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25/06/2008

Varlam Chalamov : Mes bibliothèques


Couverture :
« Certains aiment les livres comme on aime des personnes : ils les rencontrent, s'en éprennent, s'en déprennent, les caressent, les rejettent, les oublient, les traquent, les retrouvent, les possèdent et les perdent. Si la vie les empêche de les collectionner et de les enfermer dans la prison d'une bibliothèque, ils vont leur rendre visite ailleurs et parfois les enlèvent. Ils les rêvent. Nous connaissions déjà Chalamov l'écrivain des camps, le poète de la Sibérie. Voici Chalamov le lecteur, l'amoureux des livres, parmi les rayonnages de ses bibliothèques. » (présentation de l’éditeur)

Mon avis :
Cette nouvelle de Valam Chalamov (54 pages) est l'occasion de faire parler un amoureux des livres. Ici la littérature représente ce qu'il y a de plus beau et de plus noble : la liberté, une ouverture sur le monde, sur la pensée alors que le narrateur va jusqu'à subir l'emprisonnement. Désolée pour cette envolée plutôt lourde de lyrisme de supermarché, mais c'est l'impression que j'ai eu durant cette courte lecture. Je n'utilise pas le terme trop court d'ailleurs car je trouve le format totalement approprié.

Chalamov était capable d'économiser sous par sous afin de s'offrir de nouvelles lectures quand des bibliothèques pleinent de trésors cachés ne pouvaient pas assouvir sa soif de récits.
Deux passages m'ont particulièrement touchée :
- le réapprentissage de la lecture pour ce prisonnier qui tombe par hasard sur un vieux livres
- la description des délices de la remarquable bibliothèque de Karaïev.

Un court récit qui rappelle notre chance de LCA seulement quelquefois brimées par les limites imposées par notre banquier.

22/06/2008

Louisa May Alcott : Secrets de famille

Couverture :
Après avoir mis en scène dans Derrière le masque une femme avide de pouvoir et sans scrupules qui parvient à ses fins grâce à un stratagème, Louisa May Alcott nous introduit ici dans une famille déchirée par des secrets inavouables. Pris dans un imbroglio de tromperies en cascade dont ils sont à la fois les instigateurs et les victimes, la narratrice et le héros louvoient entre haine, désir de vengeance, folie et suicide. Mais jouer avec la confiance d'autrui mène plus loin qu'on ne le croit. Et, contrairement aux idées reçues, l'amour n'est pas toujours salvateur : il peut parfois se transformer en piège fatal...

Mon avis :
Depuis longtemps sous le charme de Louisa May Scott pour son livre Les quatres sœurs du docteur March, c’est donc avec envie et curiosité que j’avais lu et apprécié Derrière le masque.

Lors du dernier salon du livre, Fashion a dégoté chez le même éditeur, un second court roman de l’auteur : Secrets de famille.

Ici, une jeune-femme se met au service d’une famille en tant que garde malade de leur fille. Elle se rend vite compte qu’un lourd secret les empêche de profiter pleinement de leur situation et a participé à la santé mentale de sa patiente.

Après avoir dépeint une redoutable aventurière dans Derriere le masque, Louisa May Scott décrit ici un aventurier sans scrupule ou presque sous les traits de Steele. Comme précédemment, je n’ai pu m’empêcher d’éprouver de la compassion pour cet homme, prisionnier de ses propres erreurs. Le thème de l'amour rédempteur est très bien abordé, sans patho. Le récit est toujours aussi bien écrit et a le charme d’autrefois sans en avoir le style trop lourd.

Je ne peux que vous recommander chaudement cette lecture. Merci encore Fashion pour le prêt.

19/06/2008

Evgueni Zamiatine : L'inondation

Couverture :
" La vitre tintait sous le vent, des nuages gris et bas - des nuages de la ville, des nuages de pierre - passaient dans le ciel - comme s'ils étaient de retour, ces nuages étouffants de l'été que pas un orage n'avait transpercés. Sophia sentit que ces nuages n'étaient pas au-dehors, mais en elle, que depuis des mois ils s'amoncelaient comme des pierres, et qu'à présent, pour ne pas être étouffée par eux, il fallait qu'elle brise quelque chose en mille morceaux, ou bien qu'elle parte d'ici en courant, ou encore qu'elle se mette à hurler... "

Mon avis :
Les rings du bookcrossing ont l'avantage de découvrir d'offrir la possibilité de découvrir des livres que l'ont n'aurait jamais acheté. Cela revient quelque fois à choisir les yeux fermés un livre dans un bibliothèque : une personne dont vous ne connaissez pas les goûts, le propose en ring, et vous vous dites pourquoi pas et vous vous inscrivez.

C'est comme cela que j'ai reçu ce très court roman ou plutôt cette nouvelle de Evgueni Zamiatine, auteur totalement inconnu pour moi. Son roman Nous autres aurait inspiré 1984, de George Orwell et Le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley. Et j'avoue que je suis très curieuse de découvrir ce roman.

L'inondation nous conte l'histoire simple de Sophia, femme de Trofim Ivanytch. Les deux époux n'ont pas réussi à avoir un enfant et un jour Trofim se rend compte qu'un enfant manque dans son foyer. Le voisin meurt laissant une fille, et Sophia propose d'accueillir la jeune fille chez eux. Malheureusement ce sont des sentiments bien loin de ceux d'un père que finit par éprouver Trofim.
Il s'agit exactement du genre de récit qui me laisse dubitative : je suis capable de reconnaitre la qualité de l'écriture de Zamiatine, mais je ne comprends pas en quoi ce récit simple, inéluctable, pourrait être "un des ses chefs-d'œuvre absolus". J'ai passé un joli moment de lecture mais que j'oublierais certainement très vite.
Une non-rencontre qui ne m'enlève pas l'envie de lire Nous autres.

17/06/2008

Prix Landerneau : le gagnant officiel

Le Jury officiel a délibéré hier en fin de journée et le lauréat de la première édition du prix Landerneau est attribué à :

Je n'ai évidemment pas encore lu toute la sélection, mais suis tout de même ravie car la lecture de ce roman m'a enchantée, il y a peu.

Vivement le prochain roman de Yasmine Char.

14/06/2008

Jane Austen : Lady Susan

Couverture :
Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s'amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question... Grande dame du roman anglais, Jane Austen trace le portrait très spirituel d'une aventurière, dans la lignée des personnages d'Orgueil et préjugé et de Raison et sentiments.

Mon avis :
Alors que je l’avoue je pataugeais un peu dans la satyre des romans gothiques écrite par l’auteur, j’ai fais le choix de laisser de côté Northambey Abbey pour me plonger dans la correspondance de Lady Susan. Moi qui d’habitude ne suis pas une fan de ce style de roman (quoique mes dernières expériences ont été plus que concluantes entre La chomarde et le haut commissaire et surtout 84 Charing cross road), j’ai adoré.

L’histoire est délectable, c’est passionnant de suivre les aventures sans scrupule de cette veuve dont la perfidie et la détermination semblent toujours faire mouche. Le style épistolaire permet de suivre les pensées de plusieurs personnages, sans que le récit en soit alourdi.

Je serais très curieuse de voir une adaptation de ce court roman épistolaire.

Lady Susan est à lire, il vous fera passer une heure et demi délicieuse malgré l’absence de héros à potentiel : ici les hommes ne sont que des marionnettes dont les femmes semblent tirer les ficelles.