurs courses au supermarché. Un candidat aux élections et son jumeau. Un ninja et des piments. Une femme frigide sous la neige. Une journaliste qui parle à son chat. Un chasseur de Japonaises. Un écrivain et la Coupe du monde de football. David Vincent et les Bee Gees... La vie est étrange, parfois.

Mon avis :
Avant d'aller voir Laurent Graff, vendredi, lors d'une soirée lecture, je voulais découvrir ses autres livres. Après Le cri et Il ne vous reste qu'une photo à prendre, je suis donc partie gaiement au Virgin dévaliser leur rayon (comme toute LCA qui se respecte je souriais aux anges de "devoir" bientôt acheter des livres!... Oui oui, je sais grande prêtresse de la PAL, tout ceci n'est absolument pas responsable! :o)
Malheureusement, en matière de Laurent Graf, il n'y avait en rayon que les 2 livres déjà lus! J'ai donc commandé deux autres de ses opus lorsque le libraire se rappela avoir également reçu La vie sur Mars en édition poche. Aussitôt entendu, aussitôt acheté, sans même savoir de quoi il retournait! (bon j'avoue, avec quelques autres livres, mais un était pour le club des théières!) Pardonne moi ma PAL car je t'ai encore agrandie...

La vie sur Mars est, je pense, une sorte d'Ovni dans la biographie de Laurent Graf, je pourrais confirmer cette impression après avoir lu un peu plus de ses livres qui m'attendent au Virgin.
Tout d'abord, il s'agit de nouvelles. Tous les styles se côtoient de l'histoire la plus absurde avec "la vie de voisin" où ces voisins se déguisent en indienne et homme-grenouille, "La vie-mon amour" jolie déclaration en passant par "La vie d'écrivain" (ma nouvelle préférée) où Laurent Graff, enfin plutôt le narrateur (quelle est la partie autobiographie, quelle est la partie inventée?) explique sa difficulté à écrire une nouvelle imposée sur le thème de la coupe du monde de foot pour le journal Le monde. Il décrit avec beaucoup d'humour le complexe de la page blanche et comment son narrateur lutte contre.

Un avis donc mitigé mais je suis pressée de découvrir les autres romans de l'auteur dès lundi soir. Et surtout vivement vendredi afin de pouvoir évaluer le potentiel d'auteur chouchou du monsieur, avec une docteur es chouchou ;) Affaire à suivre...

24/10/2007

Laurent Graff : Il ne vous reste qu'une photo à prendre

 

Couverture :
Cela sonne comme un arrêt : la dernière photo. Comme il y a le dernier verre, le dernier jeton ou l’ultime message. Graff invente la forme neuve de la roulette russe : l’objectif à l’œil, comme le canon tout contre la tempe. On presse : y a-t-il une vie, passé le couperet de l’ultime clic ? Jeu, set et match ? Neigel, le héros, se cogne à tous les angles d’un deuil amer, celui de M. Un jour à Rome, Méphisto, entendez un sieur Giancarlo Romani (un homme que l’humain intéresse, ex-prêtre) lui offre un voyage et un appareil photographique. Règle du jeu : clore la bobine en prenant « la dernière photo ». Il n’est pas seul à jouer : d’autres sont là, comme lui, avec leur dernière case à cocher : un Japonais, maître-pêcheur de carpe, un ex-mannequin et Eros (de Bilbao). Alors, que prendre dans les rets du viseur ? Une photo qui tout résumera, apocalypse intime, une photo pour rien, une photo de rien, un souvenir à loger au coin d’un miroir, un fragment d’idéal. Geste dérisoire, simple pression, mais choix décisif. Chacun choisira de prendre ou de ne pas prendre LA photo. Neigel, lui, en fera un rendez-vous fantomatique, une hallucination douce, en reviendra plus léger.Tout cela semble bien innocent. Vraiment ?

Mon avis :
Après le plaisir ressenti à la lecture du Cri, j'étais pressée de découvrir un autre roman de Laurent Graff. C'est chose faite avec son petit dernier : Il ne vous reste qu'une photo à prendre.

Le style de l'auteur me plait, le sujet, la photo, était prometteur (c'est une passion presque aussi vieille que la lecture, et il s'agit certainement de mon seul côté artistique). Donc sans aucune surprise, j'ai aimé.
Tout d'abord j'ai retrouvé avec plaisir le style d'écriture de Laurent Graff : le personnage est totalement différent du cri, mais je trouve que le style narratif est utilisé avec justesse. Il y a de magnifiques passages sur la vision de l'homme sur la femme (sa femme en fait, mais le style même donne un caractère universel à certaines phrases :)
Et puis, il y a aussi ces passages sur la photographie, et je me suis sentie en osmose avec cet homme qui a arrêté la photographie. Alors que la photographie numérique a complètement changé le rapport à la photographie (on peut appuyer sans y penser sur le déclencheur), écrire sur la « dernière photo à prendre » est délicieusement rétro :)
Pour finir, il s'agit d'une « belle » réflexion sur la mort, le temps qui passe.

Pour tout cela, je ne peux que trop vous conseiller cette lecture.

Merci à Caro[line] de me l'avoir prêté et fait circulé chez les blogueuses parisiennes avant même l'avoir lu :)

Les avis de Tamara, Emeraude, Clarabel, Dda.

29/08/2007

Laurent Graff : Le cri



Couverture :
Une barrière de péage au milieu d'une autoroute désertée. Seul dans sa cabine, un " péagiste " regarde passer des automobilistes chaque jour moins nombreux. Il déjeune sur une aire de repos avec le gendarme du secteur qui a troqué son uniforme contre un costume à paillettes et son véhicule contre une Cadillac abandonnée. Il écoute la radio même si elle ne diffuse plus qu'un seul programme, et se lie d'amitié avec Joras, une jeune femme se rendant quotidiennement à l'hôpital, au chevet de son mari et de son amant. Les deux hommes se sont par hasard percutés en voiture et sommeillent dans le coma à quelques mètres l'un de l'autre. Pendant ce temps, un cri de plus en plus violent déchire l'atmosphère. Depuis que le tableau de Munch a été volé peut-être ? A moins que ce ne soit tout simplement la fin du monde.

Biographie de l'auteur:
Laurent Graff. Après Il est des nôtres, Les jours heureux et Voyage, voyages, le Cri est son quatrième roman publié aux éditions J'ai lu. Il y confirme la singularité d'une voix et d'un univers qui font de lui un auteur incontournable.

Mon avis :
J'ai aimé. J'ai aimé l'atmosphère du livre, cette sorte de calme. J'ai aimé ce parallèle avec ce tableau « le cri de Munch ». J'ai aimé la dernière partie où tout se met en place. Difficile d'en dire plus sans en révéler plus, donc je m'arrêterais ici en vous conseillant de le lire :)

Pour aller plus loin :
La genèse d'un cri (le tableau)
L'article Wikipedia sur le tableau et sur le peintre

D'autres avis sur le livre : Laurence et Florinette
ainsi qu'une interview de Laurent Graff sur ce livre