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03/11/2008

Stephan Zweig : Lettre d'une inconnue




Un écrivain à succès reçoit un jour une lettre bien mystérieuse. Pas de destinataire, aucune indication de sa provenance. Il ouvre l'enveloppe et commence à lire et découvre qu'il s'agît d'une lettre dont il ne se souvient pas. Il s'agît d'une révélation d'un secret. Celui d'un amour fou d'une femme qui a aimé l'écrivain depuis ses treize ans, l'a aimé toujours en silence. Elle l'a connu alors qu'elle n'était encore qu'adolescente, et n'a immédiatement vécu que par lui, qui ne s'est jamais rendu compte d'elle.



Il y a presque une éternité (en fait bientôt une année), j'ai relevé le défi Fashion Klassik list. J'avais immédiatement lu Lettre d'une inconnue qui fut ma première rencontre avec cet auteur. La première fois que j'ai entendu parler de Stephan Zweig, ce fut pour écouter un collègue simplement dire que c'était un auteur dont il fallait un livre sur sa table de nuit pour attendrir les femmes. Cela vous donne malheureusement une bonne représentation de l'utilisation de la littérature pour certains de mes collègues... Passons...
Cet après-midi en lisant la nouvelle inédite qui vient de paraitre (merci Emeraude pour le prêt), je me suis rappelée que mon billet sur Lettre d'une inconnue était toujours à l'état de brouillon.
Finalement mon collègue avait peut-être raison, Stephan Zweig est certainement un romancier pour femmes mais dans tout ce qu'il y a de meilleur et de plus beau. Cette nouvelle par son sujet et son traitement est une petite merveille de pudeur. Les mots sont finement choisis et le récit qui en résulte m'a bouleversée.

A lire si ce n'est pas encore fait.

Malheureusement, la suite de mes lectures pour le défi n'a pas été aussi émouvant. Affaire à suivre...

01/11/2008

Marie Ann Shaffer et Anne Barrows : Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates


Janvier 1946, l'Angleterre se relève péniblement de la guerre. Juliet a réussi l'impossible en faisant rire les anglais de la guerre. En tournée de promotion, elle se demande quel pourrait être le thème de son prochain roman. Elle reçoit une lettre d'un habitant de Guernesey qui a racheté l'un de ses livres et a ainsi trouvé son adresse. Au fil de leur correspondance, elle découvre le cercle littéraires des amateurs d'épluchures de patates de Guernesey
(île anglo-normande non épargnée par la guerre).




Tamara
se posait la question : comment un roman épistolaire peut-il nous faire tant aimer ses personnages? Franchement je ne sais pas plus mais je suis autant sous le charme. Peut-être est ce parce qu'alors le lecteur pénètre au cœur de l'intimité des personnages. Les styles de chaque épistolier est différent. Ce qui fait le charme de chacun (ou presque) est indubitablement l'amour de la lecture, l'amour des livres.
Quand par exemple Juliet se demande si les livres n'ont pas un instinct de préservation secret qui les guide jusqu'à leur lecteur idéal. Ou lorsque Isola se morégrine d'aimer plus les héros de romans (Darcy est cité bien sur dans le roman) que les hommes de chair et de sang. A propos de Darcy, j'ai adoré la réaction de cette nouvelle lectrice, prête à gronder ses amis de ne pas lui avoir fait découvrir plutôt (enfin une histoire d'amour sans homme déséquilibré et sans cimetière).

Si Juliet est au centre de l'histoire car c'est sa correspondance que nous suivons tout au long du roman, il y a juste en philigramme derrière elle Elizabeth qui avait eu la présence d'esprit de créer le club lors de l'invasion des allemands. Les deux sont attachantes, et j'aurais adoré les emmener à la rencontre du club des théières d'aujourd'hui. Le problème est peut-être que j'aurais pris également sans hésiter Dawsey, le timide si à l'écoute des autres, fan de Charles Lamb (qu'il va falloir que je lise), Isola la liseuse de bosses de crane, Ebe et son petit-fils Eli et je n'aurais pas non plus hésité à inviter tous les autres.

A sa lecture, je n'ai pas pu évidemment ne pas penser à 84, charing cross road. Il y a du Helen Hanff dans Juliet Ashton. J'ai retrouvé le même amour des livres, la même verve littéraire.

Bon les filles, et si nous délocalisions l'une de nos réunions à Guernesey?

Les avis unanimes de : Tamara, Fashion, Emjy, Karine:), Sassenach, Caro[line], Uncoindeblog.

21/10/2008

Pierre Erwan Guillaume : Haut les coeurs!

Emma aime Simon. Simon aime Emma. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ils attendent leur premier enfant lorsqu'Emma apprend qu'elle est atteinte d'un cancer. Finalement tout ne va pas aussi bien...


Il s'agit de l'histoire d'un cancer du sein, celui d'Emma. Mais c'est surtout l'histoire de ce couple que forment Emma et Simon. Bien sur cela fait cliché, très love story : ils s'aiment et ensemble, ils se doivent d'être plus forts que ce "foutu" cancer.
C'est également l'histoire d'une grossesse : Emma est enceinte de cinq mois lorsque lors d'un contrôle de routine à la maternité, un kyste est trouvé sur son sein. Le premier médecin consulté préconise immédiatement une interruption de grossesse, mais la future mère ne peut s'y résoudre et veut un second avis. Le deuxième médecin acceptera d'accompagner le couple dans cette grossesse à risque avec pour but de tenir jusqu'au sixième mois, jusque ce que le bébé soit viable. Commencent alors les séances de chimio.

Ecrit effectivement, comme souligné dans le quatrième de couverture, dans une langue d'aujourd'hui, le récit ne m'a pas semblé présenter des qualités littéraires évidentes. Tout est dans la force du récit, dans sa sensibilité et sa justesse (inspiré d'une histoire réelle, ceci expliquant peut-être cela).
Au delà des aiguilles, des poches de chimio et des cathéters ressort tout de même l'espoir. Les protagonistes semblent partagés entre cet espoir indéfectible et une certaine résignation. Je suis ressortie de cette courte lecture optimiste. Je n'ai jamais été triste et c'est peut-être là la principale qualité et surprise.

En recherchant la couverture sur le net, j'ai appris que le livre avait été adapté au cinéma avec Karin Viard et Laurent Lucas dans les rôles principaux.

08/10/2008

Abdelkader Djemaï : Le nez sur la vitre


Dans la lumière blanche d'un matin d'été, un homme prend l'autocar pour aller voir son fils qui ne répond plus à ses lettres. Dans ce voyage intime qui commence dans le Midi et qui le conduira dans une ville bâtie elle aussi au bord d'un fleuve, il se souviendra de son propre père, de la guerre, des paysages de son enfance en Algérie, de la pauvreté et de sa découverte de la mer. Au bout de la route, il retrouvera, derrière la vitre de l'autocar et de son existence, cette part de lui-même faite d'ombres et de silences.




Un homme, un père, un mari, décide de prendre un bus afin de rejoindre un fils qui n'écrit plus depuis longtemps. Durant le voyage, il revient sur sa relation avec ce fils avec qui il n'a pas su, n'a pas pu communiquer. Il repense à sa relation, pourtant si simple, avec son propre père et c'est bientôt toute sa vie qui défile.
Ce récit m'a profondément touchée car il a la justesse de la simplicité. C'est fluide, évident, parfois étranger mais pourtant souvent familier comme le paysage qui défile derrière la vitre lors d'un voyage dans son propre pays. J'ai une tendresse particulière pour les récits de voyages qui sont souvent le support d'introspection. Les mots me touchent alors plus que tout. Peut-être est-ce pour cela que j'aime tellement lire dans les transports.
Ici Abdelkader Djemaï décrit admirablement les relations parents-enfants. Le style de narration utilisé détaché, quasi journalistique avec l'utilisation du passé-simple accentue le recueillement de ce père qui ne comprend plus. Au lieu de tomber dans le mélo, ce style donne une force surprenante au récit.

Il est presque inutile de vous le dire : j'ai aimé et je vous recommande chaudement cette lecture.

Laurence
a autant aimé, Bladelor est cependant plus réservée.

23/09/2008

Brigitte Giraud : L'amour est très surestimé

L'amour est très surestimé quand il est fini. Onze destins, onze nouvelles racontent la fin de l'amour. Avec une justesse et une précision douloureuse Brigitte Giraud ausculte le désir moribond, les compromis honteux, les naufrages intimes et les silences des couples en train de se perdre. Elle traque les mensonges et le deuil, l'exil intérieur, la vie qui bascule et chacune de ses phrases, chacun de ses personnages nous tend un miroir.





La fin de l'amour nous est contée au travers de 11 nouvelles. Le quotidien, l'habitude ont peu à peu rongés cette passion, cet amour que l'on croyait éternel. 10 narrateurs démentent le caractère éternel de l'amour, leur amour n'a pas résisté. La plupart n'aime plus l'autre. Les petits défauts qui les émouvaient, ne sont plus qu'une source d'énervement. La fin de cet amour est souvent matière à départ, je pourrais dire heureusement tant cela semble inévitable. Cependant, il peut-être aussi caché derrière la lâcheté, l'incapacité "à le faire".
Ce sont des récits sans espoirs, tous ayant été balayé par le temps. Les narrateurs sont éternels, certains sont même unisexes, il faut se concentrer pour remarquer un accord qui permet de déceler le sexe du narrateur.
L'écriture est simple, de cette simplicité qui provoque toujours mon admiration. Pas d'effets de style in

Un seul, le dernier, une lettre d'une femme quiquagénaire à son homme. Elle s'inquiète de ce temps qu'ils n'ont pas vu passer mais pourtant l'amour est encore.
L'amour n'est pas peut-être aussi surestimé que cela...