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05/06/2008

Les auteurs passent a table : Michel Orivel

Michel est l'auteur de L'horizontale qui conte la vie de Margot, une jeune femme qui se retrouve enceinte d'un jeune soldat allemand à la libération. C'est un premier roman prometteur.

1/ Êtes-vous un bon vivant qui aime la bonne chère et le bon vin ?
Mon médecin, que je désespère à chaque consultation, vous répondra: "Hélas, oui!" Mon premier roman en témoigne: je cumule l'amour de la bonne chère et celui du bon vin. Et ... affinités! Par contre, je ne suis pas un cuisinier d'instinct, car mon épouse excelle, mais, je sais me satisfaire quand la nécessité s'en fait sentir. Je préfèrerai toujours la confection d'un repas simple à la complaisance du prêt-à-manger.

2/ Quelle est votre madeleine de Proust?
Des rillons, des vrais, accompagnés d'une tranche de pain de campagne très croûté et d'un verre de vouvray sec. Sans cornichons bien sûr, bien que je les apprécie dans d'autres circonstances.

3/ Quel est votre diner idéal?
Une omelette aux girolles (en août), aux coulemelles des bois (en septembre) ou aux trompettes de la mort (en octobre), arrosée d'un Chinon ou d'un Saint-Nicolas-de-Bourgueil, entourée de quelques frites fraiches - préparées dans une friteuse ouverte. Une omelette battue au fouet avec un verre de lait pour l'onctuosité, confectionnée avec des oeufs de poule élevée au grain, en plein air; et la fricassée de champignons frais que j'aurai ramassé. Une laitue ou une scarole ou une romaine du potager - suivant récolte, je fais partie des archéo qui cultivent leurs légumes! - sauce vinaigrette légèrement moutardée, persil, estragon et échalotte, autant d'aromates de ma production. Du Sainte-Maure plutôt frais, accompagné du même vin que l'omelette. Avec un tel menu et quelques amis pour le partager, le Boléro de Ravel en contrepoint, je suis capable de vider seul une bouteille, sans vergogne... retour à la réponse 1! Une pêche, une poire ou une pomme, cueillie et lavée au dernier moment, pour dessert.

4/ Avec qui aimeriez vous diner?
Avec mon épouse, pour me dédouaner de toutes les souffrances qu'un écrivain peut infliger à sa compagne.

5/ Ecrivez vous le ventre vide ou le ventre plein?
Souvent le ventre vide, j'écris au lever, vers 4/5 heures, voire plus tôt. C'est mon moment de meilleure fécondité. S'il m'arrive d'écrire l'après-midi, j'opte pour une bonne bière belge.

Ecrire à 4-5h du matin! Même pour une matinale comme moi, je dis chapeau!

13/05/2008

Les auteurs passent à table : Joëlle Tiano

Lorsque j'ai lu l'interview de Joëlle Tiano chez Bladelor, je n'ai pas résisté et lui ai demandé de l'aide pour contacter l'auteur de L'enchanteur et illustrissime gâteau café café d'Irina Sasson.

1/ Êtes-vous un bon vivant qui aime la bonne chère et le bon vin ? Aimez vous cuisiner?

J’adore la bonne chère, je regrette juste un peu de n’avoir pas su mieux gérer cet enthousiasme... Je crois que les jeunes générations sont plus intelligentes que la mienne où les filles se répartissaient un peu en deux camps: les tristes stoïciennes d’un côté, les gourmandes invétérées de l’autre, avec de rares ponts entre les deux.

J’apprécie aussi beaucoup le vin. On a rougi mon eau lorsque j’étais petite, comme cela se faisait beaucoup, puis mon père m’a fait goûter des vins lorsque j’ai été adolescente. C’étaient de bons vins mais il s’agissait surtout de s’assurer que deux verres ne me faisaient pas perdre la tête et que je serais en mesure de résister à de vils suborneurs même après qu’il m’auraient fait boire du Muscadet sur lie, du Juliénas ou du Saint-Emilion... (sans blague)

J’adore cuisiner, depuis très très très longtemps. Salé et sucré. J’ai regardé faire, et beaucoup appris avec les livres aussi.

2/ Quelle est votre madeleine de Proust?
Lesquelles choisir de mes innombrables petites madeleines?
Le boeuf en daube de ma grand-mère, qui nous attendait en compagnie de ganses au beurre, dans un village des Bouches du Rhône, à notre arrivée de Paris? (ou sa brouillade de tomates, froide, à laquelle nous faisions un sort au goûter, en douce, avec mon petit frère?)
Les fraises que dans son jardin de Soisy sur Ecole ma tante Gilda, avec des mines de conspirateur, faisait découvrir aux petits citadins que nous étions? (ou son boudino, gâteau aux noix de Salonique, qu’elle était chargée par papa de faire pour mon anniversaire?)
Le malibi, dessert lacté aromatisé de cannelle et d’eau de rose que ma tante Nelly servait dans de petites coupes craquelées, très années 40, à proximité de son crapaud Steinway laqué noir (tiens tiens...)
Les moules marinière des hôtels des plages bretonnes, l’été? (mais alors il faudrait parler aussi des odeurs de sucre cuit des confiseurs de bord de mer...)
Je m’arrête.

Pour le vin, c’est plus facile. Même si donc, j’ai eu la chance de commencer à goûter jeune de bons vins, j’ai le souvenir très précis de ma première vraie émotion dans ce domaine. C’était l’été 64. Avec une copine nous ‘faisions” les Vosges du sud à pied. On dormait chez l’habitant, chambre quand on était chanceuses, granges souvent. Puis un jour, à Colmar, je ne sais pas quelle mouche nous a piquées, nous avons cassé notre tirelire et sommes allées à la Maison de Têtes. C’était alors un très bon restaurant. Je me souviens encore du menu et du vin surtout: Un Bourgogne: Clos de la Maréchale...

3/ Quel est votre diner idéal?
Le dîner idéal? Il y a tant de variantes: avoir cuisiné ou mettre les pieds sous la table? Chez des amis ou au resto? Nappe blanche ou couleur? l’hiver ou l’été? L’été, l’une des choses du monde la mieux partagée sans doute, à l’heure ou la grosse chaleur est tombée et où se lève la brise, l’odeur des grillades au charbon de bois qu’on mangera dehors, c’est un peu l’odeur du bonheur...

4/ Avec qui aimeriez vous diner?
-Avec Alexandre Dumas père, chez lui, parce qu’il était démesurément généreux et amphitryon renommé, et qu’ il m’aurait raconté plein d’ histoires...
-Avec le Burt Lancaster du Guépard, en grignotant quelque bricole sicilienne, pour lui dire qu’il ne doit pas regretter de ne pas m’avoir rencontrée plus tôt, qu’il me laissait indifférente dans Trapèze, que c’est ici, ce soir, à ce bal, dans la bibliothèque, qu’il m’enchante, m’émeut, me séduit.
-Avec l’Orson Wells du Troisième Homme, en mangeant une Sacher Torte où vous savez, j’aurai pris prétexte de lui faire la morale pour pouvoir le rencontrer.

5/ Ecrivez vous le ventre vide ou le ventre plein?
Ecrire... Quand on est vraiment bien parti, on peut résister au petit bout de Pyrénées Brebis, au carré de chocolat noir de cuisine... Ce n’est pas souvent le cas... Pour boire: du thé, Earl Grey ou Lapsang Souchong (quand on écrit ça, on a presque l’impression de savoir parler chinois...) ou de l’eau frémissante avec un filet d’eau de fleur d’oranger.

Encore merci à Joëlle Tiano d'avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions culinaires.

08/04/2008

Les auteurs passent à table : Julien Blanc-Gras

Rencontré lors du salon du livre de Paris, Julien Blanc-Gras avait alors eu l'humour de résister à une horde de blogueuses parisiennes en train de lui conseiller la lecture du désormais fameux Lézard lubrique. Il a même eu la gentillesse de passer à table...

1/ Êtes-vous un bon vivant qui aime la bonne chère et le bon vin ? Aimez vous cuisiner?
Bon vivant, certainement. J'aime les plaisirs variés que nous offre l'existence, sans un être un gastronome obsessionnel non plus. Je cuisine peu. Et mal. Pardon.

2/ Quelle est votre madeleine de Proust
Ma première émotion gustative, c'est le Nutella. J'y suis toujours fidèle. Pour le vin, je me souviens d'un Pommard que m'ont fait goûter mes parents (qui, eux, sont de fins gastronomes). Ca m'a fait comprendre qu'il y avait un monde à découvrir dans le vin.

3/ Quel est votre diner idéal?
Je milite pour le tourton et je vous plains car vous ne savez pas ce que c'est. Le tourton est un petit beignet fourré à la pomme de terre, spécialité des Hautes-Alpes, ma région d'origine. Quand ils sont préparés par ma grande-tante Henriette (92 ans), accompagnés d'un jambon cru tué à la main, et dégustés à l'ombre du jardin dans la douceur de juin, c'est un peu le bonheur.

4/ Avec qui aimeriez vous diner?
Avec Mireille Mathieu (au Flunch).

5/ Ecrivez vous le ventre vide ou le ventre plein?
Il faut écrire rassasié (pour l'énergie) mais pas trop (risque de somnolence). J'écris la nuit et je carbure à la tisane, ce qui est moyennement rock'n'roll, je vous l'accorde.

Si quelqu'un connait Mireille Mathieu, vous savez comment faire plaisir à un jeune auteur ;)

31/03/2008

Les auteurs passent à table : Alexandre Jardin

Lors de la rencontre organisée par les Editions Grasset entre Alexandre Jardin et des blogueurs à l'occasion de la sortie de Chaque femme est un roman, j'avais évidemment demandé à l'auteur s'il acceptait de participer à ma rubrique. C'est donc chose faite et je l'en remercie.

1/ Êtes-vous un bon vivant?
Tous les jours ! Je ne vais pas à la messe mais en cuisine avec une ferveur jamais démentie.

2/ Quelle est votre madeleine de Proust (culinaire et viticole)
Un cidre produit par un Monsieur David, petit producteur normand ; et les ris de veau.

3/ Quel est votre diner idéal?
Vue sur ma femme, tout passe ! Mais je reprendrais bien un peu de tagliatelles aux truffes blanches, suivies d'un excellent confit de porc. Et pour terminer, je me taperais bien une part de Sacher Torte, la vraie que l'on s'enfile à l'hôtel Sacher à Vienne. Le tout arrosé d'un cidre prodigieux.

4/ Avec qui aimeriez vous diner?
Avec mes futurs petits enfants qui ne sont pas encore nés. Je suis très curieux de voir la suite...

5/ Ecrivez vous le ventre vide ou le ventre plein?
J'écris en buvant du cidre.

Même si je suis dubitative pour la Sacher Torte, je vote pour les tagliatelles aux truffes blanches. Pour une fois, j'accepte de me priver de dessert... :)

25/03/2008

Les auteurs passent à table : Mary Dollinger

Mary Dollinger m'ayant envoyé un mail hier suite à mon billet sur son livre, je lui ai immédiatement demandé si elle voulait bien répondre aux questions des "auteurs passent à table", exercice qu'elle a gentiment accepté.

1/ Êtes-vous un bon vivant qui aime la bonne chère et le bon vin ? Aimez-vous cuisiner ?
Dire que l’on aime « la bonne chère » que l’on est « bon vivant et aime le bon vin » n’est pas évident pour moi. La (mauvaise) réputation de la cuisine anglaise n’étant plus à faire j’hésite à m’avancer au risque de paraitre prétentieuse. Mais j’aime faire la cuisine pour famille et amis. Comme cela prend du temps et que je suis foncièrement paresseuse, lorsque je m’y mets, j’y vais carrément et passe la matinée parfois plus. Ensuite je remplis le, ou plutôt les, congélateurs et tape dedans au besoin.( Vous saurez que vous pouvez toujours arriver à l’improviste).
Quant au vin, je l’adore. Mes préférés : Crozes Hermitage,( je fais partie de la Confrérie donc ne suis pas vraiment objective) un Côte Rôti, ou, dans les grandes occasions, un Cheval Blanc (si on me l’offre !). Jamais de vin blanc, insomnies garanties.

2/ Quel est votre madeleine de Proust?
Les tout petits sandwichs à la tomate, au pain de mie anglais, préparés amoureusement par ma mère, et incontournables au menu des pique-niques de mon enfance britannique. Pas vraiment « culinaire », mais ce léger goût acide me projette immanquablement dans les sous-bois fleuris, magiques et mystérieux, que je n’ai plus jamais retrouvés.
Pour la madeleine viticole l’Asti spumanti, ce vin italien qui évoque les douces soirées au bord du Lac Majeur.

3/ Quel est votre dîner idéal ?
D’abord tout au champagne, Cristal Roederer de préférence, (un Volnay pour le fromage.) Ensuite : Apéritif : juste quelques toasts de foie gras pour apprivoiser le champagne.
Entrée : queues de langoustes fraîches, mayonnaise aux herbes, petite salade.
Plat de Résistance : je passe ;
Fromage : un vieux Conté et un Brillat Savarin pas trop affiné ;
Dessert : des fruits rouges ; beaucoup de bougies. le tout dégusté en tête à tête, mais pas forcément avec Trollope. (voir ci-dessous)

4/ Avec qui aimeriez-vous dîner (vivant ou mort) ?
« Au Secours Mrs Dalloway « voudrait que je dîne avec Virginia Woolf, « Journal Désespéré d’un Écrivain Raté » réclame Maupassant, alors pour ne froisser personne j’ai opté pour un tête à tête avec Anthony Trollope. Mal connu en France, ce très grand romancier, voyageur invétéré, fonctionnaire des Postes jusqu’à l’âge de 52 ans, à l’origine des boîtes aux lettres rouge tant aimées des Anglais, est l’auteur de 47 romans. Son chef d’oeuvre : « The Way We Live Now » écrit à âge de 60 ans. Une merveille.

5/ Écrivez-vous le ventre vide ou le ventre plein ? Avec un verre d’eau ou autre à côté ?
Enveloppée dans un silence total, j’écris, ou plutôt j’essaie d’écrire, le ventre vide, une bouteille d’eau et un Larousse de Poche à portée de la main. Cela a l’air lugubre mais en réalité, c’est grisant !

Merci pour ces réponses, je suis totalement sous le charme de quelqu'un citant un Volnay pour le fromage (et oui j'avoue c'est mon pêché mignon!)