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24/03/2008

Mary Dollinger : Journal désespéré d'un écrivain raté

Couverture :
Difficile, la condition d'écrivain classique. De nos jours, ni Balzac, ni Stendhal, ni George Sand ne trouveraient forcément grâce aux yeux des éditeurs. Pas plus que tout autre écrivain contemporain... Vous vous demandez pourquoi ? Mary Dollinger, avec son humour et son (faux) flegme britanniques, s'est penchée sur ce problème. Les auteurs, eux, n'en sont pas encore remis.

Mon avis :
La collection En attendant le bus reprend l'idée de Yasunari Kawabata qui dans le Japon des années 20, s'était fait une spécialité de textes excessivement brefs mais de haute qualité.
Le texte alterne des chapitres montrant ces célèbres écrivains confrontés aux éditeurs d'aujourd'hui avec des chapitres contant les réflexions d'une écrivain sur le tard.
J'ai eu une grande préférence pour Stendhal sommé de tout réécrire "la chartreuse" par une célèbre éditrice. Certains chapitres sont agrémentés du charme de devoir découvrir quel écrivain est passé au grill de l'éditeur :)

Un moment trop court de lecture.
Merci à Bellesahi pour ce livre voyageur qui a déjà reprit sa route :)

16/03/2008

Colum McCann : Ailleurs en ce pays

Couverture :
Ces trois nouvelles – deux brèves, une plus longe – triptyque savamment agencé, semblent jaillir d'une nuit profonde, asphyxiante, bruissante de souffles et de plaintes muettes : la couleur de la verte Irlande est ici le noir, d'abord. Une Irlande contemporaine, mais pas forcément d'aujourd'hui : sa blessure presque intemporelle, comme en témoigne Une grève de la faim, qui évoque les très sombres "années Thatcher". Colum McCann pratique son art avec une exigence rare : dans cette écriture apurée jusqu'à l'ascèse, les mots sont soigneusement triés, pesés, nettoyés, ciselés et disposés comme pierres précieuses sur la table du diamantaire. Dialogues resserrés, voix couvertes dont seul l'écho nous parvient – arêtes rugueuses aux scintillements de granit, gouttes d'eau tintant au fond du puits de la conscience. Une fille et son père, une mère et son fils – deux fois : il est question d'héritage moral, de transmission et d'amour, de survivance aux limites de l'impossible et de l'indicible. Grand musicien moderne, McCann sait puiser dans la souffrance une vitalité orageuse, indomptable, pour nous adresser son secret, signe d'espoir, petit éclair – dans la nuit

Mon avis :
Afin de fêter dignement la Saint-Patrick, le club des théières a proposé à la blogosphère de se joindre à notre lecture commune de mars avec un roman parlant de l'Irlande ou écrit par un Irlandais. Une petite recherche sous Wikipédia m'a malheureusement permis de constater que la plupart des auteurs cités n'étaient pas encore traduits en français.

Avec Tamara, nous avons donc choisi la facilité, en allant un samedi après-midi, simplement demander conseils à un libraire passionné de littérature anglo-saxonne, Christophe de I love my blender. Si vous passez dans le marais, n'hésitez pas à aller le voir, il saura vous trouver 2 ou 3 perles à lire de toute urgence :)
Donc entre deux préparations psychologiques à une virée en pub, j'ai lu ce recueil de trois nouvelles de Colum McCann.

Trois nouvelles pour parler des heures noires de l'Irlande. Il s'agit d'un genre qui semble très utilisé dans la littérature irlandaise :
- Ailleurs en ce pays : La narratrice est une jeune-fille qui part une nuit d'orage particulièrement violent essaie de sauver avec leur père leur cheval menacé de noyade. Arrive un camion de soldats anglais, dont le père souhaite refuser l'aide. Au fil des pages, on devine peu à peu le drame qui a secoué sa famille.
- Le bois : Un menuisier est devenu paralysé suite à un accident. Sa femme accepte à son insu une commande d'orangistes pour des hampes.
- et surtout : Une grève de la faim : Une mère et son fils s'installent dans une nouvelle ville pour tenter de s'éloigner de la violence des combats entre indépendantistes et anglais. L'oncle du "gamin" est actuellement prisonnier et entame une grève de la faim dont plusieurs prisonniers sont déjà morts.

J'ai beaucoup aimé le style de Colum McCann et je n'hésiterai pas à lire d'autres de ses écrits (en évitant peut-être Zoli qui si j'ai bien compris, n'est pas son meilleur). Colum McCann fait ici démonstration d'un véritable talent pour suggérer plutôt que dire (ou plutôt écrire) la douleur psychologique de ses personnages.
Une grève de la faim est le récit le plus poignant, il montre la souffrance des proches, dans ce qu'on pourrait appeler les dommages collatéraux. J'ai particulièrement été touchée par une scène ou le petit évacue une partie de sa terreur en simulant une bagarre.

Trois nouvelles noires que je vous conseille fortement.

Ont également participé à cette lecture (n'hésitez pas à laisser le lien de votre billet dans les commentaires) :
Karine, Florinette, Papillon, Tamara, Emeraude, La nymphette, Hydromielle, Malice, La liseuse, Clarabel, Chiffonette,

13/03/2008

Philippe Delerm : Paris l'instant

Couverture :
"Il y avait quelque chose dans l'air, ce matin-là. Ça ne s'explique pas. Ça vient deux fois par an, peut-être, au début du printemps souvent, et quelquefois à la fin de l'automne. Le ciel d'avril était léger, un peu laiteux, rien d'extraordinaire. Les marronniers ne déployaient qu'avec parcimonie leurs premières feuilles sucrées. Mais elle l'avait senti dès les premiers pas sur le trottoir, avant même d'enfourcher sa bicyclette. Une allégresse. Pas le jaillissement de la joie, pas le battement de cœur toujours un peu anxieux du bonheur."

Mon avis :
J'adore Paris, je trouve que c'est vraiment la plus belle ville du monde et pourtant j'en ai déjà visité quelques unes pendant mes vacances.
J'ai aimé Lisbonne et lire à l'ombre de ses terrasses, j'ai aimé Bordeaux, j'ai aimé Nantes et ses petites ruelles, j'apprécie Londres et son melting-pot, je suis suis restée bouche-bée devant les grattes ciels de New-York et son agitation perpétuelle (cette ville ne dort vraiment jamais); et pourtant... A chaque fois que je reviens à la maison, et par la magie d'un tour en RER je retourne me balader à Paris, je me redis que, vraiment, c'est la plus belle ville :)
Encore il y a peu, rentrant d'une belle soirée théâtre, où j'ai en plus revu deux photographes dont je suis baba du travail, en faisant la liaison à pied entre métro Madeleine et RER Auber, apercevoir un bout du toit de l'opéra a suffit à me faire faire un grand sourire!

Donc ce livre était pour moi...des courts textes de Philippe Delerm illustrés par de belles photographie de sa femme, Martine Delerm. Et pourtant le charme n'a que trop peu agi.
J'ai trouvé dommage que certains textes auraient pu être un peu écrits dans n'importe quelle ville comme celui en extrait sur la couverture, et qui est pourtant mon préféré.
Je n'ai pas retrouvé mon Paris, même si j'ai eu globalement plaisir à découvrir quelques anecdotes de celui de Philippe Delerm.
Je recommande tout de même sa lecture, parce qu'il m'a donné envie de me reperdre dans le marais, de lever encore plus souvent le nez pour regarder les toits de Paris, de m'assoir sur un banc de la place des Loges ou du Luxembourg pour lire, parce que la lecture est plus belle avec une belle vue...

06/03/2008

John O'Hara : La fille sur le coffre à bagages

Couverture :
Au début des années 30, James Malloy est attaché de presse pour une société de production cinématographique qui le charge d'accompagner Charlotte Sears pendant son séjour à New York.

Mon avis :
Il y a des livres qu'il est très difficile de vous "vendre" sauf à écrire le plaisir que sa lecture vous a causé. Pourtant, oui pourtant :
- l'histoire n'est pas révolutionnaire, il s'agit uniquement d'une petite tranche de vie de cet attaché de presse et de la star qu'il accompagne. Rien de surnaturel, même pas un fort potentiel chez l'un des héros :)
- l'écriture est agréable, belle mais sans plus. Je pourrais presque la considérer comme simple, mais de cette simplicité qui a nécessité beaucoup de travail.

Et voilà, le charme est pourtant là. J'ai passé un excellent moment et si John O'Hara est vraiment l'un des plus grands écrivains du XXème siècle aux Etats-Unis, et bien j'avoue être curieuse et limite pressée de découvrir l'un de ses masterpieces comme Rendez-vous à Samara ou Gloria.

Un grand merci à Amanda pour le cadeau et donc la découverte :)

01/03/2008

Jean-Philippe Blondel : Accès direct à la plage


Couverture :
Ce roman prend racine aux quatre coins des côtes françaises. De Capbreton dans les Landes, en 1972, à Arromanches - Calvados - en 2002, en passant par Hyères et Perros-Guirec. Rien ne relierait ses personnages s'ils n'avaient le goût des locations en bord de mer. Les couples, les familles, les célibataires... Ils éprouvent tous le sentiment d'être à la suite de quelqu'un. Il reste une empreinte qui s'attarde. Ici, il y a eu des envies, et puis des bonheurs étrangers qui ressemblent aux leurs.

Mon avis :
Après Philippe Claudel, je me devais de découvrir Jean-Philippe Blondel, le deuxième auteur qui avait autant ravis les blogueuses parisiennes lors de séances de dédicaces à la rentrée :)
J'ai donc commencé par ce petit recueil, déniché pour 50 centimes chez Boulinier (du temps où je n'avais pas encore compté ma pal et pris la résolution de ne plus acheter de livres tant qu'elle n'aurait pas retrouvé un semblant de raisonnable, ce qui ne l'empêche pas de continuer à augmenter tous les jours, il faudrait pour cela ne plus fréquenter des LCAs :)

Il s'agit en tous cas d'une très jolie découverte. Le recueil est divisé en 4 parties qui représentent chacune 4 époques et 4 lieux de villégiature :
- 1972 : Capbreton
- 1982 : Hyères
- 1992 : Perros-Guirec
- 2002 : Arromanches

Chaque chapitre donne la voix à l'un des personnages. Petit à petit comme un puzzle, on comprend les intéractions entre chaque vacancier. C'est certainement l'un des plus grand charme de ce recueil, proposer un format nouvelles mais qui finit par se lire comme un roman à plusieurs voix. Le charme est complet, puisque certains personnages se retrouvent d'une période à l'autre pour mieux comprendre leurs précédentes pensées.

Un très bon moment, trop court, que j'ai hâte de prolonger par la lecture de l'un des romans de cet auteur.