Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« La citation du jeudi : les copines, le champagne, des rires et peut-être un bilan | Page d'accueil | Top Ten Tuesday : »

02/01/2011

Mark Seal : L'homme qui valait cinquante milliards

arton3706.jpg

Cela ne pouvait pas continuer.

 

Comment Bernard Madoff a-t-il cristallisé sur sa personne la crise la plus importante qu’ait connu l’Occident depuis près d’un siècle ? C’est ce fil rouge que nous propose ici de suivre le journaliste Mark Seal. Composé de trois articles centrés sur la famille de Madoff et sur les victimes, cet ouvrage apparaît comme le livre noir de la décennie passée. Véritable entreprise de dissection d’un mythe, il ausculte l’air du temps pour révéler l’esprit d’une époque.


Ce livre regroupe trois articles de Mark Seal, qui ont été publié initialement dans Vanity Fair en février 2009.

Le monde de Madoff ("Madoff's world") : 

Lors d'un diner à New-York, le journaliste exprima sa frustration à ses compagnons de table : après avoir interviewé 40 victimes de ses opérations financières, il ne parvenait toujours pas à comprendre Bernard Madoff. L'une des convives lui conseilla alors de contacter Carmen Dell'Orefice qui fréquenta amicalement Bernard Madoff durant des années. "Ce fut le début d'une grande amitié. Avec son investissement de 100000 dollars qui, grâce à des apports additionnels et des bénéfices constants du fonds, s'accrut à millions, Carmen reçu aussi en cadeau une vie sociale. Elle me montra des photos et me raconta des dîners, des réunions de famille, des bals de bienfaisance, et les pique-niques de la compagnie Madoff qui se tenaient à la résidence secondaire de Madoff à Montauk, à Long Island..."

Mark Seal va tout d'abord tenter de comprendre Bernard Madoff au travers de l'image qu'il renvoyait à ses différents investisseurs, tout en ne cachant pas comment ceux-ci ont vécu l'arrestation de leur "dieu de la finance" et la perte de leurs investissements. C'est certainement à ce moment-là que j'ai ressenti le plus de "gêne" par rapport aux "victimes". Il y a eu bien sur de véritables catastrophes, des veuves ont perdu tout ce que leur défunt mari ont mis une vie à construire, des fondations ont du fermer (leurs capitaux étaient totalement investis dans cette pyramide de Ponzi, des familles entières ont perdus leurs patrimoines puisque grand-pères, parents et petits enfants avaient mis leur confiance en Bernard Madoff. Cependant, sans vouloir faire de la démagogie de bas niveaux, ces personnes n'auraient pas du oublier que la bourse n'est pas un investissement sur et que les niveaux de rémunération "assurés" par Bernie étaient miraculeux (un taux de 12%).

"Tout le monde le considérait comme un marché financier garanti par le Trésor Américain", me dit un homme d'affaire en vue. Ils continuèrent à retirer de l'argent pour l'injecter chez lui. Quelqu'un - je ne veux pas dire son nom - refinança sa maison il y a quelques années quand les taux étaient bas, et investit tout l'argent chez Madoff. Aujourd'hui, il a perdu son argent et sa maison." 

Hello Madoff ("Hello Madoff") en collaboration avec Eleanor Squillari :

Eleanor Squillari était la secretaire de Bernard Madoff. Pendant 25 ans, elle a été assise juste à l'extérieur du bureau de Bernard Madoff. Et pourtant, à l'instar de Traudl Junge(secrétaire d'Aldolf Hitler auquel Madoff fut comparé pour le mal qu'il fit à la communauté juive "ce qu'Hitler n'a pas achevé, il l'a fait!"), Eleanor ne s'est pas douté de l'escroquerie à laquelle elle participait indirectement. C'est certainement l'article le plus passionnant puisqu'il explique l'organisation Madoff (même si il ne décrypte pas tout évidemment, une partie restera pour toujours inconnue si le principal intéressé ne parle pas). C'est en tous cas, sans contexte, l'article le plus intéressant. L'attitude de Bernie et Ruth (sa femme) la semaine précédent l'arrestation est la plus sidérante. 

Le monde de Ruth (Ruth's world") : 

"Durant ma rédaction de trois enquêtes sur le cas Madoff pour Vanity Fair, j'ai parlé à près de cent personnes qui connaissaient Ruth, Bernie et leur famille, et la majorité d'entre eux pensent que Ruth doit avoir été au courant de la chaîne de Ponzi."

Deuxième mystère, Ruth Madoff, Mark Seal tente de mieux la comprendre et relatte son attitude avant et après l'arrestation de son mari. Celle qui est actuellement encore son surveillance des enquêteurs alors que son mari a été condamné à plus de 150 années de prison, est une personnalité complexe qui a eu une part active dans l'entreprise de son mari. 

Si le sujet est ardu, Mark Seal le rend passionnant. Les trois articles se complètent parfaitement et permettent de comprendre un peu mieux l'affaire. 

Petit aparté sur la forme qu'est le livre édité par Allia, pour moins de 5 euros, il s'agit d'un livre moins haut qu'un stylo mais imprimé sur du papier de grande qualité. Une collection à suivre.

Les commentaires sont fermés.