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06/08/2008

Philippe Grimbert : Un secret


Couverture :
Souvent les enfants s'inventent une famille, une autre origine, d'autres parents. Le narrateur de ce livre, lui, s'est inventé un frère. Un frère aîné, plus beau, plus fort, qu'il évoque devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne vérifieront pas... Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque. Et c'est alors toute une histoire familiale, lourde, complexe, qu'il lui incombe de reconstituer. Une histoire tragique qui le ramène aux temps de l'Holocauste, et des millions de disparus sur qui s'est abattue une chape de silence.
Prix Goncourt des lycéens2004 et Grand Prix littéraire des lectrices de Elle 2005.

Mon avis :
Qu'on me pardonne, mais je n'avais jamais entendu parler de ce livre avant l'adaptation cinématographique sortie l'année dernière. Quand je dis que je ne lis quasiment jamais la presse littéraire, je serais peut-être prise au sérieux maintenant (quoique j'aurais préféré un exemple plus glorieux). J'ai été très attirée par le film mais finalement par manque de temps, j'avais à la place prévu de lire.
C'est chose faite, et j'ai malheureusement été passablement déçue. Tout d'abord, je n'ai jamais réussi à ressentir un minimum d'empathie pour le narrateur, ensuite j'ai compris très rapidement quel était ce fameux secret. Les deux ensemble a fait perdre une grande partie de l'intérêt de cette lecture.
Un rendez-vous manqué que j'ai regretté.

29/07/2008

Claire Wolniewicz : Le temps d'une chute

Couverture :

A quatorze ans, éblouie par la fluidité des matières et l'explosion des couleurs, déjà experte dans l'art de la coupe, Madelaine crée ses premières robes. Le siècle défile, inventions, destructions, restrictions, guerre, la mode s'emballe... L'après-guerre 'offre' Tadeusz - un rescapé des camps - à Madelaine. De leur union naît Lucie, et Madelaine créera pour elle quantité de modèles. Mais les vieux démons rôdent : pourquoi ne parvient-elle pas à toucher sa fille, à lui parler, à l'aimer ? Le couple se délite, Madelaine s'isole.

Mon avis :
Je suis loin d'être une fashion victime même si j'aime suivre les tendances de loin (et non pour ma garde robe) mais pourtant j'adore les films, livres parlant de la mode. Je ne pouvais donc qu'avoir un a priori positif pour ce livre qui nous conte l'histoire d'une créatrice qui commença comme vendeuse-retoucheuse.
Cependant, j'ai tout d'abord été perturbée par le style de l'auteur et je dois remercier Caro[line] de m'avoir encouragée à persévérer. Là généralement, j'ai de grandes difficultés à expliquer ma gêne et bien sur, il n'y aura pas d'exception. Je suppose que c'est le style froid, presque journalistique de la narration qui me gênait. Le style est d'ailleurs accentué par l'utilisation du présent.
Et puis comme dans toute bonne histoire, je me suis finalement attachée aux personnages : à Madeleine bien sur mais également à son entourage. J'étais trop curieuse de savoir comment tout cela allait finir, j'ai oublié le style et me suis laissée pénétrée par l'histoire. C'est une belle histoire de femme, une histoire de résilience, un long apprentissage de la vie par celle qui l'habillait sans vraiment la vivre.

Encore un joli moment de lecture que je vous recommande.

Les avis de Cathulu, Fashion, Katell, Lily, Michel, Papillon, Pascal et Caro[line]

Lu dans le cadre du prix Landerneau

21/07/2008

Les mots et la chose

Puisque j'ai été dénoncée, j'assume! Depuis qu'une certaine personne a proposé le thème Galipette pour le club des théières, je n'ai eu de cesse de le reproposer à chaque fois. D'ailleurs l'entrain mis par cette participante ou celle-ci à lire plusieurs livres, me dit bien combien j'avais raison.
Et oui, je peux vous dire que ce fut un club des théières d'anthologie. Jamais thème n'aura autant fait rire, alors que Caro[line] quasi sérieusement était là pour recentrer le débat avec son maintenant quasi anthologique : mais côté galipettes, c'était comment?

Côté lecture, j'avais donc décidé de respecter le thème en achetant un Harlequin et comme on les appelle des romans de gare, j'avais penser l'acheter à Roissy (gare - aéroport : même combat non?). Mais que neni, sachez-le le Harlequin est introuvable au relais H de l'aérogart F de Roissy. Par contre, le voyageur doit avoir besoin de reconfort, car le rayon "galipettes dures" est largement fourni. Passé 33 ans, avec une hésitation je l'avoue, j'ai acheté sans rien d'autres

Contes Pervers de Régine Déforges
Paillards ou mystiques, tragiques ou comiques, ces contes pervers, un des trop rares ouvrages érotiques écrits par une femme, nous emmènent de Hong Kong à Paris, d'Athènes aux Antilles, en Italie ou dans la ForêtNoire. Une seule loi les régit : une sensualité libre et débridée

Et bien je peux vous le dire haut et fort, malgré ce résumé qui promettait de la galipette de qualité, j'ai trouvé tout cela triste. C'est violent (l'un des contes est même un viol collectif) et donc pas du tout afriolant.

Fort désappointée, je décidais de me consoler en lisant le deuxième tome en poche des aventures Jamie et Claire dans le Chardon et le Tartan. J'attendais de la galipette de qualité, puisque cette série m'avait été conseillée par moultes blogueuses dont les yeux brillent dès que le prénom de Jamie est prononcé. Le premier tome avait permis de lire une scène de nuit de noces totalement dans le thème.

Le bûcher des sorcières (Le chardon et le tartan - 2) de Diana Gabaldon
Deux siècles... Claire, en franchissant la porte de pierre, a atterri deux cents ans en arrière. Enlevée, violentée, soupçonnée d'espionnage, tiraillée entre Ecossais et Anglais, ses voyages dans le temps n'ont pas fini de lui réserver des surprises... D'autant plus qu'entre Frank Randall, son mari du XXe siècle, et Jamie Fraser, le beau rebelle des Highlands qu'elle a dû épouser pour échapper à la mort, la voici désormais polyandre ! Ce qui n'est pas du goût de Laoghaire, une adolescente amoureuse de Jamie... Et rien n'est plus dangereux qu'une jeune amoureuse. C'est ainsi que Claire, accusée de sorcellerie, se voit condamnée au bûcher... Comment échapper à ce sort funeste et oublier ce brûlant cauchemar ? Claire a-t-elle réellement envie de quitter Jamie ? Telle est la question...
Oui mais non! Si ce livre est rempli d'Amouuuurrrrrr, d'hommes en kilt (et nus dessous!), d'aventures, la seule scène de galipette est une scène de torture sur un homme. L'édition broché réunissait le tome 1 et 2 de l'édition de poche actuelle, et donc aurait permis de répartir plus équitablement les galipettes.

Et voilà, je me morfondais au fond de mon humble chaumière (qui est en béton et au rdc d'un immeuble mais passons) de n'avoir pas bien fait mes devoirs. Décidée, j'allais donc au supermarché de ma ville (celui où je fais la majorité de mes courses, où je commence à bien connaitre les caissières) pour débusquer un Harlequin. Déjà largement brieffée par Fashion, je ne réussis cependant à débusquer que des Collections blanches. Peu emballée car si j'ai bien compris la galipette est rare dans cette collection, et doutant de craquer pour un ersazt sans humour de notre Docteur House, je choisis une valeur sure, l'Ecosse avec :

Un ravisseur sans scrupules de Julie Garwood
Le baron Haynesworth ne se soucie pas de l'avis de ses filles lorsqu'il s'agit de les marier. Il songe avant tout à conforter ses alliances en Écosse. C'est ainsi que Brenna est promise au riche MacNare, un homme qu'elle n'a jamais vu. Pas question de discuter : elle est expédiée sous bonne escorte dans les Highlands ! Mais rien ne se passe comme prévu. En traversant une forêt, Brenna voit surgir cinq géants vêtus de kilts. Faisant fi des protestations de la jeune femme, leur chef la jette sur son étalon noir et s'enfuit au galop. Connor MacAlistair est ravi de son exploit : il s'est vengé de MacNare et la jeune femme qui se débat entre ses bras est ravissante. Connor a prévu de l'épouser sur-le-champ, et rien ne saurait l'empêcher de faire valoir immédiatement ses droits conjugaux.

Ecosse, kilt, guerrier, frèle jeune-fille, nuit de noces. Là j'étais sure d'être dans le thème et en plus de faire briller les yeux de certaines théières encore sous le charme de Jamie. Le pari fut réussi : Connor est wiiiiiillldddddd et craquant à souhait.
Mais j'entends Caro[line] : et côté galipette alors? Et bien la galipette est de qualité, même si un peu répétitive une fois passée la nuit de noce.
Je me suis surtout gaussée des mécompréhensions entre les deux époux : Brenna a décidé de n'en faire qu'à sa tête (avec de bonnes intentions) et réussit à mettre Connor dans tous ses états. Au grand regret de certaines cependant, les affrontements restent verbaux et ne vont pas jusqu'à une fessée. :) (celles qui ont lu le Chardon et le Tartan comprendront, les autres mais qu'attendez-vous????)
C'est à mourir de rire, lorsque mêmes les gardes sont sous le charme de Brenna et incapables de lui interdire la moindre idée farfelue. Bien sur, Connor refuse d'admettre son amour mais heureusement l'amouuuuuuurrrrrrr triomphe toujours. Ouf!
Un roman de la collection Aventures et Passions, de qualité que j'ai trouvé relativement bien écrit malgré un suspens sans suspens :)

PS : le titre du billet est celui d'une pièce parlant du thème que j'ai vu l'année dernière avec Jean-Pierre Mariel. Je vous la conseille fortement. Aaahhh Jean-Pierre, nous êtions au moins cinq filles de trente ans sous le charme ce soir-là :)

14/07/2008

Deborah Moggach : Ces petites choses


Couverture :
Délocaliser les vieillards ! C'est l'idée lumineuse qui va sauver le docteur Ravi Kapoor, un médecin londonien épuisé par son travail quotidien et surtout par les soucis que lui cause on insupportable beau-père, Norman Purse, un vieux satrape aux révoltantes manies, combinant avec un rare bonheur l'égoïsme, le sans-gêne et l'obsession sexuelle sénile. Déjà expulsé de toutes les maisons de retraite convenables, Norman semblait impossible à recaser.
C'est alors qu'un cousin de Ravi, un homme d'affaires au dynamisme sans bornes, va créer en Inde une chaîne de maisons de retraite très 'Vieille Angleterre', où les Britanniques d'âge avancé, déconcertés et parfois même affolés par les conditions de vie nouvelles de leur pays natal, pourront retrouver, au soleil et dans la paix, les moeurs et l'atmosphère de leur jeunesse évanouie.

Mon avis :
J'avoue je n'étais que moyennement motivée par cette histoire de retraités envoyés en Inde. Cela fut d'autant une jolie surprise puisque j'ai été happée par ce récit dont vous entendez énormément parler sur les blogs. En effet, suite à l'opération de la mariée mise à nue, le livre de poche a proposé à de nombreux blogueurs et blogueuses de rédiger un avis sur ce livre.

Deborah Moggach a su joliment décrire ces petites choses au travers de l'aventure de ces retraités anglais. Si le livre commence de la façon la plus classique qui soit avec des descriptions plus ou moins rapides des circonstances ayant conduit les personnages à se retrouver en Inde, le récit prend une saveur épicée, teintée d'ironie mais toujours avec énormément d'humour et de respect une fois sur place. Ces petites choses ce sont toutes ces choses auxquelles on ne fait plus forcément attention, ces petits changements qui prouvent que l'air de rien la vie n'est certainement pas finie à 70 ans, qu'il est toujours temps de refaire sa vie, qu'on peut s'être trompé longtemps et soudain trouver sa voie au détour d'un marché indien, en se trompant justement sur l'activité d'une entreprise.
Au lieu de tomber dans une nostalgie facile, l'auteur nous amène à aller de l'avant. J'ai tout particulièrement aimé le personnage d'Evelyn qui peut à peut se découvre et laisse voir combien elle est une belle âme.
Comme dans le meilleur des films chorales, chaque caractère est mis en avant, et personne n'est dénigré. Les petits malheurs, les petits bonheurs, les petits moments de courage comme les moments moins glorieux sont toujours décrits par l'auteur avec une infinie tendresse pour ses personnages, le pays qui l'accueille.

J'ai lu il y a un moment, un article décrivant combien l'Inde pouvait représenter un choc pour les européens. Ce livre n'a pas la prétention de faire le même effet, mais il en donne au moins un premier goût.

27/06/2008

Pan Bouyougas : Anna pourquoi



Couverture :
Dans l’île grecque de Léros, la forteresse byzantine abrite une chapelle et des cellules. Là, perchées entre ciel et mer, la none Nicoletta et la novice Véroniki tâchent d’apprivoiser le silence, la noirceur et le vertige. Jusqu’au jour où survient le diacre Maximos, peintre d’icônes qui apporte les tourments diaboliques du désir dans cet asile de Dieu cerné d’à-pic redoutables.

Mon avis :
Anna pourquoi est le deuxième roman que j'ai le plaisir de lire de Pan Bouyoucas. Ma première rencontre avec l'auteur m'avait menée sur une ile grecque baignée de soleil jusqu'à l'étouffement.

Ici, je me suis tout de suite retrouvée en terrain connu, comme si l'auteur avait repris le même décor : même ile grecque, même villageois. Cependant les personnages principaux n'ont plus rien à voir : 2 nones et un diacre.
Pan Bouyoucas est romancier et dramaturge et l'on retrouve la patte de l'homme de théâtre avec dans ce roman la tension d'une comédie dramatique. Ce roman est déjà un film tant le premier chapitre semble être un story-board d'une premier scène mystérieuse et projetant immédiatement le spectateur le lecteur dans une atmosphère étouffante. La suite est à la hauteur et c'est un excellent moment de lecture.

Merci Marie-Anne pour ce judicieux conseil de lecture.

PS : j'en profite pour vous recommander encore une fois les livres de cet éditeur Québécois qui sont en plus de très beaux objets (j'adore leur typographie, qualité d'impression et de papier; cela semblera superficiel pour certain, mais cela améliore beaucoup ma lecture). Le site des Allusifs est ici.