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27/02/2011

Joseph Czapski : Proust contre la déchéance

51nyfojiKaL._SL500_AA300_.jpgAprès la déportation par les Russes de quatre mille officiers polonais dans le camp de Starobielsk,
d’octobre 1939 jusqu’au printemps 1940, quatre cents d’entre eux furent déplacés à Griaziowietz :
ils furent les seuls à échapper au massacre de Katyn. Afin de surmonter leur abattement et leur angoisse, les prisonniers imaginèrent de se donner mutuellement des cours ou des conférences. Tandis que d’autres parlaient d’histoire, de science ou d’alpinisme, Joseph Czapski fit une série d’exposés sur la littérature française. Comme une mise en abîme, la remémoration de La Recherche du temps perdu par un prisonnier de guerre gravement atteint dans sa santé, sans livres ni documents à sa disposition, est elle-même une véritable création, et d’autant plus que Czapski n’est ni philosophe (il s’en excuse) ni critique professionnel (il en surclasse plus d’un…), mais lecteur et artiste, qui met en valeur la nouveauté de la phrase et de la forme proustienne, tout en ramenant son théâtre prodigieux à la filiation de Saint-Simon et de Balzac.

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15/01/2011

J'ose, tu oses, nous osons, vous oserez

L'été est soit-disant la saison des amours, cependant suivant des sources bien informées il semblerait que pour les Français, "l'amour est aussi important, aussi indispensable, aussi naturel que la bonne chair et les bons vins." La langue (attention, je vous surveille, pas de jeux de mots racoleurs dès l'introduction, l'heure est grave), la langue de Molière étant importante dans l'histoire, je pense que nous pouvons élargir sans problème ce concept aux francophones. Pour les Francophones donc, il n'y a pas de saison, bien heureusement, pour la chose. Par contre, l'été est définitivement la saison des happy hours en terrasse, et certains bars de Paris ont traitreusement décidé que l'happy hour devait durer de 16H30 à 20h30. Si les heures s'égrennent particulièrement vite en bonne compagnie, la fin d'une happy hour peut donner des idées un peu folles de lectures communes.

C'est donc par une folle soirée d'été, qu'avec Chiffonnette, Fashion, Stephie, Tamara et d'autres qui ont finalement souhaité rester anonymes, que nous avons cherché et trouvé une idée de lectures communes. Je serais bien en peine de dénoncer la coupable (pardon le génie!) qui proposa subitement la collection Osez des Editions la Musardine, je me rappelle uniquement de l'enthousiasme que provoqua cette idée avec une utilisation quasi-immédiate des smartphones de la table pour avoir une idée de l'étendue des thèmes proposés (la collection comporte plus d'une quarantaine de titres), le tout au plus grand plaisir auditif (bon peut-être pas pour tous, nous étions glamours mais un peu bruyantes) de nos voisins. Certains nous ont même semblé très intéressés par les thèmes abordés, et décidés finalement à trouver qu'il pouvait y avoir une alternative beaucoup plus amusante à Auto-Plus.

Quelques apéritifs plus tard, plusieurs volumes avaient été lus, commentés et échangés de moins en moins sous le manteau et de plus en plus sur la table sous les sourires complices ou amusés de nos serveurs préférés.

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02/01/2011

Mark Seal : L'homme qui valait cinquante milliards

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Cela ne pouvait pas continuer.

 

Comment Bernard Madoff a-t-il cristallisé sur sa personne la crise la plus importante qu’ait connu l’Occident depuis près d’un siècle ? C’est ce fil rouge que nous propose ici de suivre le journaliste Mark Seal. Composé de trois articles centrés sur la famille de Madoff et sur les victimes, cet ouvrage apparaît comme le livre noir de la décennie passée. Véritable entreprise de dissection d’un mythe, il ausculte l’air du temps pour révéler l’esprit d’une époque.

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10/10/2010

Alexandre des Isnards & Thomas Zuber : L'open space m'a tuer

9782012374089.jpgIls sont jeunes, sortent des meilleures écoles et universités, gagnent bien leur vie, ont des postes à responsabilités dans des entreprises prestigieuses… et pourtant les jeunes cadres sont au bord de l’explosion. Alexandre des Isnards et Thomas Zuber font plus que raconter leurs propres expériences : ils se font les portes parole de toute une génération… qui s’est confiée à eux. Au début ce n’était qu’un jeu : Thomas et Alexandre postent par mail des textes parfois amers mais toujours drôles sur leur vie de bureau. Leurs chroniques circulent, leurs amis s’y reconnaissent, envoient leurs propres anecdotes. Au final, des dizaines de témoignages s’accumulent, et surtout se recoupent.
Le livre met en scène ces tranches de vie en racontant, par le menu, le quotidien pas toujours glorieux des jeunes cadres des années 2000. Fini le jeune ambitieux des années 1980. Le trentenaire d’aujourd’hui prend ses RTT, ses congés, et pense que la vraie vie est ailleurs. Réussir sa vie et sa carrière semblent devenus deux objectifs antinomiques. Les nouvelles méthodes de management (individualisation des salaires, évaluation à 360°, feedbacks et autres travaux en mode projet) sont peut-être alléchantes sur le papier, mais carbonisent vite les jeunes recrues qui, passée l’ivresse des premiers mois s’éloignent de l’entreprise. Malaises vagaux sur le lieu de travail, dépendance médicamenteuse, dépression, départ du jour au lendemain de jeunes bardés de diplômes pour une ONG humanitaire : les jeunes cadres dynamitent. Jusqu’à présent, ils continuaient à faire bonne figure. Avec ce livre, ils décident enfin d’ôter le masque.

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29/04/2010

Alexandre Dumas : Les Cenci

41bFu6hlPaL._SS500_.jpgRome, 1599. Une épouse, Lucrezia Cenci, qui a trop souffert des odieux traitements que lui inflige son époux, s’associe à sa fille et à l’un de ses fils, tous deux également victimes de leur père psychopathe, pour organiser l’assassinat du tyran.

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30/11/2008

Erik Orsenna : L'avenir de l'eau

Dans dix ans, dans vingt ans, aurons-nous assez d'eau ? Assez d'eau pour boire ? Assez d'eau pour faire pousser les plantes ? Assez d'eau pour éviter qu'à toutes les raisons de faire la guerre s'ajoute celle du manque d'eau ? Un habitant de la planète sur six continue de n'avoir pas accès à l'eau. Un sur deux vit sans système d'évacuation. Pourquoi ?





Erik Orsenna est un curieux de nature qui se veut professeur et élève. Il n'aime rien de mieux qu'apprendre et nous fait partager sa passion en parlant du sujet universel, à la base de tout : l'eau.

Difficile de résumer un pareil livre. Il s'agit d'un tour du monde des problèmes liés à l'eau :
de l'Inde ou le besoin de traitement est visible et meurtrier, de l'Australie, pays riche, qui cherche de l'eau de plus en plus rare, en passant par la Chine, le Maghreb ou l'Europe.

Tour à tour malicieux, sceptique, étonné, Erik Orsenna au travers d'anecdotes rappelle :
  • que le problème de l'eau sera toujours régional et pas global comme le fait croire le thème du réchauffement global
  • que surtout, rien ne peut se faire sans lier l'accès de l'eau à l'assainissement. Et malheureusement s'il est beau de payer des pompes pour donner de l'eau, il est beaucoup moins glamour de traiter les déchets. Cela m'a rappelé mon IUT flambant neuf, où les étudiants avaient froid parce qu'il était bien mieux de payer des bâtiments que la facture de chauffage.
Une personne sur six n'a toujours pas accès à l'eau aujourd'hui dans le monde. Le coût de l'eau ne doit pas être un frein à la dignité humaine. Chacun devrait avoir droit à 50l par jour.

Sur ce sujet difficile, Erik Orsenna réussit le pari de passionner son lecteur par une vulgarisation de haut vol. Ce n'est jamais ennuyant. Et c'est essentiel.

Comme je vous l'avais écrit, l'auteur a accepté de rencontrer 7 blogueurs pour des interviews qui ont été filmées.

Toujours à propos d'écologie, j'en profite pour relayer une vidéo de Greenpeace sur les négociations qui auront lieu en décembre en Pologne pour réduire les émissions de Carbone.
En temps de crise économique, j'espère que de réels engagements seront tout de même pris et tenus


30/10/2008

A vos questions!


A l'occasion de la sortie de son nouveau livre L'avenir de l'eau, petit précis de mondialisation II, j'ai eu la chance d'être invitée à rencontrer Erik Orsenna.
La démarche est inhabituelle car au lieu d'écouter l'auteur interviewé par un journaliste, chacun des bloggeurs invités va pouvoir interviewer l'auteur pendant 20 à 30 min.





Inutile de vous décrire mon état : j'ai lu la biographie du monsieur, et depuis je suis encore plus impressionnée. Par conséquent, je vous lance un petit appel à l'aide, si vous aviez des idées de questions, n'hésitez pas à me les laisser dans les commentaires.

De mon côté, je veux l'interroger sur son livre bien sur dont la lecture me passionne. J'avais dans l'idée d'essayer de le faire passer à table, et de l'interroger sur ses habitudes / aux blogs littéraires. En effet, non content d'avoir un site personnel d'une grande qualité, de commencer son nouveau livre en invitant le lecteur à continuer son voyage sur internet, Erik Orsenna cite google dans son livre comme moyen de recherche, donc peut-être l'utilise t il également pour venir surfer sur nos humbles billets.

D'autres idées?
Svp :)

06/09/2008

Collectif : Genealogie facile (réaliser son arbre)

Couverture :
La généalogie consiste à partir sur les traces de sa famille à travers les siècles. C'est une quête palpitante que de démêler et faire revivre les destins de ses ancêtres en remontant le temps et les époques. C'est une quête plus aisée qu'on ne le croit bien souvent. Il faut connaître quelques règles de base, quelques astuces, et faire preuve aussi de ténacité. Commencer ses recherches dans l'état civil, remonter d'acte en acte au fil du temps, savoir où précisément trouver des documents, pouvoir les déchiffrer ensuite. Tout est dit ici, dans ce guide pratique de généalogie. Et parce que chaque histoire familiale est unique, cet ouvrage s'arrête de façon détaillée sur des cas plus particuliers comme l'adoption, les cas de recherches dans les familles juives ou protestantes par exemple. Vous aurez toutes les dés en main pour réaliser facilement l'arbre généalogique de votre famille.

Mon avis :
Je suis totalement ignorante en généalogie mais comme beaucoup j'ai toujours eu dans l'idée de faire un arbre généalogique. Je trouve l'histoire fascinante et donc connaitre la petite histoire de ma famille ne peut que me plaire.

Si ce livre ne donne pas le temps nécessaire à cette entreprise (mais on peut toujours rêver), il peut cependant en faire au minimum gagner par le nombre d'astuces dont il regorge. Tous les outils pour démarrer une recherche au bon endroit sont expliqués, ce qui représente une bonne partie du travail. Savez vous par exemple, qu'au delà des actes de décès, baptême ou bien sur naissance, les listes électorales ou les faire-parts de baptêmes peuvent aider de sa recherche de ses racines.
Les auteurs tordent aussi le cou à plusieurs idées reçues, nous rappellent les changements de calendriers et prennent même le temps d'expliquer les différentes calligraphies ou le béarnais (ainsi que d'autres langues).

Un livre pour partir sur de bonnes bases.

livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com

07/07/2008

Caroline Allard : Les chroniques d'une mere indigne


Couverture :
Changer des couches quinze fois par jour encouragerait les pensées impures? On pourrait le croire en lisant les aventures et les réflexions d’une mère de famille qui, après sept mois de congé de maternité, s’est soudainement révélée à elle-même et à la communauté virtuelle comme étant irréversiblement une mère indigne.
Depuis mars 2006, elle entretient les lecteurs de son blogue de tous les aspects cachés, et parfois tabous, de la maternité: des pièges que recèle la préparation des fêtes d’anniversaire pour plusieurs enfants au cauchemar d’endormir un bébé qui a la volonté plus arrêtée qu’un dictateur, en passant par les dessous nauséabonds de l’accouchement, rien ne leur est épargné.
Les Chroniques d’une mère indigne
souhaitent démontrer aux parents qu’il est parfois bon de rire de la vie familiale et même de leurs enfants. Loin d’être répréhensible, l’indignité est une question de survie!

Mon avis :
Encore une fois, fortement alléchée par les compte-rendus de Caro[line] (merci pour le prêt) et de Fashion, j'attendais avec impatience mon tour pour lire ce extrait de blog canadien.

L'éditeur a d'ailleurs tellement poussé fort le concept du blog en livre qu'on peut lire les catégories du billet, et certains sont même agrémentés de commentaires. J'avoue que cet aspect du livre m'a un peu rebuté, ne voyant pas l'intérêt de la démarche, les liens hypertextes ne fonctionnant évidemment pas sur un format papier. Ne me parlez pas de livre numérique, il ne passera pas tout de suite par moi :)

J'ai été moyennement emballée par la moitié du livre. Je m'attendais à de franches rigolades et je n'avais que des billets bien écrits mais ne supportant pas la lecture classique des uns après les autres. Caro[line] avait raison de prescrire une lecture quotidienne. Et puis, le rire est arrivé au détour d'un billet, à tel point que mes voisins de RER ont pu m'entendre glousser sur quelques anecdotes de cette mère pas si indigne que cela.

Un bon moment à lire cependant par petits bouts, sous peine d'overdose.

12/05/2008

Liz Editions : Pink Attitude (Colors #01)

Couverture :
En 1936, la grande prêtresse de la mode, Elsa Schiaparelli, avait baptisé son parfum « Shocking Pink », faisant du magenta saturé la couleur de l’avant-garde. Une couleur qui exprime à la fois l’insouciance et la provocation, à l’image de la célèbre « Pink Cadillac » d’Elvis Presley.

La couleur rose cultive les ambigüités : à la fois reflet d’une mode insolente (les lolitas japonaises, le style glamour) ou innocente (l’esprit rose bonbon des poupées Barbie ™); présente dans la publicité, le « street-art » et l’art contemporain, elle symbolise également les actions militantes de la Gay Pride entre autres.

Pour illustrer cette couleur énigmatique, 300 passionnés de photographie et de jeunes talents professionnels nous livrent leurs clichés … loin d’être moroses !

Mon avis :
Drôles, impertinentes, sérieuses mais toujours roses. Liz Editions a eu la bonne idée de reprendre les photos de photographes qui exposent sur le net en un livre autour du rose.
Si quelques photos m'ont laissées dubitatives quand a leur intérêt, la plupart sont magnifiques et font pâlir d'envie "rose" l'ex d'un club de photographie que je suis.
Je n'aurais qu'un seul regret, le manque de texte : un édito d'un écrivain, d'un artiste aussi flashant que cet étalage de rose aurait servi toutes ces photos.

Vivement les prochaines couleurs (jaune et verte)!

A noter :
Vous pouvez feuilleter une partie du livre sur le site de l'éditeur.

L'éditeur a eu la bonne idée en plus de cette série Colors, d'initier une série Cities dont le premier titre sera sur Londres.