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01/05/2009

Delphine de Vigan : No et moi

no et moi.jpgcoeurpetit.jpgLou Bertignac a 13 ans, un QI de 160 et des questions plein la tête. Enfant précoce et fantaisiste, elle rencontre un jour, à la gare d'Austerlitz, No, une jeune fille SDF à peine plus âgée qu'elle. Elle décide alors de sauver No, de lui donner un toit et une famille et se lance dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Roman d'apprentissage, No et moi est un rêve d'adolescence soumis à l'épreuve du réel. Un regard d'enfant précoce, naïf et lucide sur la misère du monde, un regard sur ce qui nous porte et la part de poésie qui nous manque.

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01/08/2008

Li-CAm - Laura Vicedo - Philippe Aureille : La petite Bébeth



Couverture :
Bébeth n'a que 8 ans. Elle est petite pour son âge mais grande dans sa tête. Encore trop jeune pour vraiment comprendre le monde qui l'entoure, elles pressent déjà le chaos et les paradoxes de la vie...
Cette compréhension précoce des enjeux de la condition humaine, toutes ces idées qui tournent dans sa tête -et auxquelles personne ne semble pourvoir répondre -sont les sources d'une angoisse qui la contraint à se réfugier dans un monde chimérique, mélange entre rêve et réalité, où la maladie, la mort, l'échec ne sont que des artifices de l'esprit, comme tout le reste.

La collection " Petite Bulle d'Univers " est le terrain de rencontre entre un écrivain, un plasticien et un graphiste. Pour ce troisième numéro, Li-Cam, Laura Vicédo , Philippe Aureille nous offrent une vision émouvante et personnelle de l'imaginaire enfantin autour du thème du " recyclage ".

Mon avis :
En lisant l'anthologie La terre, je suis tombée sous le charme de la plume de Li-Cam. J'ai eu la chance de la rencontrer lors du salon des Imaginales et sur les conseils de Jeanne-A Debats, j'ai acheté la nouvelle graphique La petite Bébeth.
Ici j'ai retrouvé avec plaisir (mais pour un trop court moment encore une fois), l'univers poétique que sait créer en quelques lignes Li-Cam. Par touche de mots, sans qu'on s'en rende compte, un univers est créé, borderline mais touchant. Et grâce à ce format de nouvelle graphique, le texte est illustré par de très belles compositions de Laura Vicedo et Philippe Aureille sur le thème du recyclage. Je trouve que ce thème fait excessivement bien écho à celui de l'imaginaire enfantin support de la nouvelle.
Peu à dire car le texte est court et agit comme un sortilège qu'il faut découvrir par soi-même.

Le site de l'auteur

27/06/2008

Pan Bouyougas : Anna pourquoi



Couverture :
Dans l’île grecque de Léros, la forteresse byzantine abrite une chapelle et des cellules. Là, perchées entre ciel et mer, la none Nicoletta et la novice Véroniki tâchent d’apprivoiser le silence, la noirceur et le vertige. Jusqu’au jour où survient le diacre Maximos, peintre d’icônes qui apporte les tourments diaboliques du désir dans cet asile de Dieu cerné d’à-pic redoutables.

Mon avis :
Anna pourquoi est le deuxième roman que j'ai le plaisir de lire de Pan Bouyoucas. Ma première rencontre avec l'auteur m'avait menée sur une ile grecque baignée de soleil jusqu'à l'étouffement.

Ici, je me suis tout de suite retrouvée en terrain connu, comme si l'auteur avait repris le même décor : même ile grecque, même villageois. Cependant les personnages principaux n'ont plus rien à voir : 2 nones et un diacre.
Pan Bouyoucas est romancier et dramaturge et l'on retrouve la patte de l'homme de théâtre avec dans ce roman la tension d'une comédie dramatique. Ce roman est déjà un film tant le premier chapitre semble être un story-board d'une premier scène mystérieuse et projetant immédiatement le spectateur le lecteur dans une atmosphère étouffante. La suite est à la hauteur et c'est un excellent moment de lecture.

Merci Marie-Anne pour ce judicieux conseil de lecture.

PS : j'en profite pour vous recommander encore une fois les livres de cet éditeur Québécois qui sont en plus de très beaux objets (j'adore leur typographie, qualité d'impression et de papier; cela semblera superficiel pour certain, mais cela améliore beaucoup ma lecture). Le site des Allusifs est ici.

22/06/2008

Louisa May Alcott : Secrets de famille

Couverture :
Après avoir mis en scène dans Derrière le masque une femme avide de pouvoir et sans scrupules qui parvient à ses fins grâce à un stratagème, Louisa May Alcott nous introduit ici dans une famille déchirée par des secrets inavouables. Pris dans un imbroglio de tromperies en cascade dont ils sont à la fois les instigateurs et les victimes, la narratrice et le héros louvoient entre haine, désir de vengeance, folie et suicide. Mais jouer avec la confiance d'autrui mène plus loin qu'on ne le croit. Et, contrairement aux idées reçues, l'amour n'est pas toujours salvateur : il peut parfois se transformer en piège fatal...

Mon avis :
Depuis longtemps sous le charme de Louisa May Scott pour son livre Les quatres sœurs du docteur March, c’est donc avec envie et curiosité que j’avais lu et apprécié Derrière le masque.

Lors du dernier salon du livre, Fashion a dégoté chez le même éditeur, un second court roman de l’auteur : Secrets de famille.

Ici, une jeune-femme se met au service d’une famille en tant que garde malade de leur fille. Elle se rend vite compte qu’un lourd secret les empêche de profiter pleinement de leur situation et a participé à la santé mentale de sa patiente.

Après avoir dépeint une redoutable aventurière dans Derriere le masque, Louisa May Scott décrit ici un aventurier sans scrupule ou presque sous les traits de Steele. Comme précédemment, je n’ai pu m’empêcher d’éprouver de la compassion pour cet homme, prisionnier de ses propres erreurs. Le thème de l'amour rédempteur est très bien abordé, sans patho. Le récit est toujours aussi bien écrit et a le charme d’autrefois sans en avoir le style trop lourd.

Je ne peux que vous recommander chaudement cette lecture. Merci encore Fashion pour le prêt.

14/06/2008

Jane Austen : Lady Susan

Couverture :
Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s'amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question... Grande dame du roman anglais, Jane Austen trace le portrait très spirituel d'une aventurière, dans la lignée des personnages d'Orgueil et préjugé et de Raison et sentiments.

Mon avis :
Alors que je l’avoue je pataugeais un peu dans la satyre des romans gothiques écrite par l’auteur, j’ai fais le choix de laisser de côté Northambey Abbey pour me plonger dans la correspondance de Lady Susan. Moi qui d’habitude ne suis pas une fan de ce style de roman (quoique mes dernières expériences ont été plus que concluantes entre La chomarde et le haut commissaire et surtout 84 Charing cross road), j’ai adoré.

L’histoire est délectable, c’est passionnant de suivre les aventures sans scrupule de cette veuve dont la perfidie et la détermination semblent toujours faire mouche. Le style épistolaire permet de suivre les pensées de plusieurs personnages, sans que le récit en soit alourdi.

Je serais très curieuse de voir une adaptation de ce court roman épistolaire.

Lady Susan est à lire, il vous fera passer une heure et demi délicieuse malgré l’absence de héros à potentiel : ici les hommes ne sont que des marionnettes dont les femmes semblent tirer les ficelles.

12/06/2008

Yasmine Char : La main de Dieu

Couverture :
Il y a une jeune fille, quinze ans, qui court le long d'une ligne de démarcation. Il y a le Liban, ce pays depuis si longtemps en guerre qu'on oublie parfois que la guerre est là. Et puis dans la guerre, il y a l'amour. L'amour de la jeune fille, pur comme un diamant : pour le père, pour l'amant, pour la patrie. Grande absente, la mère ne sait rien de cet amour. Elle est partie sans laisser d'adresse. La jeune fille ne sait pas comment faire pour grandir là, tiraillée entre deux cultures, happée par la violence. Alors elle court. C'est l'histoire d'une fille en robe verte qui virevolte dans les ruines, qui se jette dans les bras d'un étranger, qui manie les armes comme elle respire. L'histoire d'une adolescente qui tombe et qui se relève toujours.

Mon avis :
Il y a tout d’abord le thème : l’histoire de cette jeune-fille dans un pays en guerre. Comme si cela ne suffisait pas, cette jeune fille est à cheval entre deux civilisations : le Liban de son père et la France de sa mère. Cette mère qui s’est enfouie, emportant la gaité de son mari et oubliant sa fille. Le père et la fille survive maintenant dans la maison familiale étouffés par deux tantes et un oncle qui refusent la modernité, pendant que la grand-mère matriarche défend ce fils et cette petite-fille préférés.
C’est l’histoire de l’amour, l’amour filial que porte cette fille à son père, l’amour de cette petite-fille pour sa grand-mère, personnage qui se dévoile au fil des pages mais également l’amour passion de la jeune-fille pour son premier amant.
Et c’est surtout l’histoire d’une dualité, une sorte de dédoublement de personnalité provoqué par l’age charnière entre l’adolescence et l’âge adulte : la narratrice est « je » lorsqu’elle est au Lycée, en famille, lorsqu’elle est donc encore une enfant, et devient « elle », elle l’amante, elle la tueuse, elle la révoltée en robe verte à volants. C’est une jeune-fille troublée, qui ne sait comment grandir. D’ailleurs elle le dit elle-même, lorsqu’elle voudrait rester dans l’enfance, au lieu de s’enfoncer dans l’âge adulte.

Ce roman est servi par la plume de Yasmine Char : dure, sans fioriture, d’une froideur qui décuple la multitude de sentiments et pensées de sa narratrice. Sujet, verbe, complément. D’ailleurs le verbe est même quelque fois absent. A sa lecture, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à L’attentat de Yasmina Kadra, Les deux écrivains ont pourtant un style totalement différent, mais la même force se dégage de leur récit. C’est une littérature coup de poing, et pour reprendre les mots de Sean Penn avant le festival de Canne, « ancrée dans le réel ». C’est une histoire universelle qui pourrait se dérouler ailleurs qu’au Liban.

Sélectionné pour le Prix Landerneau

11/06/2008

Jean Teulé : Le Montespan


Couverture :
En 1663, Louis-Henri de Montespan, jeune marquis désargenté, épouse la somptueuse Françoise « Athénaïs » de Rochechouart. Lorsque cette dernière accède à la charge de dame de compagnie de la reine, ses charmes ne tardent pas à éblouir le monarque à qui nulle femme ne saurait résister. D'époux comblé, le Montespan devient alors la risée des courtisans. Désormais, et jusqu à la fin de ses jours, il n'aura de cesse de braver l autorité de Louis XIV et d'exiger de lui qu'il lui rende sa femme.
Lorsqu il apprend son infortune conjugale, le marquis fait repeindre son carrosse en noir et orner le toit du véhicule d'énormes ramures de cerf...

Mon avis :
Je dois l'avouer j'ai craqué pour un Gascon au caractère bien trempé, un époux séparé quoique inconsolable, un personnage s'il n'était historique aurait pu sembler d'opérette. Mais seulement semblé, car il y a de la dignité dans ce cocu qui osa défier ouvertement le Roi soleil. Il y a une énorme dose d'amour éternel, mais pas de l'amour de roman de gare, du solide qui le conduit à enterrer son amour, à le pleurer comme un veuf, à lui chercher des excuses alors qu'il était témoin de sa déchéance.

J'avais très vite lâché Je, François Villon n'arrivant pas à rentrer dans l'univers. Ici, la plume de Jean Teulé m'a belle et bien ensorcelée, il a su recréer l'ambiance de cette époque tournant autour d'un roi et de sa cour. Le Montespan osa le premier défier ce roi, le contester, l'accuser d'adultère, prendre tous les risques pour sa Françoise, et rejetant Athénaïs le prénom qu'a voulu prendre sa femme infidèle. L'auteur réussit le pari de conter une histoire tout en expliquant le contexte historique, social de l'époque. Le ton est chevaleresque, ironique (comme celui du marquis devant son fils) enjoué, totalement réjouissant et c'est une leçon d'histoire bien agréable que je vous conseille chaudement de lire.

Un grand merci à Cuné pour le prêt. Son avis est ici, et celui de Caro[line].

22/05/2008

Kelley Armstrong : Morsure




Couverture :
Un voyage excitant à la frontière de la sauvagerie et de la féminité.
Elena se coule hors de son lit, prenant bien soin de ne pas réveiller son compagnon. Il ne supporte pas qu'elle disparaisse comme ça au beau milieu de la nuit. Quelle femme normale pourrait avoir tant besoin de retrouver la solitude des rues sombres et mal famées de la ville ? L'énergie contenue déchire ses muscles - elle ne peut plus attendre. Elle se glisse dans une ruelle, ôte ses vêtements et se prépare à la Mutation...
Elena fait tout ce qu'elle peut pour être normale. Elle hait sa force, sa sauvagerie, sa faim, son désir, ses instincts de chasseuse et de tueuse. Elle aimerait avoir un mari, des enfants... et même une belle-mère. En tout cas, c'est ce qu'elle voudrait croire. Et voilà que la Meute a besoin d'elle. Cette Meute qu'elle chérit et déteste tout à la fois est la cible d'une bande de déviants sans pitié. Ils mettent l'existence de la Meute en danger, enfreignant les lois du clan. La loyauté du sang ne se discute pas. Et au cours de son combat, Elena découvrira sa vraie nature...
Découvrez l'imagination stupéfiante de la nouvelle reine du frisson !

Mon avis :
Cette série m'a été conseillée par Magali Duez de Griffe d'encre sous l'observation : "c'est mieux que Fascination".
Quoi? Nombre de fans d'Edouard et Jacob doivent maintenant ouvrir de grands yeux à la lecture de cette affirmation.
Et pourtant, si j'étais dubitative, je n'ai bien sur pas résisté à cet achat, et je ne peux maintenant que remercier Magali.

Disons le tout de suite, c'est mieux car différent. Plus profond, plus torturé et plus adulte également. Là ou Fascination est une histoire d'adolescents (même si Edouard a une centaine d'années, sa prochaine adaptation cinématographique nous rappelle qu'il n'en parait que 17 ans), Morsure est une histoire d'adultes avec des problématiques d'adultes. Les héros sont trentenaires et plus même s'ils en paraissent moins grâce à leur solide constitution de loups garous.

La narratrice Elena est la seule loup-garou sur terre, elle fait partie d'une meute qu'elle a fuit depuis un peu plus d'un an. Ses impressions sont décortiquées. Les métamorphoses sont extrêmement bien décrites ainsi que les contraintes qu'elles imposent. Même sous sa forme humaine, le vocabulaire utilisé rappelle la condition d'Elena et de ses amis. Ils grognent, utilisent leur odorat à tout va, et le loup une fois entiché est un amoureux à vie... Que calor!
Kelley Amstrong a du faire de bonnes recherches sur les loups et leur organisation sociale pour aussi bien les décrire.

Elena se bat entre ses deux mondes : sa condition d'humaine (elle n'est pas née loup garou contrairement à la majorité des autres) et sa nouvelle condition de loup garou qui fait ressortir les aspects les plus sauvages de sa nature. C'est passionnant de suivre ce combat intérieur comme il est tout aussi passionnant de suivre comment la Meute combat les cabots qui veulent la détruire.

Et si tout cela ne vous a pas convaincues, j'ajouterais juste que Clay vous fera oublier les gamins que sont Jacob et Edouard :)

Lu dans le cadre du Club des théières.

04/05/2008

Carolyn Grey : Le cercle du Phénix

Couverture :
Angleterre, 1860.
Menant une existence monotone dans son manoir reculé du Surrey, Cassandra Jamiston reçoit un jour une nouvelle dramatique : Thomas Ferguson, une de ses vieilles connaissances, a été assassiné à Paris. Mais avant de mourir, celui-ci a eu le temps de lui transmettre un objet mystérieux : le Triangle de la Terre. A en croire son ultime message, ce Triangle, ajouté à trois autres pièces disséminées aux quatre coins de l'Europe, permettrait d'obtenir... la pierre philosophale, que la légende prétend capable de transformer le plomb en or et de donner la vie éternelle.
Que recouvre vraiment cette énigme ésotérique, l'une des plus fabuleuses de l'Histoire ? Et qui se cache derrière le Cercle du Phénix, société secrète elle aussi en quête de la pierre dont les malversations et les assassinats terrorisent Londres? Cassandra parviendra-t-elle, avec l'aide de ses proches, à percer ces mystères aussi fascinants que périlleux ?
Amateurs d'aventures, de rebondissements et de suspense, ce roman est pour vous !

Mon avis :
Avouons le tout de suite, ce livre est le premier roman d'une jeune auteur que je connais donc, il était beaucoup plus stressant de le lire sachant que j'aurais à en parler directement à l'auteur.
J'ai donc vraiment commencé cette lecture avec une petite appréhension.
Et l'appréhension a durée une cinquantaines de pages avant de me laisser complètement emportée par le récit.
Carolyn commence sa narration de la façon la plus habituelle qui soit pour un roman d'aventures historiques : une belle héroïne entourée de quelques beaux gentlemans (prometteurs) tous prêts à l'aider (quelle chanceuse!), un mystère à résoudre, quelques meurtres afin de prouver que les méchants sont très méchants...
Bien écrit, mais rien de révolutionnaire! Et puis soudain, "oh non, elle a osé", et oui Carolyn ose et détourne beaucoup de codes. Déjà prise par le suspens, ces fameux détournements m'ont mise en joie. Et certaines blogueuses pourront témoigner que j'en parle encore avec les pupilles qui pépitent...
A lire donc parce qu'on passe un bon moment, parce qu'une fois reposé ce premier volume, vous n'aurez qu'une seule envie (je l'espère), allez sur le blog de l'auteur pour lui demander :
- et alors au lieu de bloguer vous ne devriez pas être en train d'écrire la suite? J'attends moi!

30/04/2008

Moïra Sauvage : Les aventures de ce fabuleux vagin


Couverture :
En 1996, dans une petite salle de Manhattan à New York, Eve Ensler présentait une pièce intitulée Les Monologues du vagin. Elle y disait les mots recueillis auprès de femmes pour évoquer le plus intime de leur féminité, le plus mystérieux de leur sexualité. Chaque représentation parlait de plaisir et de violence, provoquait rires et larmes. Les Monologues ont depuis été vus dans cent vingt pays (sept cent mille spectateurs en France) et traduits en quarante-cinq langues. Deux ans plus tard, Eve Ensler créait le mouvement V-Day. En permettant à des non-professionnels de jouer sa pièce, elle leur donnait la possibilité de réunir des fonds pour aider les femmes victimes de violences. Au cours de ses dix ans d'existence, V-Day a réuni cinquante millions de dollars pour lutter contre la violence domestique, le viol, les mutilations génitales ou les crimes d'honneur. Moïra Sauvage a eu accès aux archives du mouvement, rencontré Eve Ensler et s'est rendue dans de nombreux pays pour interviewer celles qui s'investissent dans V-Day. Elle raconte comment cette pièce a changé la vie des femmes.

Mon avis :
Si j'avais déjà vu 1 fois avec plaisir Les monologues du vagin, avant la semaine dernière où j'ai eu la chance de le revoir avec d'autres blogueuses invitées par Moira et Christian Sauvage, je ne connaissais absolument pas le mouvement et l'engagement qui se cachait derrière : le V-day.
Curieusement, alors que cette pièce est jouée par des armées d'étudiantes, d'amatrices, en plus des comédiennes professionnelles, aucun livre n'avait été écrit sur ce sujet.

C'est maintenant fait grâce à la plume alerte et motivée de Moïra Sauvage.
En un peu plus de 200 pages, Moïra réussit a dresser la carte d'identité d'un mouvement malheureusement encore trop d'actualité. En tant qu'humaine, je ne dis même pas en tant que femme, car comme elle le rappelle judicieusement, les violences contre les femmes touchent trop souvent également les enfants, je ne peux que souhaiter qu'un jour, il ne soit plus d'utilité publique.

Si le récit se penche tout d'abord sur la vie d'Eve Ensler (une sacrée femme!), il s'affranchit vite pour raconter comment les dons récoltés par la diffusion de la pièce a permis de changer la vie de milliers de femme : aussi bien en Afrique bien sur, mais également aux US et en France.
Bien sur, c'est quelquefois triste (d'ailleurs, si je n'ai pas pleuré en voyant la pièce, j'ai pleuré à la lecture de certaines pages), mais détrompez vous, ici point de patho, non juste des tranches de vie. Grâce à l'écriture de Moïra, le résultat est à l'image de la pièce : il fait autant sourire que pleurer.

Comme la vie donc, cette vie auxquelles toutes les femmes devraient avoir droit!

(les deux exemplaires offerts par Moïra, que je remercie, seront si vous le voulez, envoyé en livre voyageurs, après avoir été lus par les blogueuses présentent ce soir-là, vous pouvez vous inscrire dans les commentaires)

PS : le mot vagin n'est pas aussi commun que cela, j'ai surpris quelques regards étonnés à l'aéroport, devant le titre que je lisais. Et oui, même en France où le succès de la pièce est incontestable...