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19/08/2007

Martin Suter : Le diable de Milan

 

Couverture :
Lorsque Sonia, une jeune femme tout juste sortie d'un mariage étouffant et tumultueux, quitte la ville pour aller travailler dans un hôtel de luxe à la montagne, elle ne se doute pas un instant de ce qui l'attend. Dans la lourdeur paysanne de l'Engadine, ce vieil hôtel chargé d'histoire mais doté d'un " espace-forme " ultramoderne accueille des patients en cure. Dans ce roman noir et mystérieux, Martin Suter renoue avec l'atmosphère angoissante et le suspense haletant de La Face cachée de la lune et réussit un admirable tableau d'une région montagnarde de la Suisse romande, un univers confiné et menaçant, où l'âme des habitants se reflète dans un ciel en mutation constante. Suter met ici sa plume au service d'un véritable travail de peintre, entre le vert sombre des épicéas, le noir des orages, le blanc de la neige et l'argent de cet " espace-forme " high tech où tout semble pouvoir arriver. Ce nouveau thriller psychologique n'en a que plus de relief et d'efficacité et s'achève sur une scène stupéfiante qu'un Hitchcock n'aurait pas reniée.

Mon avis :
J'ai reçu ce livre en cadeau lors du « famous pique-nique » de la blogoboule et je ne peux que remercier la blogueuse qui me l'a offert. Désolée, impossible de me rappeler qui, j'ai honte.
C'est sombre, écrit simplement mais cela rajoute de la profondeur au texte. Peu à peu, le suspens monte et si au début j'ai eu un petit peu de mal à me passionner pour la vie de Sonia, cela n'aura été que le temps d'une cinquantaine de pages. Ensuite, je n'ai pas pu lacher le livre avant la fin (le tout aidé par un voyage en train de 3h30, j'avoue). L'atmosphère étouffante de ce village perdu est magnifiquement retranscrite. Il s'agit effectivement d'un véritable travail de peintre, les couleurs et la description des émotions au travers de ses couleurs sont très poétiquement retranscrites.
De plus, j'avoue avoir été surprise par le dénouement. Cerise sur le gâteau :)
Je pense rajouter sous peu un autre roman de cet auteur dans ma PAL. En tous cas, il est déjà dans ma LAL.

18/08/2007

Philippe Delerm : L’envol suivi de Panier de fruits

Couverture :
Rien ne distingue cet homme-là. Rien ne permet de le rendre visible. Plus visible qu’un autre… Un nom banal, un pardessus gris, un corps massif et mou dont il ne sait trop quoi faire. Difficile de peser sur ce monde… Alors il s’en invente un autre où l’air semble plus léger. Un tableau de Munch, un cerf-volant bleu ainsi qu’un étrange oiseau peint par Folon lui ouvrent les portes. Bientôt l’homme prend son envol vers des espaces aux teintes adoucies, des paysages délavés, des reliefs effacés… « Peu de couleurs et beau d’eau », disait Folon à propos de l’aquarelle. Beaucoup d’eau, peu de couleur… N’est ce pas là le mystère d’une vie plus sage et plus facile ?
Peut être même le secret du bonheur ?

 

Mon avis :
J’ai préféré la seconde nouvelle à celle qui a donné son titre à cet ouvrage. De l’Envol ; il se dégage une sorte de résignation qui même poétique ne m’a pas laissé un grand souvenir. J’appréciais la poésie des mots sur l’instant mais j’oubliais au fur et à mesure. (Réflexion faite durant ma lecture, puisque j’ai du relire certaines phrases pour en retenir le sens). Il ne m’en restera qu’une envie, celle de mieux découvrir l’œuvre de Folon.

Panier de fruits est l’histoire (personnelle de Delerm ? une recherche google pourra peut-être me permettre de répondre à cette question) d’un romancier publicitaire pigiste à ses heures qui invente le nouveau nom d’un yaourt « panier de fruits ». Il raconte comment alors son rapport aux mots change, son premier roman fruit de 2 ans d’efforts ne lui a rapporté que 6000F, ces trois mots lui en rapportent 20000F. Le narrateur deviendra alors une sorte de spécialiste des accroches, jeu de mots, changeant de domaine avant d’atteindre son niveau d’incompétence (je me suis demandée si ce n'était pas une allusion au principe de Peter).

C’est moins poétique, mais plus léger, et peut-être étais je plus réceptive pour ce ton à ce moment là


Derniere minute : visiblement, panier de fruits n'est pas autobiographique ou alors entre son écriture et son métier d'enseignant, Phlippe Delerm aurait encore eu le temps d'écrire pour la publicité... Mais rien sur ce sujet, dans les différentes biographies lues sur lui sur internet.

16/08/2007

Edith Wharton : les beaux mariages


Couverture :
Attention, pour une fois, il s’agit d’un résumé remanié. Si vous souhaitez profiter pleinement de ce livre (et j’espère que cela sera le cas après avoir lu ma critique), abstenez vous de lire le quatrième de couverture de cette édition, l’éditeur a eu la très mauvaise idée de résumer toute l’histoire ici !!!
Ondine Spragg, jeune héritière d’Apex, s’ouvre les portes de l’aristocratie New-Yorkaises grâce à son mariage avec Ralph Marvell. Elle recherche depuis toujours l’amusement mais aussi la respectabilité. Malheureusement son caractère la pousse à ne jamais se contenter de ce quelle vient d’obtenir.
Les qualité d’analyse de la grande Edith Wharton et son brio font merveille dans cette vaste fresque qui dépeint une classe qui meurt et le monde du XXème siècle en pleine formation et trace avec audace et talent le portrait d’une femme.

L’auteur :
Auteur d’un grand nombre de romans et nouvelles dont la modernité continue de surprendre, Edith Wharton (1862-1937), amie et confidente de Henry James, a passé une partie de sa vie en Franc ; où elle est enterrée à Saint-Brice-la-Forêt.

Mon avis :
Encore ! Encore ! Encore ! Il s’agit pour l’instant de mon coup de cœur intégral pour cette année déjà pleine de belles lectures. Même le plaisir de lire Didier Van Cauwelaert (mon presque auteur chouchou) était presque pali par ce plaisir là. De toute façon, c’est totalement différent comme la comparaison d’un baba au rhum et un gratin dauphinois. :)
J’avais déjà éprouvé un grand plaisir à lire Xingu (une courte nouvelle d’Edith Wharton) et ce que j’avais pu pressentir en si peu de pages éclate véritablement ici.
J’ai trouvé le style de l’écriture merveilleusement moderne et ironique alors que cet écrit à plus de cents ans. Les idées (que certains pourraient qualifier de féministes, mais je trouve cela bien trop réducteur) exposées par l’auteur sur la position de la femme, les liens du mariage et la morale de cette société où tout finit par se compter en monnaie sonnante et trébuchante devaient être alors quelques peu révolutionnaires. L’héroïne n’a rien d’attachant, elle est froide, calculatrice mais d’un autre côté, elle reste une victime qui n’a pas appris à réagir autrement. C’est passionnant de voir le cheminement de ses pensées, son évolution, ses réussites et ses défaites.
Le rythme est rapide même si les pensées, attentes et espérances des personnages sont clairement identifiés. L’histoire n’est pas seulement centrée sur le personnage d’Ondine et cela apporte de bienvenues bouffées d’oxygènes. Même si je ne me suis pas attachée à ce personnage, j’ai adoré la suivre avec peut-être ce même intérêt qu’enfant j’accordais à l’observation des fourmis.

D'autres avis de bloggueuses :
Celui d'Allie tout d'abord qui m'avait convaincue de le lire (malgré un accueil plus mitigé)
La renarde

11/08/2007

Philippe Ségur : Poétique de l'égorgeur


Couverture :
Universitaire à la vie bien tranquille, Nid dissimule en réalité un esprit tourmenté. Le monde et ses semblables le terrifient. Tous les soirs, sur leur demande, il raconte à ses filles un récit sombre et cruel dans lequel il traduit ses angoisses secrètes : Yagudin, un criminel maléfique, y épouvante les foules en ravissant les épouses et en éliminant les enfants. Mais un jour, son imagination est rattrapée par la réalité. Condamné à découvrir qui se cache derrière la figure flamboyante et énigmatique de l'homme qui a détruit sa famille, Nid se lance à sa poursuite. Menée tambour battant, sa course éperdue est celle d'un homme confronté à ses peurs. Suspense, humour, beauté du style et puissance de l'imaginaire, le lecteur impatient dévorera ces pages pour découvrir enfin qui se dissimule derrière Yagudin...

Biographie de l'auteur :
Philippe Ségur est professeur agrégé à l'Université. Il enseigne à la faculté de droit de Perpignan. Il est l'auteur de romans, Métaphysique du chien (prix Renaudot des lycéens, 2002), autoportrait à l'ouvre-boîte (2003), Poétique de l'égorgeur (2004), Seulement l'amour (2006), ainsi que l'Ecrivain en dix leçons (2006.)

Mon avis :
Philippe sait choisir ses titres (même si j'ai appris aujourd'hui que ce n'était pas forcément l'auteur qui trouvait les titres), et sait captiver le lecteur. Malheureusement, cela n'a pas suffit à me faire aimer Poétique de l'égorgeur. J'ai récupéré ce livre lors d'un livre échanges où j'avais été intriguée par les nombreux commentaires élogieux. Cela ne sera pas mon cas.
J'ai été incapable de m'attacher au héros Nid. Dès le début, il m'énervait bien trop. J'ai pourtant continuer à lire, puisque paradoxalement j'étais attachée au "méchant" Yagudin. Hum peut-être vais je devoir finir par me demander pourquoi de plus en plus j'aime plus les méchants que les héros :)!
Le livre est décomposé en 3 parties inégales : 4 mois, un intermède et 4 jours. J'ai préféré les deux dernières puisque là la peur viscérale du héros, qui le fait se plaindre tout au long des 4 mois, disparaît assez pour que cela soit supportable. Et surtout, le suspens monte et à partir de ce moment, j'ai continué uniquement pour savoir "comment tout cela allait se finir".
Dommage, il faudra peut-être réessayer un peu plus tard un autre roman de Philippe Ségur.

D'autres critiques (élogieuses celles-ci) :
Biblioblog
Quartiers d'été

07/08/2007

William Somerset Maugham : La passe dangereuse


Couverture :
Peu de mondes semblent aussi éloignés l'un de l'autre que ceux de Somerset Maugham et de George Orwell. On découvre pourtant avec surprise dans un essai de l'auteur de 1984 qu'il admirait " immensément " Maugham pour son " talent à raconter une histoire sans la moindre fioriture ". Au lecteur de se laisser séduire par une invraisemblable histoire d'amour dans le Hong Kong de la grande époque coloniale anglaise avec adultère, épidémie, général chinois, bonnes sœurs... Ingrédients que Maugham mélange avec un art consommé du récit et une maîtrise raffinée de la " belle ouvrage ".

Biographie de l'auteur :
William Somerset Maugham est né en 1874 à l'ambassade de Grande-Bretagne à Paris. Orphelin à l'âge de dix ans, il rejoint l'Angleterre où il est élevé par un oncle pasteur. Diplômé de philosophie et de médecine à Cantorbéry, Maugham découvre, à travers son activité de médecin, la misère à Londres, sujet de ses premiers romans Liza de Lambeth (1897) et Mrs Craddock (1902). Il abandonne bientôt la médecine pour succomber à l'appel du large et de l'exotisme et devenir un infatigable écrivain globe-trotter. Il sillonne l'Asie, les Antilles et l'Amérique du Sud. Depuis la France, il aborde, entre drame et comédie, le théâtre : A Man of Honour (1903), Lady Frederic (1907), Jack Straw (1908). Maître incontesté de la fiction, Somerset Maugham a écrit plus d'une vingtaine de romans et près de cent vingt nouvelles dont Servitude humaine (1915), Le Fil du rasoir (1944), Mr Ashenden, agent secret ou La Comédienne. Son roman La Passe dangereuse a été adapté au cinéma en 2007 par John Curran, sous le titre Le Voile des illusions, avec Naomi Watts et Edward Norton. William Somerset Maugham est décédé en 1965, à Cap-Ferrat, sa seconde patrie du cœur.

Mon avis :
J'ai été emballée par ce livre, même si j'ai commencé par me poser des questions : le début ressemblant plus à une littérature sentimentale qu'autre chose. Enfin, petit bémol, une excellente littérature sentimentale, puisque dès le début c'est le style direct, extrêmement moderne (du moins à mon sens) de l'auteur. J'avais lu très rapidement sa bio, et cela ajoutait à ma surprise puisque je me souvenais surtout qu'il est né en 1874. Après un petit peu de recherche sur le net, je peux enfin confirmer cette impression, puisque ce livre fait partie des premières oeuvres de l'auteur (enfin le premier tiers, il a été productif) et date de 1925.
L'évolution des relations du couple et surtout la prise de conscience de l'héroïne sont simplement racontées mais cela ajoute encore plus de force au récit.
En bref, un auteur que je relirais avec plaisir afin de conforter cette première excellente impression :)

Pour aller plus loin :
Fiche de l'auteur sur Wikipédia
Avis d'une autre blogueuse : Lilly (attention la critique résume trop l'histoire cependant)