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19/04/2010

Vincent Dheygre : Le roi est mort

Affiche_Roi_Est_Mort.jpgParfois, il est pratique d'habiter à l'étranger (enfin, étranger du point de vue des vraies parisiennes et surtout d'un parisien qui consière que passé le périphérique, ils sont à l'étranger).

Dimanche donc, Amanda m'a conviée à voir La compagnie du Boulevard, invitée par les Comédiens de la Tour, à jouer leur pièce Le roi est mort à Triel sur Seine.

Sur un échiquier géant, pièces blanches et pièces noires s'apprêtent à jouer une sanglante partie d'échecs. Ici tous les coups sont permis pour ne pas se retrouver étendu dans la boite des joueurs. Et malheur à celles ou ceux qui proposent des accords pacifistes. Le Roi est mort est une comédie qui dénonce, tout en s'amusant, les absurdités des guerres. Une galerie de portraits très drôles.

 


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J'avoue que c'est absolument le genre de pièce qui me fait peur et que j'aurais plutôt tendance à fuir. Mais l'avis enthousiaste d'Amanda qui l'avait vu la veille et était prête à retourner le voir, m'a décidé à dire oui. Vu le thème, j'étais effrayée en plus de voir des pièces d'échiquier relativement statiques. Que neni! Si le rideau s'ouvre sur un échiquer au complet (enfin, une quinzaine d'acteurs), la pièce est ensuite séparée en différentes petites scènes représentant ce qu'il se passe entre deux cases. Cela donne d'ailleurs un rythme à la pièce qui a été parfois bienvenu.

Pièce pour sourire plutôt que rire, l'auteur a fait le choix judicieux de ne pas tomber dans la facilité en concentrant sa pièce sur la lutte des blancs contre les noirs, seules quelques allusions sont faites comme par exemple lorsque la reine blanche (il me semble) rappelle qu'à la fin ce sont de toutes façons les blancs qui gagnent sur les noirs. Les jeux de mots sont nombreux, une bonne attention est nécessaire. Il s'agit plutôt de dénoncer les absurdité de la guerre où des amis peuvent se retrouver d'un côté et de l'autre et donc s'entretuer. Ceux qui tentent d'arrêter la guerre sont d'ailleurs conspués, trahis et finissent assassinés.

Nul n'est besoin de connaitre les règles des échecs, certaines sont rappelées lorsque les pions doivent les suivre ou choisissent de se rebeller. Le joueur est parfois, même assez souvent, cité comme l'est le destin : les pions décident mais lui a le dernier mot et est félicité lorsque un bon coup réussi.

Si j'ai ressenti une petite lassitude au milieu de la pièce, l'enthousiasme des acteurs et le rythme rapide m'ont vite retenu.e Côté pièce, les costumes sont impressionnants de professionnalisme et vraiment magnifiques. J'ai particulièrement aimé celui des cavaliers, des reines et des tours (surtout la tour blanche qui se permet du rouge).

L'interprétation était à la hauteur comme la mise en scène. Même si il y a toujours des disparités de niveau plus marquées pour les troupes amateurs, je n'ai vu personne qui ne méritait pas sa place sur scène. Mes coups de cœur ont été pour le fou noir (totalement fou), la reine blanche (diabolique) et son mari, le roi blanc "coquin".

Le blog de la compagnie sur cette pièce pour être au courant des futures représentations.

Comment se procurer le texte de la pièce est expliqué sur Théâtrothèque.

Et pour ceux qui osent passer le périphérique ou habitent déjà du bon côté, les comédiens de la Tour joueront Cuisine et dépendances du 21 au 30 mai à Triel. C'est une excellente pièce et en plus, les places sont confortables au théatre du Mirbeau (comparé à certains théâtres parisiens en plus hors de prix, ce sont même des fauteuils de salon, je sais mon sens de la pub est inédit!). Leur programme est disponible sur le site de la compagnie.

Commentaires

Qu'il me soit ici permis de féliciter les comédiens de la Tour pour la qualité de leur accueil et la compagnie du boulevard pour la qualité de son travail.

J'en profite pour confirmer la judicieuse remarque de l'auteur des lignes ci-dessus : effectivement, cette pièce ne traite du racisme qu'à la marge, les sujets principaux étant de nature politique et pacifique.

Aussi, les propos de la Reine Blanche n'engage que le personnage, et non pas l'auteur dont l'opinion est très différente de celle de cette reine tyrannique. Tout aussi bien, si le personnage de la Reine Noire avait été de même nature, elle aurait également pu dire qu'à la fin, ce sont toujours les noirs qui gagnent contre les blancs.

En réalité, cette réplique, même à travers le prisme de cette reine blanche despotique, n'est pas de nature raciste, mais de nature "nationaliste" (d'où l'absence de réplique miroir chez la reine noire qui, elle, n'est pas nationaliste, mais au contraire pacifiste: le camp de la reine blanche est le camp blanc, mais si les échecs se pratiquaient en violet et rose, alors la réplique aurait été "à la fin, les violets gagnent toujours contres les roses"

J'ai toujours tenté, à l'écriture de cette pièce, d'éviter toute réplique pouvant donner lieu à interprétation sur la couleur de peau, non par soucis de politiquement correct , mais parce que ce n'est tout bonnement pas le sujet de la pièce : à mon avis, la compagnie qui se risquerait à monter cette pièce sous un angle colonial, par exemple, s'exposerait à de cruelles déconvenues, le texte n'ayant pas été écrit pour ça.

Néanmoins, après plusieurs centaines de représentations depuis l'édition de la pièce, où je n'avais jamais eu d'échos sur la résonance de telle ou telle réplique prise sous un angle racial, pour la première fois m'a été demandé avant-hier une explication de la réplique que vous évoquez.

Merci de m'avoir donné ici, la possibilité de préciser mon propos.

Cordialement,

Vincent Dheygre.

Écrit par : Vincent Dheygre | 19/04/2010

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je confirme : une très bonne pièce, ou noirceur et blancheur représentent plus les forces et faiblesses humaines, pacifisme et bellicisme, pouvoir et lutte pour le pouvoir... qui évite heureusement l'écueil racial.

La compagnie du Boulevard l'a très joliment montée, la mise en scène (ou en espace) est superbe, les costumes tout simplement magnifiques (le costumier m'a dit, Stéphanie, que les touches rouges sur la Tour blanche (appelée TOur blanche Ambitieuse dans la distribution) représentent son ambition et sa sexualité, ou sa passion (c'est une femme prête à tout pour réussir)

Et oui, le fou noir (qui est joué par le costumier) est très bon, comme La reine blanche ou la noire, comme le roi blanc, mais aussi les autres..

Reste à me plonger dans le texte, que j'ai acheté samedi soir.

@ vincent : merci d'être intervenu chez mon amie Stéphanie. J'étais là samedi soir et nous avons un peu discuté dehors dans le "fumoir" (moi et tous les autres comédiens)

Écrit par : amanda | 19/04/2010

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Voilà une soirée qui a dû être des plus agréables ;) Les petites villes cachent de beaux trésors apparemment !

Écrit par : Stephie | 21/04/2010

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@Vincent Dheygre : merci à vous d'avoir pris le temps de cette explication
@Amanda : encore merci pour l'invitation :)
@Stephie : n'en doute jamais!

Écrit par : Docteur peut-être un jour addict | 30/04/2010

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Les commentaires sont fermés.