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06/09/2010

Jean Teulé : Les lois de la gravité

51Ssu8xmRoL._SS400_.jpg"Il y a quelques années, la police est venue à mon domicile pour enquêter sur la mort de mon mari. Ils en ont conclu à un suicide. Eh bien, ce n'est pas vrai. C'est moi qui l'ai poussé du onzième étage".
Une femme pénètre en pleine nuit dans un bureau de police pour confesser le meurtre de son mari. Dix ans jour pour jour après cet homicide déguisé en accident – c'est-à-dire la veille précisément où du point de vue juridique il y a prescription – cette femme, mariée à un homme alcoolique, dépressif et violent qui la battait et battait ses enfants, dévorée de culpabilité et de remords, vient se livrer spontanément. S'engage avec le fonctionnaire de police qui la reçoit et qui l'écoute un échange où les deux êtres, l'homme et la femme, se livrent à une confession intime.


Jean Teulé m'a une fois de plus enchantée. Tirée d'une histoire vraie, l'écrivain reprend les codes du théatre classique "unité de temps, unité de lieu", pour faire un roman passionnant. Un soir, une femme pousse la porte d'un commissariat, elle vient se dénoncer pour le meurtre de son mari. L'affaire, qui a eu lieu 10 ans plus tôt, avait été classée en suicide. Elle conte alors son histoire à un flic plus paumé qu'elle. Entre les deux s'installe une course contre la montre immobile, à minuit, le délai de prescription sera valide.

La construction du récit qui alterne entre des descriptions très froides où les personnages sont décrits par leur fonction à grand renfort d'articles définis "la femme, le flic", est habilement contrebalancé par des dialogues qui donnent vie aux personnages et à leurs histoires. Seul l'utilisation du temps adéquat présent/passé, permet de différencier les flashbacks. Cela ne gène absolument pas la lecture car ils sont parfaitement emboités dans le récit du huis-clos.

Le personnage du flic m'a souvent rappelé celui de Fauré, le flic d'Il y a longtemps que je t'aime, joué par Frédéric Pierrot. Ne sachant comment réagir, il finit ici par glisser vers un comportement irréparable (mais bien loin du film). Et là, le style chirurgical et froid du récit s'ajoute à l'insupportable.

 

"Le bureau est toujours dans la pénombre, à peine éclairé par le rayon de la lampe articulée et la lueur diffuse de l'ordinateur. Le policier demande :

- Est ce que vous voulez bien appuyer, derrière vous, sur le bouton près de la porte?

La femme recule sa chaise, se retourne et tend un bras vers l'interrupteur. Une vaste clarté tombe alors des néons des plafonniers et ondule peu à peu comme un voile éblouissant dans tout le bureau. Le flic cligne des yeux puis dit :

- Vous savez moi les nuits de permanence, je n'éclaire jamais beaucoup. Je ne cherche pas à attirer le chaland. Je ne voudrais pas que les gens, passant sur le boulevard, se disent : "Tiens le commissariat est allumé, je vais aller y faire un tour." C'est bête, hein?"


Deedee n'a pas été convaincue, Céline attendait une autre fin, mais Amandine a également aimé et décrit le roman comme une histoire intelligente et dense.

Commentaires

Pimprenelle l'a lu l'été dernier il me semble. Je n'ai lu qu'un Teulé, que je n'ai pas aimé. Du coup, je n'ai pas envie d'y retourner.

Écrit par : Stephie | 06/09/2010

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Tiens, je n'avais jamais entendu parler de ce titre !

Écrit par : bladelor | 06/09/2010

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Tu permets que j'utilise ce billet pour faire un peu de pub ? ;-)
Jean Teulé sera à la librairie le jeudi 23 septembre aux alentours de 13h (bon moi je serai à Séville évidemment !!)

Écrit par : emeraude | 07/09/2010

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Chez Teulé, y a du bon et du moins bon, ou du répétitif un peu. J'ai lu "Le magasin des suicidés" et j'avais bien apprécié. Ensuite, "Je, François Villon" est intéressant mais un peu répétitif sur certaines scènes. Du coup, je me pose des questions sur "Mangez le si vous voulez" qui pourtant me tente bien. Quant à celui que tu nous présentes, son côté encré dans l'époque actuelle pourrait me plaire...

Écrit par : Petite Fleur | 09/09/2010

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@Stephie : cela dépend si tu as lu une biographie, ou un de ses romans. Mais bon, il y a aussi tellement de romans à lire qu'on peut facilement faire l'impasse sur un auteur :)
@Bladelor : il est très différent de ses autres titres
@Emeraude : pas de soucis, tu peux utiliser le billet :)
@Petite fleur : tu n'y trouveras pas de répétition (enfin sauf liées à l'histoire) car c'est un huis-clos sur quelques heures et un roman court.

Écrit par : Stéphanie | 12/09/2010

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