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12/06/2008

Yasmine Char : La main de Dieu

Couverture :
Il y a une jeune fille, quinze ans, qui court le long d'une ligne de démarcation. Il y a le Liban, ce pays depuis si longtemps en guerre qu'on oublie parfois que la guerre est là. Et puis dans la guerre, il y a l'amour. L'amour de la jeune fille, pur comme un diamant : pour le père, pour l'amant, pour la patrie. Grande absente, la mère ne sait rien de cet amour. Elle est partie sans laisser d'adresse. La jeune fille ne sait pas comment faire pour grandir là, tiraillée entre deux cultures, happée par la violence. Alors elle court. C'est l'histoire d'une fille en robe verte qui virevolte dans les ruines, qui se jette dans les bras d'un étranger, qui manie les armes comme elle respire. L'histoire d'une adolescente qui tombe et qui se relève toujours.

Mon avis :
Il y a tout d’abord le thème : l’histoire de cette jeune-fille dans un pays en guerre. Comme si cela ne suffisait pas, cette jeune fille est à cheval entre deux civilisations : le Liban de son père et la France de sa mère. Cette mère qui s’est enfouie, emportant la gaité de son mari et oubliant sa fille. Le père et la fille survive maintenant dans la maison familiale étouffés par deux tantes et un oncle qui refusent la modernité, pendant que la grand-mère matriarche défend ce fils et cette petite-fille préférés.
C’est l’histoire de l’amour, l’amour filial que porte cette fille à son père, l’amour de cette petite-fille pour sa grand-mère, personnage qui se dévoile au fil des pages mais également l’amour passion de la jeune-fille pour son premier amant.
Et c’est surtout l’histoire d’une dualité, une sorte de dédoublement de personnalité provoqué par l’age charnière entre l’adolescence et l’âge adulte : la narratrice est « je » lorsqu’elle est au Lycée, en famille, lorsqu’elle est donc encore une enfant, et devient « elle », elle l’amante, elle la tueuse, elle la révoltée en robe verte à volants. C’est une jeune-fille troublée, qui ne sait comment grandir. D’ailleurs elle le dit elle-même, lorsqu’elle voudrait rester dans l’enfance, au lieu de s’enfoncer dans l’âge adulte.

Ce roman est servi par la plume de Yasmine Char : dure, sans fioriture, d’une froideur qui décuple la multitude de sentiments et pensées de sa narratrice. Sujet, verbe, complément. D’ailleurs le verbe est même quelque fois absent. A sa lecture, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à L’attentat de Yasmina Kadra, Les deux écrivains ont pourtant un style totalement différent, mais la même force se dégage de leur récit. C’est une littérature coup de poing, et pour reprendre les mots de Sean Penn avant le festival de Canne, « ancrée dans le réel ». C’est une histoire universelle qui pourrait se dérouler ailleurs qu’au Liban.

Sélectionné pour le Prix Landerneau

Commentaires

Comment ne pas être tentée après un tel billet! Il semble avec des livres vraiment bien dans cette sélection!!!

Écrit par : Karine | 13/06/2008

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Quel beau billet ! le mien sera beaucoup plus court tellement ce livre, même si l'écriture est très belle , m'a mise mal à l'aise.

Écrit par : cathulu | 13/06/2008

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je viens de le finir. Aimé, mais avec des restrictions.

Écrit par : amanda | 13/06/2008

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Hum, un panaché de commentaires sur ce livre qui en tout cas ne semble pas vous laisser indifférentes. Je note.

Écrit par : maijo | 13/06/2008

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@Karine : oui je confirme, c'est une excellente sélection pour l'instant même si j'ai laché l'un des romans :)@Cathulu : merci, j'attends ton billet avec impatience, c'est toujours sympa de comparer les avis@Amanda : j'ai lu cela sur ton blog@Maijo : je te te reconseille :)

Écrit par : Stéphanie | 14/06/2008

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Je n'aurais jamais eu envie de le lire mais après ton billet et celui de fash, je rends les armes... il a l'air super :-)))

Écrit par : yueyin | 14/06/2008

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Les commentaires sont fermés.