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20/10/2007

Doris Lessing : Les grand-mères


Couverture :
Sur la terrasse d'un café dominant la baie de Baxter's Teeth, deux familles, qui semblent n'en former qu'une, se prélassent au soleil. Roz et Lil, les grand-mères, restées belles, entourées de Tom et Ian, leurs fils, et de leurs petites-filles, semblent filer le parfait bonheur. Depuis toujours, Roz et Lil sont aussi inséparables que des sœurs jumelles. Mais, quand Mary, la femme de Tom, surgit, pleine de colère, l'ombre débarque dans ce tableau idyllique... Grâce à la légèreté de son écriture, Doris Lessing signe avec Les grand-mères un roman décapant sur les non-dits et la dissimulation.
(attention résumé remanié pour ne pas trahir le sujet)

Biographie de l'auteur :
Doris Lessing. Née en Perse en 1919, célèbre dès son premier livre, Vaincue par la brousse, elle a reçu le prix Médicis pour son Carnet d'or et a été nominée pour le prix Nobel de littérature en 1996. Elle a reçu ce même prix Nobel en 2007.

Mon avis :
Je ne connaissais pas du tout Doris Lessing avant d'entendre qu'elle a reçu cette année le prix Nobel de littérature. Lors d'un rapide passage au Virgin pour acheter les livres de ma swappée littérature et thé, j'ai vu le petit livre Les grand-mères et n'ai pas résisté à la tentation. Sa taille (moins de 100pages) m'a enlevé tout complexe :)

Bien m'en a pris, c'est une véritable découverte. Déjà j'ai apprécié la qualité de l'écriture : très bien écrit tout en étant très simple. Désolée, je ne saurais l'expliquer, il s'agit plus d'un ressenti à mon niveau! :)
Et toutes ces qualités servent une histoire. Difficile d'en parler sans trahir le secret que découvre Mary et qui provoque sa fureur. Ce secret est relativement rapidement "éventé" mais l'histoire n'en perd pas pour autant son intérêt. Sur un sujet aussi difficile, beaucoup d'auteurs se seraient perdus, Doris Lessing a su elle rester légère et c'est certainement là que réside une bonne partie de son talent.

PS : je n'ai pas lu le quatrième de couverture avant de lire cette nouvelle. Et vous déconseille de le faire, car malheureusement il en dévoile trop! :(

PS2 : j'ai proposé ce livre dans le cadre d'un ring de bookcrossing. Vous pouvez également vous y inscrire :) C'est ici

14/10/2007

Paul Auster : La nuit de l'oracle

Couverture :
Après un long séjour à l'hôpital, l'écrivain Sidney Orr est de retour chez lui. Toujours aussi amoureux de sa femme Grace, il reprend lentement goût à la vie. Mais il est accablé par l'ampleur de ses dettes et par l'angoisse de ne plus jamais retrouver l'inspiration. Un matin, alors qu'il fait quelques pas dans son quartier, il découvre une toute nouvelle papeterie, au charme irrésistible. Sidney entre, attiré par un étrange carnet bleu. Le soir même, presque dans un état second, Sidney commence à écrire dans le carnet une captivante histoire qui dépasse vite ses espérances. Sans qu'il devine où elle va le conduire. Ni que le réel lui réserve de plus dangereuses surprises... Virtuosité, puissance narrative, défi réciproque de l'improvisation et de la maîtrise, La Nuit de l'oracle précipite le lecteur au cœur des obsessions austériennes, dans un face à face entre fiction et destin. Comme si l'imaginaire n'était rien d'autre que le déroulement du temps avant la mort. Ou pire encore, son origine.

Biographie de l'auteur :
Paul Auster est né en 1947 dans le New Jersey. Son œuvre, aujourd'hui traduite dans le monde entier, est entièrement publiée en France par Actes Sud. Il a obtenu en 1993 le prix Médicis pour Léviathan.

Mon avis :
En lisant les blogs littéraires, peu à peu (ou même très rapidement) j'ai fini par me rendre compte de l'étendu de mes lacunes littéraires malgré mon bon niveau (en nombre en tous cas!) de lectures.
Je n'avais encore jamais lu de Paul Auster (alias PA pour les initiés) et c'est suite à un diner de blogueuses avec maitre yoda PA Flo assistée de son petit padawan Delphine que je me retrouvais avec l'exemplaire de La nuit de l'orable en main (merci Delphine). J'avoue (en plus à ma grande honte puisqu'il s'agissait d'un livre prêté) qu'il m'a fallu près de 2 mois pour le lire.

J'ai aimé. Je ne vais pas poser ma candidature au club des PA addict (il me reste d'autres livres à découvrir du même auteur avant de demander le formulaire!) mais j'en relirai un autre avec plaisir (le voile des illusions est dans ma PAL).
Effectivement, c'est très bien écrit, l'histoire n'est pas phénoménale mais Paul Auster a su adapter cette idée et la développer de façon très convaincante.
J'avoue que j'ai particulièrement aimé le début avec ce parallèle entre l'histoire écrite et l'histoire de son écrivain. La suite m'a moins captivée, même si paradoxalement le suspens était plus présent.

Une critique un tout petit peu mitigée mais c'est un livre que je conseillerais tout de même :) J'ai vraiment apprécié sa qualité d'écriture.

10/10/2007

Roy Lewis : Pourquoi j'ai mangé mon père

Couverture :
Lorsqu'on se penche sur la préface de ce texte, écrite par Vercors, également traducteur de ce livre, on ne peut douter de ce que sera notre état à la lecture de Pourquoi j'ai mangé mon père : au pire, la mort par le rire, au mieux un divertissement total et entier. Vercors a ri, Théodore Monod a ri, tout le monde salue l'humour dévastateur et ethnologique de Roy Lewis. Utilisant avec réussite le principe ancien qui consiste à transposer dans une époque (la préhistoire), la pensée d'une autre (la nôtre), Roy Lewis nous conte les efforts de nos ancêtres les demi-singes dans leur lutte acharnée pour la survie et la prospérité de l'espèce. Voilà que nos ancêtres sont à la croisée des chemins, face à une nature hostile et à une foule de prédateur. Un tournant de l'évolution qu'il est crucial de négocier en douceur, sous peine d'extinction. Or, voilà qu'Edouard, hominien à l'esprit éclairé, découvre le feu. Une trouvaille qui sauve la famille certes, mais déplaît fort à son frère Vania, qui prédit la fin du monde, milite pour la viande crue et le retour dans les arbres... Roy Lewis fait ici de l'anachronisme sa seule loi et revisite avec brio les grands thèmes de société : l'éducation, le rôle de la femme ou l'éternel combat entre progressistes et réactionnaires. Il aborde également l'écologie, la famille et pose la question cruciale de la maîtrise du progrès technique par le biais de cette fresque grandiose, hilarante et moderne. --Hector Chavez

" Ta saloperie de feu va vous éteindre tous, toi et ton espèce, et en un rien de temps, crois-moi ! Yah ! Je remonte sur mon arbre, cette fois tu as passé les bornes, Edouard, et rappelle-toi, le brontosaure aussi avait passé les bornes, où est-il à présent ? Back to the trees ! clama-t-il en cri de ralliement. Retour aux arbres ! "

Mon avis :
Il était amusant après les aventures d’Edward le vampire (cf ma critique des deux premiers opus de la série de Stephenie Meyer) de poursuivre par les aventures d’Edouard pithécanthrope au génie visionnaire. Roy Lewis conte avec maestria l’histoire de ce chef de horde, inventeur de génie de la préhistoire. L’intérêt du livre vient du décalage total entre le langage résolument moderne (qualifié de langage de nos modernes ethnologues) et le narrateur de la préhistoire : fils d’Edouard.
N’étant pas une spécialiste de la préhistoire, je doute tout de mêm que tant de découvertes (le feu et d’autres choses que je terrais pour garder tout l’intérêt de l’histoire, aient été découvertes dans le laps de temps d’une vie (surtout qu’à l’époque elle devait être courte), mais l’auteur n’était certainement pas à un petit arrangement prêt. J’ai trouvé le style très intéressant, il ne m’a fallu qu’une dizaine de pages pour être captivée par ce récit décalé.

Livre lu dans le cadre d’un ring de bookcrossing. Merci Mop1 !

29/09/2007

Jorn Riel : La maison des célibataires

Couverture :
Les copains d'abord... Telle pourrait être la devise de ces cinq célibataires qui ont élu domicile dans une maison abandonnée. Mais ces bons à rien pourront-ils toujours vivre ainsi, de bière, d'amitié et de l'air du temps ? Préoccupé de leurs vieux jours, l'un d'eux a une idée lumineuse : il va épouser la plus célèbre veuve de la région, une marâtre aussi réputée pour ses redoutables colères que pour son riche troupeau de moutons. Mais les amis du jeune fiancé ne l'entendent pas ainsi, et pour le sauver du mariage tout en se ménageant une confortable retraite, ils vont devoir redoubler d'ingéniosité... Une savoureuse histoire de Pieds Nickelés, rapportée avec gourmandise du Groenland par l'ethnographe et explorateur Jorn Riel.

Mon avis :
Après avoir lu plusieurs avis sur cette courte histoire, je n'ai pas pu m'empêcher de la lire également :)
J'ai été très étonnée de la longueur du texte, il s'agit d'un roman très très court (71 pages écrites en gros caractères) voire même d'une nouvelle. Question : à partir de quelle moment une nouvelle devient elle un roman court? :)

L'histoire de ces cinq célibataires est des plus divertissante. La facétie et la débrouillardise de quatre des compères fait plaisir.
Côté style, j'ai été un peu étonnée par le style au départ mais je m'y suis vite habituée. Il valait mieux vu la longueur du texte.

A lire l'avis de Chiffonnette (qui a été à l'origine de ma lecture), celui de Papillon, celui d'Emeraude.
Ce livre a été très lu, vous retrouverez dans ces trois liens, d'autres liens de critiques. Excusez mon impatience, je dois connaitre la fin de mon roman en cours :)

16/09/2007

Erik Orsenna : Les chevaliers du subjonctif

 

Couverture :
Il y a ceux qui veulent gendarmer le langage et le mettre à leur botte, comme le terrible Nécrole, dictateur de l'archipel des Mots, et la revêche Mme Jargonos, l'inspectrice dont le seul idéal est d' "appliquer le programme". Et puis il y a ceux qui ne l'entendent pas de cette oreille, comme Jeanne et Thomas, bientôt traqués par la police comme de dangereux opposants... Leur fuite les conduira sur l'île du Subjonctif. Une île de rebelles et d'insoumis. Car le subjonctif est le mode du désir, de l'attente, de l'imaginaire. Du monde tel qu'il devrait être... Après l'immense succès de La grammaire est une chanson douce, Erik Orsenna, académicien hors norme, poursuit son combat en faveur de la langue, non pas en magister, mais en poète, en homme épris des mots et des vastes horizons qu'ils nous ouvrent.

Mon avis :
Après La grammaire est une chanson douce, j'étais pressée de découvrir la suite des aventures de Jeanne et Thomas avec ce second tome nommé Les chevaliers du subjonctif. Emeraude me l'a gentiment prêté, alors double merci (pour m'avoir fait découvrir cette série et pour le prêt) :)

J'ai aimé. Il ne s'agissait pas du coup de coeur du premier opus car le plaisir de la découverte de l'univers n'était plus là. Mais encore une fois avec étonnement, j'ai admiré la capacité d'Erik Orsenna à rendre les règles de conjugaison, pour cette fois, aussi intéressantes et passionnantes. D'autant plus qu'une petite révision n'était pas superflue : bien que je sois une sorte de référence avec mes collègues pour l'orthographe et la relecture des emails, c'est surtout du à leur niveau plutôt qu'au mien que je considère moyen!
Erik Orsenna a encore une fois créé un texte à deux niveaux, aussi bien compréhensible par des enfants que des adultes (le livre est subtilement émaillé de références). J'espère que suite à cette lecture, certains lecteurs se plongeront avec délice dans les oeuvres des écrivains cités. :)

L'avis d'Emeraude, un peu plus nuancé. Pour en avoir discuté avec une fan hier, tu as raison de vouloir tout de même lire le troisième opus, il est bien meilleur...
Affaire à suivre...

Citations :
Je venais de faire connaissance avec l'une des lois régissant l'espèce humaine, dite "loi de la double-crèpe" : plus quelqu'un écrase ceux qui sont en dessous de lui, plus il s'écrase devant ceux qui sont du dessus".

- J'ai toujours cru que plus on aime quelqu'un, plus on doit le laisser tranquille.
- Donc vous n'êtes pas partie à sa recherche?
- Hélas!