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03/01/2009

Les auteurs passent à table : Georges Flipo

Impossible d'être passé à côté du recueil de Georges Flipo : Qui comme Ulysse. Je lui ai demandé de passer à table à l'occasion de la sortie de son prochain roman.

 

Êtes-vous un bon vivant qui aime la bonne chère et le bon vin ? Aimez-vous cuisiner ?

C’est amusant cette idée qu’un « bon vivant » aime forcément la bonne chère, le bon vin, et réciproquement. Je ne crois pas être un bon vivant, je suis rongé par l’inquiétude, le doute, l’insatisfaction et de multiples détestations, je ne ris que pour donner le change. Mais j’aime la bonne chère et le bon vin. D’un amour difficile à modérer. Je ne suis même pas gourmet, je suis juste gourmand. Voire goinfre. C’est si bon, ce léger retour à l’animalité : pourquoi jamais aucun interviewé ne confesse-t-il sa goinfrerie ?


J’aime cuisiner, mais les autres n’aiment guère ce que je cuisine. J’avais deux spécialités : la carbonade flamande (la vraie, cuite à la bière, avec des pruneaux et du pain moutardé), et le clafoutis. Plus aucun invité ne veut venir quand j’annonce une carbonade flamande, et mes enfants ont dit un jour « encore ! » quand je leur ai servi mon clafoutis du dimanche. Comme je tiens plus à mes enfants et à mes amis qu’à ma vocation culinaire, j’ai rendu mon tablier.

Quelle est votre madeleine de Proust (culinaire et viticole) ?

C’est l’odeur de gaufrettes que l’on vient de cuire. Etant enfant, j’habitais à côté d’une petite biscuiterie, qui lançait sa production de gaufrettes les matins des jeudis (à l’époque, le jeudi c’était le mercredi). Je savourais cette odeur, à vélo, à trois cents mètres de distance, quand je rentrais pour une après-midi de congé. L’odeur était apportée exclusivement par le vent d’ouest, annonciateur de beau temps, donc de jeux de plein air. Tous ces bonheurs sont restés associés : le vélo, la liberté retrouvée, le plein air, les gaufrettes du dessert.

Peu de vins m’offrent de tels plaisirs proustiens. En revanche, les parfums d’une bouteille d’Armagnac que l’on débouche pour la première fois m’emportent vers des souvenirs confus et heureux, des évocations de soirées qui n’en finissent pas, de graves parlottes autour d’une flambée, des plaisirs que j’ai probablement plus imaginés que vécus. Quel est votre dîner idéal ? Un dîner, dites-vous ? Vous me compliquez la tâche, elle aurait été plus facile au déjeuner. J’ai une passion pour le homard, servi nature, mais, le soir, ça ne me dit rien qui vaille. Pour les dîners, j’ai des goûts moins dispendieux. Un grand plat de spaghetti alle vongole avec un bon vin blanc (oui, je dis bien blanc). Ou un vaste plateau de fromages, bien composé, comprenant si possible un Salers, un Epoisses, un Livarot, avec un bourgogne. L’autre dîner idéal, c’est en Argentine, très tard le soir, face à la femme de ma vie, mais face aussi à un grand plat d’empanadas variées accompagnées d’une bouteille de Malbec rouge de Mendoza ou de Patagonie. Un joueur de bandonéon en arrière-plan, et c’est le paradis.

4/ Ecrivez vous le ventre vide ou le ventre plein ?

Je peux écrire avec n’importe quel ventre, mais j’écris mieux le ventre vide, très tôt le matin (4h, 5h, c’est l’idéal, mais ce n’est pas tous les jours). Vers 7 h, je commence à me doper au café. Vers 9-10h, je pars travailler, mais pas tous les jours non plus. Quand je coince sur un passage, je le travaille plus volontiers le soir, après le dîner, avec un petit verre d’autre à côté.

5/ Avec qui aimeriez-vous dîner ?

J’aimerais dîner avec Jésus-Christ qui, si l’on en croit l’évangile, avait un bon coup de fourchette et une conversation variée, puissante et imagée. Je dînerais aussi volontiers avec Borges, pour tenter de le convaincre de ne pas léguer à Maria Kodama ses droits d’auteur : j’aimerais tant que La Pléiade puisse rééditer son oeuvre. Et Homère, j’allais oublier Homère ! Un dîner avec Homère, mais aussi Ulysse, Pénélope, Hector, Pâris, Achille, Hélène, et tous ses héros, ce ne serait pas triste. Et tant pis si on se bagarre au dessert !

Commentaires

Ah! l'odeur des gaufrettes chaudes et croustillantes! Encore une époque, avec celle des crêpes, aujourd'hui révolue où effectivement les mercredis avaient lieu le jeudi!... Et un dîner avec la belle Hélène et le beau Pâris, cela ne se refuse pas aussi!
Martine qui se découvre un autre point commun avec l'auteur (mais lequel?!!! ;o)

Écrit par : Martine | 03/01/2009

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Spaghetti alle vongole : voilà qui est bon ! Je suis justement en train d'écouter Georges F sur France Inter ...

Écrit par : keisha | 03/01/2009

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