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03/01/2008

Les auteurs passent à table : Solenn Colleter

Solenn Colleter a donc gentiment accepté d'inaugurer cette nouvelle rubrique.
Je suis morte et je n'ai rien appris, son premier roman, est sorti lors de la rentrée littéraire 2007. Il s'agit de mon plus grand coup de cœur de cette année littéraire.


1/ Êtes-vous un bon vivant qui aime la bonne chère et le bon vin ? Aimez-vous cuisiner ?
Le terme de bon vivant n’est pas celui qui me caractérise le mieux, je suis la première à le déplorer. En ce qui concerne bonne chère et bon vin, je ne les dédaigne pas lorsqu’ils viennent jusqu’à moi ; mais ils figurent assez bas dans ma liste de priorités, (hyper-)activités, angoisses, dans l’interminable inventaire des missions dont je m’imagine investie. Heureusement, je me suis dotée d’un mari plus serein, qui se trouve entre autres qualités être cuisinier de talent. J’ai donc droit tous les soirs aux petits plats que je serais incapable de convier moi-même à ma table… et c’est tant mieux.

2/ Quelle est votre madeleine de Proust (culinaire et viticole) ?
Il y en a plusieurs, de l’inimitable foie gras de maman à la stupéfiante purée de tatie ! En particulier, certain camembert coulant et un moëlleux Montbazillac, à eux deux, me replongent sans coup férir dans la soirée la plus magique de mon adolescence. Mais chut…

3/ Quel est votre diner idéal ?
Un moment riche en tendresse, en échanges, en projets d’avenir. Les yeux dans les yeux, ou dans les étoiles. Comparé à cela, je dois confesser que le contenu de mon assiette ne me passionne guère. Je suis plus plateau de fromages arrosé d’un petit Bordeaux que succession de plats en sauce, plus pique-nique les orteils dans un torrent que dîner de gala. Je me rends bien compte que cuisiner recouvre souvent une grande générosité, mais il m’est difficile de l’apprécier à sa juste valeur.

4/ Ecrivez vous le ventre vide ou le ventre plein ? Avec un verre d'eau ou autre à côté ?
Je frise la confession, là. Disons que je commence à écrire le ventre vide… pour pouvoir mieux grignoter en réfléchissant. Afin de résister à la redoutable séduction du chocolat, je me munis de crudités que je croque à chaque temps mort, comme si jouer des maxillaires m’aidait à me dégourdir les neurones. C’est grave, docteur ?

5/ Avec qui aimeriez-vous diner ? Vivant ou mort, connu ou inconnu, avec qui aimeriez-vous discuter autour d'une bonne table ?
Je papoterais bien avec l’Abbé Pierre et le Dalaï-Lama, mais je ne suis pas sûre qu’avec eux le festin soit de rigueur… Voilà ce que je propose : d’abord un bon gueuleton avec Nicolas Hulot (s’il accepte de me remplacer aux fourneaux) et le général de Gaulle (celui de juin 1940), et puis on fait entrer l’Abbé Pierre et le Dalaï-Lama pour le café. Qui en est ?

Et bien, j'aimerais bien prendre place à une telle table! :)
Merci encore Solenn pour s'être pliée à cette première interview.
Et merci également à Patricia Parry d'avoir joué les intermédiaires et sans qui je n'aurais certainement pas lu ce roman :)

Les auteurs passent à table

Ce soir, je vais mettre en ligne une nouvelle rubrique : les auteurs passent à table.

Lors du salon du livre du Figaro, charmée par l’accueil amical de plusieurs auteurs (et oui Tonino est trop sympa ! :o)), je me suis posée la question "existentielle" : les auteurs sont ils de bons vivants ? Faut il aimer la vie, la bonne chère pour bien écrire?

Aimant beaucoup les questions de Caro[line], j’ai décidé de copier son concept de questions récurentes aux auteurs (avec son accord et même ses encouragements, merci :)

5 questions donc que vous découvrirez ce soir avec l’interview de Solenn Colleter, dont le premier roman Je suis morte et je n’ai rien appris est mon coup de cœur de l’année 2007.

PS : Merci à Emeraude, Caro[line], Flo et Fashion qui ont validé les questions
Avec un merci tout particulier à Fashion qui a trouvé le titre de la rubrique (après avoir trouvé le nom de lotobook) et Flo pour avoir pensé à la quatrième question :)

26/08/2007

Solenn Colleter : Je suis morte et je n'ai rien appris



Couverture :
«Les bizuts doivent mourir pour apprendre à renaitre. Sauf moi, qui resterai seule et incomprise : j’ai succombé à une barbarie qui n’a jamais eu lieu. Je suis morte et je n’ai rien appris.» Avec une insoutenable clairvoyance, Solenn Colleter explore à travers l’expérience limite du bizutage la dynamique du rapport d’obéissance et de soumission au pouvoir. Un premier roman dérangeant, violente métaphore du système totalitaire.

Mon avis :
Il est difficile de décrire la fascination et le coup de poing qu'à représenté ce livre pour moi! A la base j'ai suivi un conseil de lecture de Patricia Parry (c'est ici) parce que le titre et le sujet me plaisait. J'ai fais une école d'ingénieurs mais heureusement je n'ai pas subi un bizutage, uniquement un vrai weekend d'intégration.
Cependant ce livre est loin d'être simplement une histoire de bizutage, durant toute ma lecture je n'ai pas arrêté de me demander “et si c'était moi, qu'aurais je fais?” C'est gênant, inattendu. Et forcément remuant.

Le livre est divisé en très petits chapitres et je trouve que cette forme ajoute de la force au récit, comme un halètement dans un film d'horreur. J'ai vraiment aimé le style d'écriture de Solenn Colleter.

Pour finir, bizarrement le livre m'a également donné l'envie de réécouter 2 albums “Mars Volta : Frances the mutes” (parce que c'est un univers double, à la fois doux et complètement destructuré (le parfait exemple est la chanson : ombilical dont on n'entendait que la première partie à la radio)) et Massive Attack : Mezzazine). Il est très rare qu'un livre s'associe dans mon esprit à de la musique surtout quand ce n'est pas du tout le sujet!

Le seul problème avec les premiers romans est que l'on ne peut pas vite rajouter dans sa LAL les autres titres de l'auteur :)

Une interview de l'auteur et un extrait du roman sont disponibles ici