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02/11/2007

Helene Hanff : 84, Charing Cross Road




 

Couverture :
Par un beau jour d'octobre 1949, Helene Hanff s'adresse depuis New York à la librairie Marks & Co., sise 84, Charing Cross Road à Londres. Passionnée, maniaque, un peu fauchée, extravagante, Miss Hanff réclame à Frank Doel les livres introuvables qui assouviront son insatiable soif de découvertes. Vingt ans plus tard, ils s'écrivent toujours et la familiarité a laissé place à l'intime, presque à l'amour. Drôle et pleine de charme, cette correspondance est un petit joyau qui rappelle avec une délicatesse infinie toute la place que prennent, dans notre vie, les livres et les librairies. Livre inattendu et jamais traduit, 84, Charing Cross Road fait l'objet, depuis les années 1970, d'un véritable culte des deux côtés de l'Atlantique

Mon avis :
Novembre commence de la meilleure façon qui soit, j'ai passé une trop courte partie de ce jour férié en lisant. Quel livre!
Moi qui ne suis d'habitude pas une fan des correspondances, j'ai adoré le charme mutin de cette demoiselle Hanff et l'élégance britannique de Franck Doel, le libraire que toute blogueuse littéraire aimerait rencontrer :)

C'est tout d'abord une merveilleuse déclaration d'amour pour la littérature, les livres (en tant qu'objet) :
J'adore les livres d'occasion qui s'ouvrent d'eux-mêmes à la page que leur précédent propriétaire lisait le plus souvent. Le jour où le Hazlitt est arrivé, il s'est ouvert à « je déteste lire des livres nouveaux » et je me suis exclamée « Salut, camarade! » à l'adresse de son précédent propriétaire, quel qu'il soit.

C'est également une merveilleuse histoire d'amitié épistolière. Au fur et à mesure des lettres, le ton impertinent et taquin d'Helen Haff augmente pour finir par totalement faire fondre la retenue de son libraire.
La boutique a malheureusement disparue, à mon plus grand regret, sous le charme de sa description faite par un ami d'Helen :
C'est la plus ravissante des vieilles boutiques, sortie tout droit de Dickens, tu en serais folle. Il y a des éventaires à l'extérieur, je me suis arrêté et j'ai feuillété quelques trucs juste pour avoir l'air d'un amateur de livres avant d'entrer. A l'intérieur, il fait sombre, on sent la boutique avant de la voir et une bonne odeur mais pas facile à décrire....

Merci Fashion dont l'avis m'a donné envie de le lire, et me l'a ensuite prêté :)
Petite dédicace à Emeraude : ce livre est pleins de conseils pour ton challenge classique, je te souhaite de trouver des lecteurs aussi charmants qu'Helen Hanff :)

 

31/10/2007

Anita Nair : Compartiment pour dames


 

Couverture :
Un jour, Akhila décide de partir vers l'extrémité sud de l'Inde, là où se rencontrent l'océan Indien, la baie du Bengale et la mer d'Arabie, pour faire le point sur une vie qu'elle a l'impression de n'avoir pas vécue. Dans le train qui la conduit à destination, elle fait la connaissance de ses compagnes de voyage, avec lesquelles elle va partager toute une nuit l'intimité d'un compartiment pour dames. A travers leurs confidences Akhila cherche la réponse aux questions qu'elle se pose : une femme a-t-elle vraiment besoin d'un homme pour être heureuse, pour se sentir épanouie ? Comment trouver en soi la force de vivre la vie qu'on a choisie, de redevenir maîtresse de son destin ? En écoutant les femmes qui l'accompagnent, dont les récits reflètent ses propres contradictions, et en se replongeant dans un passé fait de renoncement, de sacrifices et de frustrations, Akhila comprend qu'elle seule peut trouver une issue à ses interrogations. Ce roman à plusieurs voix où, le temps d'un trajet partagé, s'entrecroisent des destins de femmes proches de nous par leurs forces et leurs faiblesses, est aussi celui d'un voyage à la découverte de soi qui éveillera des résonances en chacun ou chacune de nous.

Mon avis :
Et non vous n'êtes pas victime d'hallucinations, le 1er novembre est la date de mise en ligne des billets de la lecture commune du trimestre du club des blogueuses.
Le choix s'était cette fois-ci porté sur Compartiment pour dames d'Anita Nair.

Je vais commencer par avouer qu'il suffit de "m'imposer" une lecture pour que j'ai immédiatement envie de lire tout autre chose :) Donc même si ce livre était dans ma PAL depuis un petit moment, je ne l'avais toujours pas commencé, et c'est forcée et "contrainte" devant le 1er novembre se rapprochant dangereusement que je l'ai enfin commencé. Pour mon plus grand plaisir!
Et quel plaisir. Ce livre est magnifique, c'est une très belle description et réflexion du positionnement de la femme dans la société indienne et dans la société tout court. Le récit d'Akhila est entrecoupé par les différents récits de ses compagnes de voyages. Tous m'ont touchés et, je suis bien incapable de vous nommer mon préféré.
A lire d'urgence pour ceux et celles qui ne l'auraient pas encore fait!

Liste non exhaustive des autres lectrices du club : Papillon, Sassenach, Sylire, Nath, Amanda, Gachucha, Tamara, Gambadou, Camille, Malice, Florinette,

 

 

30/10/2007

Pan Bouyougas : L'autre


Couverture :
On ne peut guère soupçonner à quel point certains évènements peuvent marquer notre vie. Même de loin, tels de vulgaires galets lancés dans l'eau, qui feraient des ronds se propageant jusqu'à nous, pour nous faire chavirer. L'autre est le cinquième roman de Pan Bouyoucas. Il est également l'auteur d'un recueil de nouvelles et de pièces de théâtre traduites en plusieurs langues.




Mon avis :

Je suis partagée : j'ai adorée l'histoire qu'il est difficile en plus de vous raconter sous peine de tout vous dévoiler. Pan Bouyoucas sait merveilleusement exploiter son décors : l'ile grecque de Léros. C'est un personnage à part entière. J'ai retrouvé d'ailleurs les principaux ingrédients d'une tragédie grecque : les malheurs s'enchainent de façon inéluctable.
Cependant, j'ai été durant toute la première partie du livre déstabilisée par le style de l'auteur, style qui gâchait un peu mon plaisir. Je pense avoir fini par m'y habituer, puisque je n'ai pas constaté de différence pour la seconde partie, mais l'effet c'était estompé.

Un livre que je vous conseillerais donc sous réserve. Je compte de mon côté lire l'un des autres romans de cet auteur.

Un petit mot sur l'éditeur :
Il s'agit d'un roman édité par la maison canadienne Les Allusifs.
J'ai eu l'occasion de les rencontrer lors du réunion de blogueurs organisés par leur attaché de presse pour écouter Knud Romer (Cochon d'allemand). Je ne saurais que trop vous conseiller de partir à la découverte de leurs différentes publications (un exemple sur le blog de Fashion). J'aurais l'occasion d'en reparler...

27/10/2007

Edith Wharton : Libre et légère

Couverture :
Georgie, jeune fille intelligente mais fantasque et égoïste, décide un jour d'évincer son fiancé, trop oisif, pour un vieux lord immensément riche... Mais a-t-elle vraiment fait le bon choix ? Edith Wharton, malgré son jeune âge à l'époque où elle rédige ce roman, dénonce les intrigues de la société aristocrate anglaise de la fin du XIXe siècle : l'hypocrisie des mariages intéressés, les inégalités sociales et le peu de liberté des femmes face aux privilèges masculins. Elle fait suivre ce court roman d'une nouvelle acide sur le monde des critiques littéraires, où elle libère toute sa verve et son sens de l'autodérision !

Mon avis :
Déjà le troisième roman, enfin deuxième puisque Xingu est une nouvelle, d'Edith Wharton.
Donc après Xingu, Eté, et surtout Les beaux mariages (à ce jour mon préféré), j'ai repris depuis le début puisque Libre et légère est le premier roman d'Edith Wharton.

J'ai retrouvé les qualités des futurs romans de l'écrivain mais avec les défauts d'un premier roman.
C'est une belle critique de la société de l'époque et surtout du poids des conventions. Georgie m'a semblé l'ébauche d'Ondine (héroïne des Beaux mariages). Cependant il s'agit plus d'un récit qu'une réflexion. Et puis le récit est malheureusement émaillé de quelques clichés dans la description des personnages et de leurs sentiments. Il manque de la nuance, défaut que j'attribue à un manque de maturité (elle l'a écrit à 15 ans).

Même si j'ai apprécié, je conseillerais plutôt ce livre pour la nouvelle qui l'accompagne : Expiation, qui est une amusante satire du monde littéraire.

L'avis de Lou.

Dans ma PAL : Le temps de l'innocence et Les New-Yorkaises, donc vous n'avez pas fini de lire mon avis sur cet écrivain que j'apprécié :)

24/10/2007

Laurent Graff : Il ne vous reste qu'une photo à prendre

 

Couverture :
Cela sonne comme un arrêt : la dernière photo. Comme il y a le dernier verre, le dernier jeton ou l’ultime message. Graff invente la forme neuve de la roulette russe : l’objectif à l’œil, comme le canon tout contre la tempe. On presse : y a-t-il une vie, passé le couperet de l’ultime clic ? Jeu, set et match ? Neigel, le héros, se cogne à tous les angles d’un deuil amer, celui de M. Un jour à Rome, Méphisto, entendez un sieur Giancarlo Romani (un homme que l’humain intéresse, ex-prêtre) lui offre un voyage et un appareil photographique. Règle du jeu : clore la bobine en prenant « la dernière photo ». Il n’est pas seul à jouer : d’autres sont là, comme lui, avec leur dernière case à cocher : un Japonais, maître-pêcheur de carpe, un ex-mannequin et Eros (de Bilbao). Alors, que prendre dans les rets du viseur ? Une photo qui tout résumera, apocalypse intime, une photo pour rien, une photo de rien, un souvenir à loger au coin d’un miroir, un fragment d’idéal. Geste dérisoire, simple pression, mais choix décisif. Chacun choisira de prendre ou de ne pas prendre LA photo. Neigel, lui, en fera un rendez-vous fantomatique, une hallucination douce, en reviendra plus léger.Tout cela semble bien innocent. Vraiment ?

Mon avis :
Après le plaisir ressenti à la lecture du Cri, j'étais pressée de découvrir un autre roman de Laurent Graff. C'est chose faite avec son petit dernier : Il ne vous reste qu'une photo à prendre.

Le style de l'auteur me plait, le sujet, la photo, était prometteur (c'est une passion presque aussi vieille que la lecture, et il s'agit certainement de mon seul côté artistique). Donc sans aucune surprise, j'ai aimé.
Tout d'abord j'ai retrouvé avec plaisir le style d'écriture de Laurent Graff : le personnage est totalement différent du cri, mais je trouve que le style narratif est utilisé avec justesse. Il y a de magnifiques passages sur la vision de l'homme sur la femme (sa femme en fait, mais le style même donne un caractère universel à certaines phrases :)
Et puis, il y a aussi ces passages sur la photographie, et je me suis sentie en osmose avec cet homme qui a arrêté la photographie. Alors que la photographie numérique a complètement changé le rapport à la photographie (on peut appuyer sans y penser sur le déclencheur), écrire sur la « dernière photo à prendre » est délicieusement rétro :)
Pour finir, il s'agit d'une « belle » réflexion sur la mort, le temps qui passe.

Pour tout cela, je ne peux que trop vous conseiller cette lecture.

Merci à Caro[line] de me l'avoir prêté et fait circulé chez les blogueuses parisiennes avant même l'avoir lu :)

Les avis de Tamara, Emeraude, Clarabel, Dda.