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13/03/2008

Philippe Delerm : Paris l'instant

Couverture :
"Il y avait quelque chose dans l'air, ce matin-là. Ça ne s'explique pas. Ça vient deux fois par an, peut-être, au début du printemps souvent, et quelquefois à la fin de l'automne. Le ciel d'avril était léger, un peu laiteux, rien d'extraordinaire. Les marronniers ne déployaient qu'avec parcimonie leurs premières feuilles sucrées. Mais elle l'avait senti dès les premiers pas sur le trottoir, avant même d'enfourcher sa bicyclette. Une allégresse. Pas le jaillissement de la joie, pas le battement de cœur toujours un peu anxieux du bonheur."

Mon avis :
J'adore Paris, je trouve que c'est vraiment la plus belle ville du monde et pourtant j'en ai déjà visité quelques unes pendant mes vacances.
J'ai aimé Lisbonne et lire à l'ombre de ses terrasses, j'ai aimé Bordeaux, j'ai aimé Nantes et ses petites ruelles, j'apprécie Londres et son melting-pot, je suis suis restée bouche-bée devant les grattes ciels de New-York et son agitation perpétuelle (cette ville ne dort vraiment jamais); et pourtant... A chaque fois que je reviens à la maison, et par la magie d'un tour en RER je retourne me balader à Paris, je me redis que, vraiment, c'est la plus belle ville :)
Encore il y a peu, rentrant d'une belle soirée théâtre, où j'ai en plus revu deux photographes dont je suis baba du travail, en faisant la liaison à pied entre métro Madeleine et RER Auber, apercevoir un bout du toit de l'opéra a suffit à me faire faire un grand sourire!

Donc ce livre était pour moi...des courts textes de Philippe Delerm illustrés par de belles photographie de sa femme, Martine Delerm. Et pourtant le charme n'a que trop peu agi.
J'ai trouvé dommage que certains textes auraient pu être un peu écrits dans n'importe quelle ville comme celui en extrait sur la couverture, et qui est pourtant mon préféré.
Je n'ai pas retrouvé mon Paris, même si j'ai eu globalement plaisir à découvrir quelques anecdotes de celui de Philippe Delerm.
Je recommande tout de même sa lecture, parce qu'il m'a donné envie de me reperdre dans le marais, de lever encore plus souvent le nez pour regarder les toits de Paris, de m'assoir sur un banc de la place des Loges ou du Luxembourg pour lire, parce que la lecture est plus belle avec une belle vue...

18/08/2007

Philippe Delerm : L’envol suivi de Panier de fruits

Couverture :
Rien ne distingue cet homme-là. Rien ne permet de le rendre visible. Plus visible qu’un autre… Un nom banal, un pardessus gris, un corps massif et mou dont il ne sait trop quoi faire. Difficile de peser sur ce monde… Alors il s’en invente un autre où l’air semble plus léger. Un tableau de Munch, un cerf-volant bleu ainsi qu’un étrange oiseau peint par Folon lui ouvrent les portes. Bientôt l’homme prend son envol vers des espaces aux teintes adoucies, des paysages délavés, des reliefs effacés… « Peu de couleurs et beau d’eau », disait Folon à propos de l’aquarelle. Beaucoup d’eau, peu de couleur… N’est ce pas là le mystère d’une vie plus sage et plus facile ?
Peut être même le secret du bonheur ?

 

Mon avis :
J’ai préféré la seconde nouvelle à celle qui a donné son titre à cet ouvrage. De l’Envol ; il se dégage une sorte de résignation qui même poétique ne m’a pas laissé un grand souvenir. J’appréciais la poésie des mots sur l’instant mais j’oubliais au fur et à mesure. (Réflexion faite durant ma lecture, puisque j’ai du relire certaines phrases pour en retenir le sens). Il ne m’en restera qu’une envie, celle de mieux découvrir l’œuvre de Folon.

Panier de fruits est l’histoire (personnelle de Delerm ? une recherche google pourra peut-être me permettre de répondre à cette question) d’un romancier publicitaire pigiste à ses heures qui invente le nouveau nom d’un yaourt « panier de fruits ». Il raconte comment alors son rapport aux mots change, son premier roman fruit de 2 ans d’efforts ne lui a rapporté que 6000F, ces trois mots lui en rapportent 20000F. Le narrateur deviendra alors une sorte de spécialiste des accroches, jeu de mots, changeant de domaine avant d’atteindre son niveau d’incompétence (je me suis demandée si ce n'était pas une allusion au principe de Peter).

C’est moins poétique, mais plus léger, et peut-être étais je plus réceptive pour ce ton à ce moment là


Derniere minute : visiblement, panier de fruits n'est pas autobiographique ou alors entre son écriture et son métier d'enseignant, Phlippe Delerm aurait encore eu le temps d'écrire pour la publicité... Mais rien sur ce sujet, dans les différentes biographies lues sur lui sur internet.

26/06/2007

Philippe Delerm : La sieste assassinée


Couverture :
" Mais la minute qui compte, c'est tout à la fin. Les gestes se sont alentis, le coiffeur vous a délivré du tablier de nylon, qu'il a secoué d'un seul coup, dompteur fouetteur infaillible. Avec une brosse douce, il vous a débarrassé des poils superflus. Et l'instant redouté arrive. Le coiffeur s'est approché de la tablette, et saisit un miroir qu'il arrête dans trois positions rapides, saccadées : sur votre nuque, trois quarts arrière gauche, droite. C'est là qu'on mesure soudain l'étendue du désastre... Oui, même si c'est à peu près ce qu'on avait demandé, même si l'on avait très envie d'être coiffé plus court, chaque fois on avait oublié combien la coupe fraîche donne un air godiche. Et cette catastrophe est à entériner avec un tout petit oui oui, un assentiment douloureux qu'il faut hypocritement décliner dans un battement de paupières approbateur, une oscillation du chef, parfois un "c'est parfait" qui vous met au supplice. Il faut payer pour ça. " Quelques courts textes, pleins d'humour, qui sont autant de petites madeleines, tantôt venues de la mémoire de l'enfance, tantôt contemporaines, et saisies à la surface du temps.

Mon avis :
Je fais partie des fans de "la première gorgée de bière". Ici, Philippe Delerm reprend le même principe de très courtes nouvelles avec le principe du plaisir subitement gâché. Malheureusement, si son style et ce principe me plaise, il ne va pas au bout pour toutes les courtes nouvelles (ou courts instants) du livre. Certains chapitres m'ont semblé totalement incongrus dans ce recueil. Il reste cependant quelques moments de grâce, comme cette séance chez le coiffeur qui se termine mal, cette sieste assassinée ou cette pluie sur Roland Garros.

un lien sur la biographie de l'auteur