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27/02/2011

Joseph Czapski : Proust contre la déchéance

51nyfojiKaL._SL500_AA300_.jpgAprès la déportation par les Russes de quatre mille officiers polonais dans le camp de Starobielsk,
d’octobre 1939 jusqu’au printemps 1940, quatre cents d’entre eux furent déplacés à Griaziowietz :
ils furent les seuls à échapper au massacre de Katyn. Afin de surmonter leur abattement et leur angoisse, les prisonniers imaginèrent de se donner mutuellement des cours ou des conférences. Tandis que d’autres parlaient d’histoire, de science ou d’alpinisme, Joseph Czapski fit une série d’exposés sur la littérature française. Comme une mise en abîme, la remémoration de La Recherche du temps perdu par un prisonnier de guerre gravement atteint dans sa santé, sans livres ni documents à sa disposition, est elle-même une véritable création, et d’autant plus que Czapski n’est ni philosophe (il s’en excuse) ni critique professionnel (il en surclasse plus d’un…), mais lecteur et artiste, qui met en valeur la nouveauté de la phrase et de la forme proustienne, tout en ramenant son théâtre prodigieux à la filiation de Saint-Simon et de Balzac.


Je vous dois une confidence : je n'ai jamais lu Proust, mais surtout je n'ai quasiment jamais eu l'envie de le lire. J'ai bien eu quelques poussées "snobinardes" (vous voyez, je commence mal, je considère les lecteurs de Proust snobs!), mais celles-ci n'ont jamais résistées assez longtemps pour me pousser à le mettre dans ma PAL. Pourtant null traumatisme, une dictée extraite d'A la recherche ne peut suffire à expliquer ce désintérêt, même si les dictées et moi... (mes différents professeurs de français riraient bien de savoir que je suis maintenant une des références orthographiques auprès de mes collègues)... J'aurais pu craquer quand quelqu'un d'aussi enthousiasmant que Caro[line] a craqué pour lui et a commencé à le lire. Ben non, même pas, à ce moment là ma "peur" des pavés m'avait déjà rattrapée! J'ai même regardé avec curiosité l'adaptation qui vient d'être diffusée sur France 2. Dommage pour moi, l'acteur principal m'a énervée et je n'ai toujours pas eu ce titillement. Après tout même une visite de Deauville ne m'avait rien fait, pourtant le tourisme est souvent très mauvais pour ma PAL.

Voilà que les Editions Noir sur Blanc ont eu la bonne idée de rééditer "Proust contre la déchéance" de Joseph Czapski. Ce désintérêt devait pourtant me travailler puisque j'ai eu envie de lire cet essai/conférence. Les circonstances particulières de sa création, l'auteur emprisonné n'avait rien d'autre que sa mémoire à disposition, m'a donné le sentiment que cela devait accentuer le côté "amical" de la chose. C'est tout à fait ce que j'ai ressenti, en 75 pages, Joseph Czapski propose une plongée dans sa passion de la littérature française. Il mèle avec intelligence : anecdoctes sur Marcel, parallèle de l'oeuvre et de sa vie, analyse de La Recherche, comparaison avec d'autres auteurs (Dostoïevski  et Tolstoï en tête). C'est un discours vivant, inspiré qui m'a donné enfin envie de laisser une chance à Marcel (dommage pour ma PAL).

"Je vous ai déjà dit que les deux premiers volumes d'A La Recherche, Du côté De Chez Swann, sont les seuls parus avant la guerre. Ce sont les seuls volumes qui n'ont pas été touchés par l'évolution et les changements de compositions produits dans les années de labeur de Proust, qui coïncident avec celles de la guerre. C'est aussi la partie de son oeuvre mise au point avec le plus de précision. Ces deux volumes contiennent déjà en eux les premières variations de tous les motifs qui représentent la trame des volumes suivants."

Commentaires

j'ai bien aimé ce livre qui m'a donné envie également de lire Proust. L'introduction qui décrit les conditions d'écriture de ces conférences est très émouvante. Bonne soirée

Écrit par : Bénédicte | 14/08/2011

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