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10/10/2010

Alexandre des Isnards & Thomas Zuber : L'open space m'a tuer

9782012374089.jpgIls sont jeunes, sortent des meilleures écoles et universités, gagnent bien leur vie, ont des postes à responsabilités dans des entreprises prestigieuses… et pourtant les jeunes cadres sont au bord de l’explosion. Alexandre des Isnards et Thomas Zuber font plus que raconter leurs propres expériences : ils se font les portes parole de toute une génération… qui s’est confiée à eux. Au début ce n’était qu’un jeu : Thomas et Alexandre postent par mail des textes parfois amers mais toujours drôles sur leur vie de bureau. Leurs chroniques circulent, leurs amis s’y reconnaissent, envoient leurs propres anecdotes. Au final, des dizaines de témoignages s’accumulent, et surtout se recoupent.
Le livre met en scène ces tranches de vie en racontant, par le menu, le quotidien pas toujours glorieux des jeunes cadres des années 2000. Fini le jeune ambitieux des années 1980. Le trentenaire d’aujourd’hui prend ses RTT, ses congés, et pense que la vraie vie est ailleurs. Réussir sa vie et sa carrière semblent devenus deux objectifs antinomiques. Les nouvelles méthodes de management (individualisation des salaires, évaluation à 360°, feedbacks et autres travaux en mode projet) sont peut-être alléchantes sur le papier, mais carbonisent vite les jeunes recrues qui, passée l’ivresse des premiers mois s’éloignent de l’entreprise. Malaises vagaux sur le lieu de travail, dépendance médicamenteuse, dépression, départ du jour au lendemain de jeunes bardés de diplômes pour une ONG humanitaire : les jeunes cadres dynamitent. Jusqu’à présent, ils continuaient à faire bonne figure. Avec ce livre, ils décident enfin d’ôter le masque.


L'idée de ce livre est venu aux auteurs d'un mail collectif envoyé par un démissionnaire pour faire deviner les raisons de sa soudaine démission. Il s'intitulait "un quiz pour un départ" et comportait  une dizaine de question où ses collègues devaient deviner les raisons de son départ. Il soulevait alors plusieurs questions que se posaient également ses collègues.

Le livre avait fait beaucoup parler à sa sortie, fin 2008, alors que la crise commençait à poindre son nez, le mal être au travail était un sujet de plus en plus d'actualité. Si le livre n'a pas d'intérêt littéraire, le style jeune, bourré d'anglicismes (de plus en plus utilisés dans les entreprises) est même parfois difficile à lire, heureusement les auteurs ont pris le temps de mettre plusieurs notes de bas de page pour permettre à toute le monde de suivre.

Les situations correspondent principalement au conseil (surtout SI), elles sont extrêmes, mais basées sur des faits réels, les amis ayant été simplement mis à contribution. Le style est ironique, mais pas trop, Alexandre des Isnards & Thomas Zuber s'appliquent surtout à détruire l'image d'Epinal que peuvent renvoyer ces sociétés où tout le monde est cadre, sauf la secrétaire et le gardien. Les histoires feront rire jaune ceux qui vivent au quotidien certaines de ces situations (au "risque" qu'ils se mettent à comptabiliser les chapitres qui les concernent), pourront remettre en cause la notion de pénibilité du travail (mais je doute que cela soit un jour mesurable), et surtout pourront servir à expliquer aux autres ce que cela peut être la vie de cadre et qu'il n'y a décidément pas de métier facile.

La lecture laisse cependant un goût d'inachevé, car s'ils dénoncent, et expliquent succinctement les conséquences de ces excès, aucune explication ou analyse n'est amorcée sur le comment "on en est arrivé là".

Le site du livre avec une interview des deux futurs ex-consultants.

 

Extrait sur l'open-space et ses défauts :

« Dring, c'est la sonnerie insupportable de Gary. "Fais chier ! Il nous a encore laissé son portable allumé. Le mec ringard qui se la joue décalé. » Dix minutes après. Même sonnerie, même musique nasillarde : c'est la messagerie qui rappelle. Jérôme se lève.

- J'en peux plus. Je le coupe, sinon, je vais péter une durite.

- Ouais ! T'as raison, mets-le en veilleuse. Moi, si je le chope, son bidule, je l'éclate contre le mur, ajoute Bruno.

- On va se prendre un thé citron pour sortir de ce brouhaha ?

De retour de la K-fête, Vincent jette un coup d'oeil sur l'écran de Sonia.

- C'est ton fichier de suivi de projet ?

- Ouais, c'est pour le projet Tefol.

- Moi, j'en ai fait un vachement bien pour le projet Areeteva. J'y trace tous les retours client point par point. Je peux te l'envoyer si tu veux.

- Oui, OK, je veux bien.

- Ça y est, je te l'ai forwardé, lui crie Vincent à l'autre bout de l'open space.

- Merci, je regarde ça tout à l'heure."

 

Commentaires

Je me sens tellement éloignée de ce genre de vie que je ne suis pas sûre de me passionner pour ce livre ! En tout cas, c'est sûr que ma vie ne tourne pas autour du travail et de la réussite (vu que je suis à la retraite depuis 7 ans et que j'adore ! mdr !)

Écrit par : Joelle | 11/10/2010

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Ça serait intéressant de voir si je retrouve les mêmes travers et situations en France qu'au Québec

Écrit par : Kikine | 11/10/2010

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ah, l'open space... cauchemar!

Écrit par : choupynette | 12/10/2010

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AHah ! Non seulement je déteste les open space, mais en plus, la couverture de ce livre est totalement géniale ! C'est dommage qu'il n'y ait pas de véritable analyse. L'ouvrage m'aurait intéressée davantage. Mais merci pour l'article !

Écrit par : Stéphanie | 13/10/2010

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Je l'avais lu plus ou moins à sa sortie. A l'époque je travaillais encore en open space dans une grande multinationale en Angleterre. Mais du coup, c'est vrai que l'ambiance était un peu différente de ce qui était décrit dans le livre. Depuis je suis rentrée en France pour travailler dans une toute petite entreprise sans open space, mais parfois l'ambiance n'en est pas forcément meilleure...

Lien vers mon article: http://aufildeslivres.over-blog.com/article-26485387.html

Écrit par : LN | 14/10/2010

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Ca fait un certain temps que je le lorgne, ce livre. J'ai par ailleurs vu qu'il avait paru en poche - intéressant. Merci pour ce billet!

Écrit par : DF | 24/10/2010

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Je l'ai noté depuis longtemps celui-là... mais ils ne l'ont pas à la biblio et je n'ai pas envie de l'acheter... j'attends donc qu'il me tombe dessus !

Écrit par : liliba | 07/11/2010

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Je trouve ce type de livres assez inutile en effet et surfant sur une mode (la critique du monde du travail en l'occurence) pour vendre un contenu très léger! Ce n'est ni un vrai roman ni un essai, à peine un recueil provocateur d'anecdotes... Et comme tu le dis, aucune analyse ni proposition... Dommage, il y a tant à dire et à faire sur ce sujet! Il serait intéressant de s'y pencher vraiment!

Écrit par : Nymphette | 10/11/2010

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hey, ça dort sur ce blog !!! youhou !! ^^

Écrit par : fabien | 16/11/2010

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Je t'invite au swap un inconnu vous offre un livre : http://sirpriz.com/swap_Un_inconnu_vous_offre_un_livre_766_french

Nous sommes déjà 30

A bientot !!
Isa

Écrit par : Isa | 28/11/2010

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