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23/01/2008

Patricia Parry : Petits arrangements avec l'infâme


Couverture :
Accusé d'avoir égorgé sa sœur, Khaled Addad, amnésique et halluciné, est amené aux urgences de Toulouse par la gendarmerie. Antoine Le Tellier, le psychiatre qui l'examine, demande son internement. Tandis que la presse bien-pensante fustige aussitôt un islam fanatisé, la jeunesse des banlieues toulousaines commence sérieusement à s'échauffer. C'est alors que Le Tellier découvre que, depuis six mois, Khaled Addad rêve d'une jeune fille autrefois égorgée... D'incompréhensibles indices s'accumulent. Pour comprendre le mal dont souffre son patient, Le Tellier se replonge dans l'histoire du XVIIIe siècle. Y aurait-il un rapport entre la folie de Khaled et l'affaire Calas qui, en 1162, avait soulevé l'indignation de Voltaire ? Le jeune homme est-il coupable, schizophrène, ou tout simplement, comme Jean Calas, victime de l'intolérance et des préjugés ? Pour " écraser l'infâme ", une intellectuelle très médiatique vole au secours de Le Tellier. Ils se trouvent alors pris dans la tourmente d'événements heurtant la raison, où les morts se succèdent et les puissances occultes se déploient... Et si c'était la faute à Voltaire ?

Biographie de l'auteur :
Patricia Parry est médecin psychiatre à Toulouse. Elle est l'auteur d'un premier roman remarqué, L'Ombre de Montfort (Empreinte éditions, 2005). Le présent livre ouvre le cycle des aventures noires du docteur Le Tellier.

Mon avis :
Patricia Parry sait choisir ses héros (comme l'avait déjà souligné Fashion), Antoine Le Tellier a effectivement un véritable potentiel. Et pourtant, il roule en Porsche, ce que personnellement, je n'aime vraiment pas, une Aston Martin est proposée par visiblement pas mal de fan nostalgiques de James Bond ;) mais je verrais bien également une vieille Mustang noire.
Passées ces réflexions hautement philosophiques sur les mérites comparés des conducteurs de Porsche, Aston Martin et Mustang, parlons un peu du livre.

N'étant pas une lectrice habituelle des policiers, j'ai très peu de points de repères, mais j'ai en tous cas été scotchée, happée par cette histoire au bout d'une centaine de pages, sans la possibilité de pouvoir refermer ce livre (même si j'y ai été obligée mon employeur refusant pour l'instant la lecture sur mon lieu de travail!)
Je parle d'une centaine de pages, car durant tout ce laps de temps de lecture, j'avais l'impression bizarre de lire un scénario (à quand l'adaptation? c'est une excellente histoire pour)... Et puis finalement cette impression s'est dissipée et là je n'étais plus (ou plutôt j'étais surtout) une lectrice impatiente de connaitre la suite. Le découpage du livre est d'ailleurs terriblement bien fait pour maintenir le suspens.

C'est une excellente histoire, qui si je l'ai compris fera écho pour tous les habitants autour de Toulouse, mais la méconnaissance des faits historiques ne m'a pas gênée.
J'ai vraiment extrêmement apprécié le parallèle entre le passé et le présent, et le choix de raconter le passé au travers de lettres est judicieux, passionnant et bien plus percutant.
Je ne m'attendais pas du tout à cette fin donc bravo pour m'avoir baladée madame l'auteur. J'étais une victime consentante ;)

La critique d'Amanda est également aujourd'hui en ligne :)
Et surtout, Patricia Parry tient un blog dont je vous recommande chaudement la lecture.

20/01/2008

Exposition : Courbet au Grand Palais

Présentation :
Cette exposition-événement présente 120 peintures, une trentaine d'œuvres graphiques et environ 60 photographies sur un parcours de 1500 m². Depuis 1977 (date de la dernière grande monographie consacrée à l’artiste à Paris), de nombreuses recherches en France et à l'étranger ont permis de proposer de nouvelles lectures de l'œuvre de Courbet (1819-1877), dans le contexte de la création artistique des années 1840-1860.
Cette rétrospective souligne la complexité de l’œuvre de Courbet, de ses liens parfois paradoxaux avec la représentation du réel et la tradition picturale. Elle réévalue la place de l'artiste dans son époque, analyse ses liens avec les autres arts, la photographie en particulier. L’exposition donne aussi les clefs de compréhension d’une œuvre protéiforme, de l'énoncé réaliste des années 1848-1855 et de ses conséquences pour l’histoire de l’art. Cette approche permet de s'interroger autant sur la nature du réalisme de Courbet que sur la place de la culture romantique dans son œuvre. Elle met en lumière une influence qui fut décisive pour les tenants de la "Nouvelle Peinture" des années 1860 et les débuts de l'impressionnisme.
(source : site officiel de l'exposition)

Mon avis (en italique, le texte de l'exposition) :
C'est avec le meilleur a priori que je suis allée ce matin voir l'exposition Courbet puisque :
- j'ai décidé de combler mes lacunes abyssales cette année en histoire de l'Art
- j'apprécie énormément le portrait de l'artiste dit le Désespéré (1844-1845) qui tient lieu d'affiche pour cette exposition
- et cette visite m'avait été chaudement recommandée par plusieurs personnes.

Et c'est avec un grand sourire de satisfaction que je suis ressortie du grand Palais.

Le parti pris de présenter l'œuvre par thème permet un excellent découpage et une très bonne compréhension de l'œuvre de cet artiste.
Et j'ai pu ainsi par exemple voir très facilement l'évolution du style

L'exposition s'articule donc autour de huit sections :

L’invention de Courbet : les autoportraits de jeunesse.
Cette section rassemble pour la première fois un ensemble important des autoportraits peints et dessinés de 1840 à 1855.

Seul ce fameux portrait de l'artiste dit le désespéré sort réellement du lot. Il est d'ailleurs troublant de le voir exposé au milieu de deux autres toiles qui n'auraient même pas attiré mon regard si la signature Courbet n'était pas dessus. (jugement qui n'engage bien sur que moi, mais j'ai mentalement qualifié ces toiles de croutes!).
Une autre toile m'a marquée (représentée ci-contre), Les amants dans la campagne, sentiment du jeune age dit aussi les amants heureux (1844). En la voyant, j'ai eu l'impression d'un mauvais cadrage (que je ne retrouve pas sur cette reproduction d'ailleurs), et pourtant grâce à l'effet prise de vue par en dessous le résultat est plus que probant.

De l’intime à l’Histoire.

Toute sa vie Courbet demeura fidèle à ses racines familiales et à sa terre natale. Elles lui inspirent ses premières grandes toiles, affirmations de sa création artistique.

Ici, j'ai vraiment touché l'évolution du peintre. Dans les années 1840, un style très photographique, extrêmement détaillé comme dans ce portrait de Juliette Courbet datant de 1845. Je trouve même qu'il y a un très léger défaut de perspective entre la tête et le reste du corps.

Peu à peu, l'œil du peintre se forge et il nous impose alors sa propre vision de ses personnages. De même, les couleurs deviennent plus sombres.

Les manifestes.
Autour de L'Enterrement à Ornans et de L'Atelier du peintre, exceptionnellement déplacés du Musée d'Orsay au Grand Palais, cette section met en évidence la cohérence de l'ambition artistique de Courbet au début des années 1850 et sa mise en scène par le peintre lui-même.

J'avoue par contre être passée totalement à côté d'un Enterrement à Ornans (1849-50). Elle ne m'a pas touchée, je ne comprends pas tout simplement, et pourtant cela semble l'une des oeuvres importantes de Courbet.



Une oeuvre qui m'a plus marquée est L'atelier du peintre, allégorie réelle déterminant une phase de 7 années de ma vie artirtisque (1855). Près de trente personnes sont représentées alors qu'il n'y a que Courbet et 2 modèles.
Moi qui imaginais un peintre ayant besoin de solitude pour peindre :)... Delphine m'a d'ailleurs fait remarqué qu'on reconnaissait sur la droite Baudelaire dont un portrait (identique) et une photographie sont exposées juste à côté.
Pour anecdote : une caricature de ce tableau est exposée avec comme légende le titre suivit de "où il prouve victorieusement qu'il n'a jamais eu de maitre ... de perspective".

Un autre intérêt de cette salle sont les photos d'époques qui font échos aux tableaux.

Paysages.
La section s'articule autour des deux belles séries consacrées aux grottes de la Loue et aux vagues normandes dont les versions les plus importantes sont rassemblées. Cette thématique permet d'explorer avec pertinence les liens avec la photographie contemporaine – Le Gray, Le Secq, Giroux notamment.

Troublant... Troublant car la même année (1855), il peint Les roches de Mouthier que j'ai trouvé totalement sans intérêt (mais bon avis personnel, bien sur) et Le ruisseau du puit noir, vallée de la Loue, qui m'a marquée (dans la limite du raisonnable puisqu'il s'agit d'un paysage)


3 tableaux totalement inattendus dans un coin de la salle
: Mer calme (1869), 1/3 mer et plage, 2/3 ciel de nuages blancs avec juste 2 bateaux échoués sur le sable ainsi le bord de mer de Palevas, représenté ci-contre (1854). Après une série de tableaux sombres, la luminosité dégagée par ces œuvres est d'autant plus frappante.



La tentation moderne.

Durant les années 1860, Courbet, alors au faite de sa célébrité, est une référence essentielle pour la génération montante de la Nouvelle peinture et des débuts de l'Impressionnisme; l'œuvre de ces jeunes peintres stimule à rebours Courbet, notamment autour du portrait et du sujet moderne.
Beaucoup de portrait. J'avoue ne pas avoir compris l'explication donnée à l'entrée : "évolution de sa peinture du vrai vers le moderne".
Visiblement avant les portraits de Courbet étaient des représentations des gens sous leur nom (donc le réel) et ensuite il les a utilisé comme modèle pour d'autres personnage (historique ou nom), mais pourquoi alors parler de moderne pour une démarche utilisée depuis toujours?
Si quelqu'un a une explication?


Le nu, la tradition transgressée.

Le nu féminin est un des enjeux majeurs pour Courbet qui peint ses premiers nus dans les années 1840. La présentation des Baigneuses en 1853 (musée Fabre, Montpellier) lui permet d'affirmer sa fidélité à la tradition et sa volonté d'un renouveau réaliste.


Evidemment la pièce phare est L'origine du monde. (1866)
On y trouve également La femme au perroquet (1866) dont j'ai préféré une Etude pour la femme au perroquet qui est un cadrage sur le visage de cette femme et une peinture plus sombre.


Le peintre en chasseur mélancolique.

Les œuvres liées à la chasse ont souvent été négligées par les historiens d'art. Elles occupent pourtant une place essentielle, au regard de la peinture d'histoire, valorisée dans l'exposition par la présentation autour des grands formats – L'Hallali du cerf (1866), Le Combat de cerfs (1861) – de l'ensemble des œuvres essentielles de cette thématique.




L'expérience de l'histoire : Courbet et la Commune.
Courbet avait toujours entretenu des liens complexes avec le politique. Il s'engage pour la première fois dans l'action à l'occasion du siège de Paris et de la Commune où il préside la Fédération des Artistes. L'artiste paiera cette implication politique, notamment les conséquences de la destruction de la colonne Vendôme. Emprisonné, malade, contraint à l'exil en Suisse à partir de 1873, Courbet est un artiste désormais survivant. A l'exception de l'Autoportrait à Sainte-Pélagie (1861, musée départemental Gustave Courbet Ornans), le peintre n'a pas traité directement les événements dont il fut témoin et acteur. La série mélancolique de natures mortes, peintes entre 1871 et 1873, lui permet d'exprimer son désarroi. L'exposition se conclut sur la présentation rare des trois tableaux consacrés aux Truites de la Loue, métaphores de l'artiste et de son destin douloureux.
Ces trois tableaux m'ont laissée sceptique. J'avoue que le parallèle entre ces trois natures mortes et le destin de l'artiste...

En tous cas, une excellente exposition que je conseille à tous les parisiens ou ceux qui ont la chance de monter à la capitale cette semaine. Dépêchez vous!

Informations pratiques :
Dates
: du 13 octobre 2007 au 28 janvier 2008 (il reste donc que peu de temps!)
Tous les jours sauf les mardis aux Galeries nationales du Grand Palais
Horaires
: Tous les jours de 10h à 22h sauf le jeudi jusqu'à 20h
(dernier accès : 45 mn avant la fermeture des caisses)

Pour aller plus loin :
Le site de l'exposition présente un très bel ensemble de photos des œuvres
Bien sur tous les articles de Wikipédia (plusieurs liens dans mon billet sont sur ces articles)

18/01/2008

Lotobook : la liste des participants

Rappel : les inscriptions au lotobook sont ouvertes jusqu'au 16 février. Le tirage au sort aura lieu le 24 février. Toutes les infos ici
Vous êtes bien sur cordialement invités si vous voulez venir (participants ou non au lotobook).

Sont donc inscrits au lotobook :
Aelys
Alice
Alinéa
Amanda
Amy
Anne R
Ant1
Antigone
Arsenik_
Bibouzoli
Bladelor
BlueGrey
Boreale
Camille
Caro[line]
Chiffonnette
Chrestomanci
Clarapeix
Clémence P
Clochette
Cune
Deliregirl11
Delphine (qui a promis d'ouvrir un blog si elle gagne!!!!)
Diane G
Doriane
Elica
Elou
Emeraude (la première inscrite ;o)
Emmyne
Esperluète
Etoiles des neiges
Eugénie
Fanchette
Fashion
Finette
Flo
Florinette
Françoise A
Freude
Gene/Dyla
Géraldine T
Gima
Goelen
Google
Hélène
Hilde
Insatiable Lectrice
Isabelle L
Izo
Jo Ann v
Joël
Katell
La nymphette
Lamousmé
Laure
Laurence du biblioblog
LaurenceV (dont le blog vient d'ouvrir)
Lhisbei
Lili
Loutarwen
Lucie
Luciole
Luna
Madame Charlotte
Manou
Marie
Marine
Marinette
Mariselya
Martine
Martine G
Mark O'Spencer
Méli
Mélusine80
Mirontaine
Miss Alfie
Mo
Monique L
Nanou
Nath
Néférou
Niessu
Odilette
Olivier T
Ori
Paikanne
Pivoine Merlin
Pousse manette
Poussinette
Princesse Libellule
Rennette
Sandrounette
Slo
So
Soïwatter
Sorennes
Suzel
Tiphanya
Thomthom
Toinette80
Valdebaz
Valeriane
VanessaV
Virginie
Vmontpellier
Yueyin
Zag

Pour ceux qui ne l'ont pas encore fait, n'oubliez pas de m'envoyer votre choix de livre (titre, nom et prénom de l'auteur).

16/01/2008

Nicolas Cauchy : La véritable histoire de mon père


Couverture :
" Et alors vous êtes au milieu des gens qui ne savent pas, qui sont à mille lieues de savoir, parce que apparemment rien n'a changé. Et c'est vrai. Rien n'a changé. Tout est pareil sauf une chose : vous avez commis l'irréparable. " Simon fuit dans la nuit au volant d'une Porsche volée. Sur la banquette arrière, le corps de son enfant. Longtemps prisonnier de ses mensonges, Simon doit aujourd'hui regarder la vérité en face. Lui qui se croyait maître de ses sentiments s'est laissé déborder par la violence d'une passion et entrainer jusqu'aux rives de la folie. Le portrait sans concession d'un homme de notre temps. Un roman noir, précis, implacable.

Mon avis :
Wouaaahhh! Difficile d'expliquer ce que j'ai ressenti à la lecture du premier roman de Nicolas Cauchy. C'est fort, très fort.
Ce récit m'a donné une sensation d'irréversible. Nicolas Cauchy a su admirablement mélanger les flash backs, de l'évènement en cours : la fuite de ce père qui vient de commettre l'irréversible. Je suis bluffée! Je suis touchée! Je suis remuée! Et oui tout cela à la fois!

Ce récit m'a fait le même effet que celui de Solenn Colleter au niveau de l'intensité. L'effet est différent car l'histoire différente (pour Solenn, j'étais dans l'interrogation personnelle "et si c'était moi", ici j'étais dans l'interrogation impersonnelle "mais pourquoi a t il fait cela?", certainement parce que personne ne peut imaginer faire une chose pareille!), mais j'ai été troublée de la même façon. J'ai eu ce sentiment identique d'urgence. Très difficile à expliquer tout cela...

Je suis également admirative du style choisi la narration totalement froide d'une personne extérieure dont on apprend l'identité qu'à la toute fin, même si on peut s'en douter.

Une lecture que je vous recommande, comme l'a déjà fait Caro[line] que je remercie d'ailleurs pour cette découverte :)

14/01/2008

Joëlle Tiano : L'enchanteur et illustrissime gâteau café-café d'Irina Sasson



Couverture :
A presque 101 ans, très loin de là où elle est née, Irina Sasson entretient chaque matin sa mémoire en récitant, dans les sept langues que sa destinée l'a amenée à parler, la recette du fameux gâteau café-café qui lui avait valu le succès que l'on sait dans la colonie européenne de Batenda. Surgissent alors les jours incandescents de sa vie. Des jours qui n'ont rien perdu de leur douceur ni de leur éclat, ni de leur douleur non plus. Et sans doute, dût-elle vivre cent ans encore, et sa mémoire s'effilocher chaque jour un peu plus, ils resteraient longtemps en elle, noyaux rebelles à l'oubli... Ce jour-là, venue du nord du Continent, sa petite fille est à son chevet. Pour une raison précise.
Dans ce texte à l'écriture musicale, un charme puissant opère, qui tient au mouvement entre les grands horizons et l'espace réduit d'une cuisine, entre la rumeur du monde et l'intimité d'une femme.

Mon avis :
Ce gâteau a été déjà on ne peut plus commenté sur les blogs :)
J'ai un peu l'impression d'arriver après la guerre, alors que j'ai même déjà gouté à ce fameux gâteau grâce à Chiffonnette qui m'a également prêté le livre. Double merci :)

Merci parce que le gâteau comme le livre étaient délicieux.

Moi aussi j'ai été happée par ce charme puissant évoqué sur le quatrième de couverture. Et si vous ne l'avez pas lu, je vous conseille de remédier à cela :)
Désolée, je n'en dirais pas plus, tellement à déjà été écrit sur ce livre que les mots me manquent!