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24/08/2007

Edith Wharton : Eté

 

Couverture :
Été est un roman qui traite franchement de la sexualité féminine, vue comme force vitale puissante et constructrice. Il était donc fort moderne pour son époque, lorsqu'il fut publié pour la première fois en 1918. Joseph Conrad, admirateur de l'oeuvre d'Edith Wharton, plaçait Été au-dessus de tous ses autres romans peut-être parce qu'y sont dévoilés les mécanismes intimes et habituellement cachés de la personnalité, l'aspect extra-social de notre nature si souvent présent dans les écrits de Conrad lui-même.

Mon avis :

Lorsque un roman me plait, j'ai l'habitude d'aller rapidement dévaliser (en payant malheureusement pour mon banquier) les librairies pour dénicher tous les romans du même auteur. Edith Wharton ne fait pas exception, même si pour l'instant je me suis contentée des exemplaires disponibles en occasion chez Gibert. (heureusement pour mon compte en banque, la rentrée littéraire ayant déjà fait quelques trous dans mon porte monnaie).

Nouveau roman d'Edith Wharton et nouveau coup de coeur.
Pourtant ici le style est totalement différent, enfin pas tant que cela car cela reste toujours aussi bien écrit! Par contre, on ne ressent pas l'ironie qui m'avait tant plu dans Les beaux mariages. Charity (l'héroïne) mériterait d'être un personnage de roman de Jane Austen (du moins ceux que j'ai déjà pu lire : Mansfield Park et Raisons et sentiments) : courageuse, dévouée et se sacrifiant. Cependant, il y a toujours cette touche de modernité que je n'arrive pas à retrouver chez Jane Austen (Les deux auteurs sont mortes à plus de 100 ans d'intervalles, ce qui explique certainement le style old fashion de cette dernière - et en plus, je n'ai pas encore lu son chef d'oeuvre).
Ce roman m'a donc donné envie de découvrir d'autres romans d'Edith Wharton. Comme pour Jane Austen (encore), je garde son roman le plus connu certainement pour la fin. Comme la chantilly qu'on met de côté pour finir sur cette note :)

 

22/08/2007

Marc Molk : Pertes humaines

Couverture :
" Ceux qui s'éloignent imperceptiblement alors qu'ils comptent pour de bon, ceux qui meurent, ceux qui ne nous aimeront jamais, ceux qui ne nous aiment plus, ces rencontres superficielles sur lesquelles on s'interroge encore, combien sont-ils manquants ? Mais surtout pourquoi les ai-je perdus ? Bien sûr, la liste est incomplète. J'en ai oublié, il y en a que j'ai écartés, il se peut qu'une fiche importante se soit perdue. Quoi qu'il en soit, il me semble que les intéressés pourront se reconnaitre et que ceux qui n'ont aucun rapport avec mon existence trouveront là prétexte à décrocher leur téléphone ou écrire une longue lettre à quelqu'un des leurs. "

Biographie de l'auteur :
Marc Molk est peintre. Pertes humaines est son premier roman.

Mon avis :
J'avais déjà “lorgné” sur ce livre lors d'un précédent livres échanges, j'ai donc été heureuse de pouvoir l'emprunter.
Chaque chapitre correspond à une personne donc une perte. Chaque perte est chiffrée selon trois critère : coefficient de perte, part de responsabilité, chance de renouer. Il s'agit d'un inventaire personnel et dans le désordre (ce qui ajoute malheureusement un peu de confusion).
Les pertes sont inégales mais j'ai aimé la plupart de cet inventaire.
On ne peut bien sur s'empêcher de penser à Philippe Delerm pour la forme : un chapitre – une histoire mais le style est totalement différent même si la nostalgie court parfois.
J'ai eu un coup de coeur pour la perte de la page 51 : Foetus qui résume parfaitement ma position / avortement : une volonté ferme pour le droit de chaque femme de pouvoir décider mais une aversion personnelle pour ce choix.

Citation :
“Dire dans ces conditions toute l'aversion que l'on peut ressentir à l'idée d'avortement passe pour le chausse-pied d'une remise en cause de la loi Veil. Quand ma bouche articule que je suis prêt demain à manifester pour le droit à l(avortement, on ne m'écoute déjà plus, on ne me croit plus. Il n'est pourtant pas difficile à comprendre le cloisonnement entre l'espace public et la répulsion intime. En tant que citoyen, je défends la liberté de chacun à disposer de son corps; en tant que personne, la simple idée d'être à l'origine ou impliqué dans un avortement me donne un vertige tel qu'il me faut m'appuyer ou m'assoir.”

 

21/08/2007

Fanny Chiarello : Si encore l'amour durait, je dis pas

 

Couverture :
Allez... un martini, un petit dernier, et Fanny arrête l'alcool. Ce n'est pas une vie, à 25 ans, de prendre une cuite tous les soirs. Signe troublant d'instabilité. Comme toutes ces filles, que Fanny n'arrive pas à aimer plus de trois mois. Florence, Céline... maintenant Gaëlle. Tomber amoureuse, Fanny sait faire. C'est après que ça se gâte. Quand il lui faut réaliser qu'elle a tout pour être heureuse : un passionnant métier de vendeuse téléphonique, un délicieux appartement à peine morne et crasseux, une famille à l'écoute qui la comprend au moins une fois par siècle... et une douce amie qui ne saurait lui prendre la tête que pour l'embrasser, bien entendu. Que demander de plus ? Un avenir ?

Mon avis :
Déception. Comme quoi acheter un livre uniquement pour son titre n'est pas gagnant à tous les coups! Le style m'a un peu rappelé Beigbeder de 99 francs mais en pire, bien pire. Fanny boit, se plaint de sa vie de vendeuse téléphonique, de son amour non réciproque pour une fille... mais où va tout cela? Nulle part!

20/08/2007

Henry James : Une vie à Londres

 

Couverture :
Une vie à Londres s'inscrit dans la lignée de Roderick Hudson, le premier roman d'Henry James, avec l'opposition puritaine du Bien et du Mal, l'Amérique moralisatrice et l'Europe morale décadente, la corruption et l'innocence. Laura Wing, jeune Américaine, native de Virginie, s'installe à Londres chez sa sœur Selina. Elle découvre avec horreur et fascination la haute société britannique qui cache son cynisme et sa décrépitude morale derrière les hôtels particuliers de South Kensington.

Mon avis :
Après sa contemporaine Edith Wharton, il me semblait logique de découvrir Henry James. Un livre perdu dans ma PAL depuis une éternité m'a permis de lire cet auteur dont j'ai pu apprécier plusieurs adaptations de ses oeuvres au cinéma.
J'ai retrouvé la même peinture sociale des moeurs de l'époque qu'Edith Wharton. Peut-être Henry James est il moins acide mais il dépeint très bien les différences entre la "vieille Europe" et la "jeune Amérique".
Une nouvelle, même de 112 pages, est un peu courte pour me rendre compte des qualités de cet écrivain. Cette mise en bouche m'a seulement donnée l'envie d'en lire plus.

David Foenkinos : Le potentiel érotique de ma femme

Couverture :
" On dit souvent qu'il existe des hommes à femmes, on peut considérer qu'Hector est un homme à objets. Bien loin de comparer la femme à l'objet, nous notons toutefois d'évidentes similitudes, et les angoisses de notre héros pourront se refléter dans les angoisses des infidèles, et de tous les hommes transpercés par la rareté féminine. " Après avoir collectionné, entre autres, les piques apéritif, les badges de campagne électorale, les peintures de bateaux à quai, les pieds de lapin, les cloches en savon, les bruits à cinq heures du matin, les dictons croates, les boules de rampe d'escalier, les premières pages de roman, les étiquettes de melon, les œufs d'oiseaux, les moments avec toi, les cordes de pendu, Hector est tombé amoureux et s'est marié. Alors, il s'est mis à collectionner sa femme.

Mon avis :
Deuxième roman de David Foenkinos en peu de temps. (le premier était “en cas de bonheur”), je n'irai pas jusqu'à porter le bientôt fameux badge : “Caro[line] m'a forcée” puisqu'après la lecture du premier livre, j'étais volontaire :)

 

Bon, je vais répondre tout de suite à la question que se pose notre vestale grecque en chef alias Caro[line] : oui j'ai aimé mais.

Je vais commencer par le “j'ai aimé”. J'ai retrouvé le style qui m'avait plu pour en cas de bonheur mais en plus prononcé : David Foenkinos commente littéralement tout du long la vie de ses personnages, et j'ai eu quelque fois l'impression de m'entendre raconter une histoire autour d'un verre entre amis. Si cela m'a de nouveau un peu surprise, j'y ai finalement pris beaucoup de plaisir.

Les personnages d'Hector et Brigitte sont attachants et j'avais envie de savoir comment tout cela allait se finir :)

 

Malheureusement il y a un mais! J'ai eu l'impression un petit peu décevante que certains passages n'étaient pas forcément à leur place. Disons plutôt que le livre semble avoir été écrit en plusieurs fois et que les raccords se sentent un peu. C'est difficile de l'expliquer sans rentrer en détail dans l'histoire. Le style est cohérent, ce sont seulement une ou deux scènes qui m'ont fait cet effet là.

Heureusement, cela ne m'a pas gaché mon plaisir.

 

Je ne porterais pas de badge “2007 l'année Foenkinos” mais je peux envisager l'achat d'un badge “Merci pour cette découverte Caro[line]” :)

 

D'autres avis sur la question :
Tout d'abord, the fan : Caro[line]
Le litteraire
Tamara
Il y a même un article sur wikipedia