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31/03/2008

Les auteurs passent à table : Alexandre Jardin

Lors de la rencontre organisée par les Editions Grasset entre Alexandre Jardin et des blogueurs à l'occasion de la sortie de Chaque femme est un roman, j'avais évidemment demandé à l'auteur s'il acceptait de participer à ma rubrique. C'est donc chose faite et je l'en remercie.

1/ Êtes-vous un bon vivant?
Tous les jours ! Je ne vais pas à la messe mais en cuisine avec une ferveur jamais démentie.

2/ Quelle est votre madeleine de Proust (culinaire et viticole)
Un cidre produit par un Monsieur David, petit producteur normand ; et les ris de veau.

3/ Quel est votre diner idéal?
Vue sur ma femme, tout passe ! Mais je reprendrais bien un peu de tagliatelles aux truffes blanches, suivies d'un excellent confit de porc. Et pour terminer, je me taperais bien une part de Sacher Torte, la vraie que l'on s'enfile à l'hôtel Sacher à Vienne. Le tout arrosé d'un cidre prodigieux.

4/ Avec qui aimeriez vous diner?
Avec mes futurs petits enfants qui ne sont pas encore nés. Je suis très curieux de voir la suite...

5/ Ecrivez vous le ventre vide ou le ventre plein?
J'écris en buvant du cidre.

Même si je suis dubitative pour la Sacher Torte, je vote pour les tagliatelles aux truffes blanches. Pour une fois, j'accepte de me priver de dessert... :)

29/03/2008

Alexandre Jardin : Chaque femme est un roman

Couverture :
"Parfois il me semble que les femmes sont des tremplins vers le fabuleux. Ecrivaines pour la plupart non pratiquantes, elles produisent de la prose intérieure destinée à tromper leur déception et à soigner leurs rêves. Changent-elles de métier, d'amant, d'opinion? C'est d'abord une césure, un rebond de style, un chapitre qui se tourne. Adressent-elles une oeillade à un passant? C'est un best-seller qui débute. Depuis mon plus jeune âge, je sais que chaque femme est un roman. Voici en quelque sorte mes études littéraires, blondes et brunes."

Mon avis :
Quarantenaire écrivain connu entre autre pour sa fantaisie et son prix femina, j'ai rencontré Alexandre Jardin mercredi aux Deux Magots, grâce à une invitation des éditions Grasset à l'occasion de la sortie du nouveau roman de cet auteur Chaque femme est un roman. J'avoue que je n'aurais pas acheté ce livre, le prix des brochés étant ce qu'il est même une LCA enragée ne peut pas tout se payer (et de toutes façons, même si elle le pouvait, elle ne pourrait pas tout lire).

Alexandre Jardin a un style et ce roman ne fait pas défaut, ce style sert en plus une très belle idée : raconter sa vision des femmes qui ont marqué sa vie. Ces femmes peuvent l'avoir croisé un jour ou toute une vie (sa mère est très présente), il peut les avoir aimé ou avoir juste partagé quelques instants avec elles... Toujours ces femmes ont eu en commun qu'elles sont du genre "à ne pas vous laisser tranquille", à jouer avec des limites, expérimenter d'autres méthodes, mettre de la romance, de l'imagination dans une vie.
Comme par exemple :
- cette institutrice qui choisissait de mettre les bons élèves à la porte pour motiver les cancres
- Leïla, comédienne de doublage, qui transforme sa vie en film pour compenser son absence d'image ("Chaque week-end, je me fais un film. Pour rendre mon destin un peu plus scintillant.")
- Cette voisine qui égayait la vie des femmes tristes de son quartier en leur envoyant des bouquets de fleurs agrémentés de lettres d'amour.
Soit la plume de l'écrivain a modifié quelquefois en enjolivant des réalités plus obscures, plus sordides, mais après tout, cela n'est-il pas ce que nous faisons tous? Nous avons tous une magnifique capacité de chérir les beaux souvenirs et d'enfouir (parfois un peu trop profondément) les mauvais.

Une lecture que je recommande pour comprendre l'importance de sortir du carré. C'est pétillant, ludique, quelquefois sérieux, comme devrait l'être la vie..

26/03/2008

Martin Hirsch / Gwenn Rosière : La chômarde et le haut commissaire

Couverture :
« Cher Martin Hirsch, c'est avec beaucoup de plaisir que j ai trouvé votre lettre dans ma boîte. J'accepte votre proposition de continuer à échanger, d'autant que l'idée de correspondre avec vous m'amuse beaucoup : de ma France d'en bas, du programme Masse Critique">court-circuiter les échelons hiérarchiques est franchement jubilatoire. Pour commencer, veuillez trouvez ci-joint mon « petit guide du chômard ». » Gwenn Rosière
« Ainsi ont commencé six mois d'échange avec Gwenn Rosière. En sa qualité d'allocataire du RMI résidant dans les Côtes-d'Armor, elle avait été invitée à donner son avis sur le Revenu de solidarité active. La qualité de sa réflexion, son ouverture aux autres, sa pertinence et... son impertinence m'ont frappé. J'ai répondu, nous avons poursuivi une correspondance.
Pourquoi la publier aujourd'hui ? Parce que mieux que de longs discours, elle semblait la manière la plus naturelle de faire comprendre notre démarche. Ceux qui connaissent le RMI, la survie à 440 euros par mois, savent qu'il faut transformer profondément notre système social. Mais tous les autres ? En sont-ils vraiment convaincus ? Ne trouvent-ils pas plus simple de ne rien changer ? Parfois de ne rien voir ? Avec ce livre, je me suis dit que nous pouvions ébranler quelques certitudes. Je compte sur lui pour accélérer la prise de conscience, pour multiplier les déclics, pour que rien n'arrête la volonté de faire. C'est en cela que j'avais besoin du soutien de Gwenn, de ses mots, de son énergie, de sa sincérité, de son expérience. Lisez bien ses lettres et répondez franchement : vous ne pensez pas qu'on doit y arriver ?
Martin Hirsch.

Biographie de l'auteur
Martin Hirsch est haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté.
Gwenn Rosière vit en Bretagne. Elle bénéficie d'un contrat aidé.

Mon avis :
RMIste Gwen Rosière est un jour consultée pour un groupe de travail sur le RSA (revenue de solidarité active), elle ne peut se rendre à ce groupe mais prend tout de même le temps de répondre en joignant à sa lettre un guide du chômeur. La lettre et le guide atterrissent sur le bureau du haut commissaire Martin Hirsch qui prend le temps de lui répondre.
S'ensuivront plusieurs mois de correspondances qui dérouleront les difficultés de mise en place de cette mesure.

Bizarrement, la première chose qui m'a frappée en lisant cette correspondance, c'est le style de Gwen Rosière : un peu moqueur, très impliqué, un brin irrévérencieux et très réaliste. Je n'ai pas pu m'empêcher de faire un lien avec 84, Charing cross road. J'ai retrouvé un l'esprit d'Helen Haff dans ces lettres, même si le sujet, le temps et l'histoire sont totalement différents. En tous cas, Martin Hirsch a eu raison (je suppose que c'est son initiative) de proposer une publication de ces échanges.

Après la forme, le fond. Je dirais que se dévoile un sujet difficile et qui fait peur, parce que sans être larmoyant seulement réaliste, il peut tous un jour nous toucher.
Ce livre est une excellente tribune pour défendre et présenter le projet du RSA. Il est accessible, jamais ennuyeux, jamais technocrate. J'espère qu'il passera entre le maximum de mains.
La correspondance est suivie d'une longue interview de Martin Hirsch (par Jean-Michel Helvig) qui explique plus en détail le crédo du haut commissaire ainsi que son parcours.
Si Jean-Michel Helvig ne peut pas s'empêcher de retourner à ses amours de journaliste politique (comme le note ironiquement Gwenn Rosière dans une lettre qui conclue ce livre), son interview plus longue que ne laisserait aucun magazine passionnante.

Reçu et donc lu dans le cadre de l'opération masse critique de Babelio.
livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com

25/03/2008

Les auteurs passent à table : Mary Dollinger

Mary Dollinger m'ayant envoyé un mail hier suite à mon billet sur son livre, je lui ai immédiatement demandé si elle voulait bien répondre aux questions des "auteurs passent à table", exercice qu'elle a gentiment accepté.

1/ Êtes-vous un bon vivant qui aime la bonne chère et le bon vin ? Aimez-vous cuisiner ?
Dire que l’on aime « la bonne chère » que l’on est « bon vivant et aime le bon vin » n’est pas évident pour moi. La (mauvaise) réputation de la cuisine anglaise n’étant plus à faire j’hésite à m’avancer au risque de paraitre prétentieuse. Mais j’aime faire la cuisine pour famille et amis. Comme cela prend du temps et que je suis foncièrement paresseuse, lorsque je m’y mets, j’y vais carrément et passe la matinée parfois plus. Ensuite je remplis le, ou plutôt les, congélateurs et tape dedans au besoin.( Vous saurez que vous pouvez toujours arriver à l’improviste).
Quant au vin, je l’adore. Mes préférés : Crozes Hermitage,( je fais partie de la Confrérie donc ne suis pas vraiment objective) un Côte Rôti, ou, dans les grandes occasions, un Cheval Blanc (si on me l’offre !). Jamais de vin blanc, insomnies garanties.

2/ Quel est votre madeleine de Proust?
Les tout petits sandwichs à la tomate, au pain de mie anglais, préparés amoureusement par ma mère, et incontournables au menu des pique-niques de mon enfance britannique. Pas vraiment « culinaire », mais ce léger goût acide me projette immanquablement dans les sous-bois fleuris, magiques et mystérieux, que je n’ai plus jamais retrouvés.
Pour la madeleine viticole l’Asti spumanti, ce vin italien qui évoque les douces soirées au bord du Lac Majeur.

3/ Quel est votre dîner idéal ?
D’abord tout au champagne, Cristal Roederer de préférence, (un Volnay pour le fromage.) Ensuite : Apéritif : juste quelques toasts de foie gras pour apprivoiser le champagne.
Entrée : queues de langoustes fraîches, mayonnaise aux herbes, petite salade.
Plat de Résistance : je passe ;
Fromage : un vieux Conté et un Brillat Savarin pas trop affiné ;
Dessert : des fruits rouges ; beaucoup de bougies. le tout dégusté en tête à tête, mais pas forcément avec Trollope. (voir ci-dessous)

4/ Avec qui aimeriez-vous dîner (vivant ou mort) ?
« Au Secours Mrs Dalloway « voudrait que je dîne avec Virginia Woolf, « Journal Désespéré d’un Écrivain Raté » réclame Maupassant, alors pour ne froisser personne j’ai opté pour un tête à tête avec Anthony Trollope. Mal connu en France, ce très grand romancier, voyageur invétéré, fonctionnaire des Postes jusqu’à l’âge de 52 ans, à l’origine des boîtes aux lettres rouge tant aimées des Anglais, est l’auteur de 47 romans. Son chef d’oeuvre : « The Way We Live Now » écrit à âge de 60 ans. Une merveille.

5/ Écrivez-vous le ventre vide ou le ventre plein ? Avec un verre d’eau ou autre à côté ?
Enveloppée dans un silence total, j’écris, ou plutôt j’essaie d’écrire, le ventre vide, une bouteille d’eau et un Larousse de Poche à portée de la main. Cela a l’air lugubre mais en réalité, c’est grisant !

Merci pour ces réponses, je suis totalement sous le charme de quelqu'un citant un Volnay pour le fromage (et oui j'avoue c'est mon pêché mignon!)

24/03/2008

Mary Dollinger : Journal désespéré d'un écrivain raté

Couverture :
Difficile, la condition d'écrivain classique. De nos jours, ni Balzac, ni Stendhal, ni George Sand ne trouveraient forcément grâce aux yeux des éditeurs. Pas plus que tout autre écrivain contemporain... Vous vous demandez pourquoi ? Mary Dollinger, avec son humour et son (faux) flegme britanniques, s'est penchée sur ce problème. Les auteurs, eux, n'en sont pas encore remis.

Mon avis :
La collection En attendant le bus reprend l'idée de Yasunari Kawabata qui dans le Japon des années 20, s'était fait une spécialité de textes excessivement brefs mais de haute qualité.
Le texte alterne des chapitres montrant ces célèbres écrivains confrontés aux éditeurs d'aujourd'hui avec des chapitres contant les réflexions d'une écrivain sur le tard.
J'ai eu une grande préférence pour Stendhal sommé de tout réécrire "la chartreuse" par une célèbre éditrice. Certains chapitres sont agrémentés du charme de devoir découvrir quel écrivain est passé au grill de l'éditeur :)

Un moment trop court de lecture.
Merci à Bellesahi pour ce livre voyageur qui a déjà reprit sa route :)

22/03/2008

Gilles Bachelet : Mon chat le plus bête du monde

Couverture :
Un ami m'a offert récemment un ouvrage sur les chats. Je ne suis pas arrivé à déterminer exactement à quelle race appartient le mien.

Mon avis :
Encore jalouse de la dédicace de Gilles Bachelet faite pour mon neveu lors du salon du livre, je n'ai pas résisté à la tentation de le lire avant de l'emballer. A ma décharge, je vais devoir (pour mon plus grand plaisir), lui lire alors autant répéter avant.

A partir d'une idée toute bête (mais quelle est donc cette race de chat?), Gilles Bachelet a su créer une courte mais très rigolote histoire : ce chat se comporte presque comme les autres chats, mais sa taille lui joue quelquefois des tours.
J'attends avec impatience les rires d'Anthony qui vont sans aucun doute fuser devant ces beaux dessins.

20/03/2008

Les salons du livre sont des endroits dangereux!

Encore toute tourneboulée par ce salon du livre (d'ailleurs je prends mes photos dans tous les sens), je ne sais pas trop par quoi commencer.
D'un autre côté, d'autres blogueuses parisiennes (Caro[line] et Fashion) ont eu la bonne idée de faire rapidement leur billet et ont donc déjà raconté les principales anecdotes :)
Merci les filles!

Ce fut donc un dimanche placé sous le signe du livre puisqu'avec Caro[line] nous avons enchainé deux salons dans la même journée :
- salon du livre de Chambourcy (essentiellement pour aller dire bonjour aux auteurs de Griffe d'encore, petite maison d'édition spécialisée dans la SF.
- salon du livre de Paris, pour un petit repérage en prévision de la journée de mardi que nous avions toutes les deux réservé pour un no limit (désolée monsieur le banquier).
Pendant le petit repérage, nous avons tout de même eu le temps de croiser plusieurs auteurs dont à notre arrivée Jean-Philippe Blondel. Et c'est là que j'ai perdu toute crédibilité. Imaginez, Caro[line] croise quelqu'un qui lui fait la bise, et là me présente, Stéphanie - Jean-Philippe Blondel, Jean-Philippe - Stéphanie une blogueuse.
Et moi, qu'ai je fais, j'ai poussé un mini cri de surprise, et ouvert la bouche. Jean-Philippe a gentiment voulu me réconforter, ou plutôt il a eu peur, en me répliquant "mais il ne faut pas réagir comme cela!". Oui oui, je sais, mais j'étais surprise c'est tout! :)


Je vais finalement me contenter d'un résumé succinct : j'ai rencontré beaucoup d'auteurs (dont surtout auteurs chouchou n°1 et auteur chouchou n°2, beaucoup parlé avec eux et j'espère pouvoir bientôt vous proposer plusieurs interview les auteurs passent à table.
Si une alerte à la bombe a stoppé mes achats de dimanche, cela n'a pas été le cas mardi et tout cela n'a pas été très raisonnable :) :
- Clémence Boulouque : Nuit ouverte
- Alain Golébiowki : Autopsie d'une premier amour
- François Gravel : Vous êtes ici
- David Foenkinos : Entre les oreilles
- Marie-Célie Agnant : Le livre d'Emma
- Lucien Cerise : Photographie d'un hamburger
- Céline Robinet : Vous avez le droit d'être de mauvaise humeur, mais prévenez les autres!
- Julien Blanc-Gras : Comment devenir un dieu vivant
- Sébastien Fritsch : Le mariage d'Anne Orval
- Kelley Amstrong : Morsure
- Gilles Bachelet : Mon chat le plus bête du monde

Et pour finir je ne résiste pas au plaisir de vous montrer la dédicace de Gilles Bachelet pour mon neveu :)

18/03/2008

Et si on jouait?

Pendant que je me remets du salon du livre de Paris, un billet peut-être ce soir si j'ai retrouvé de l'énergie :), je vous propose d'aller voir ce qu'il se passe sur Book and the city. Nous lançons un petit jeu ici.

D'ailleurs, n'oubliez pas de vous inscrire, la SNCF a déjà mis les billets des vacances en ligne et il reste de la place...

Rendez-vous le 5 juillet à Paris.

16/03/2008

Colum McCann : Ailleurs en ce pays

Couverture :
Ces trois nouvelles – deux brèves, une plus longe – triptyque savamment agencé, semblent jaillir d'une nuit profonde, asphyxiante, bruissante de souffles et de plaintes muettes : la couleur de la verte Irlande est ici le noir, d'abord. Une Irlande contemporaine, mais pas forcément d'aujourd'hui : sa blessure presque intemporelle, comme en témoigne Une grève de la faim, qui évoque les très sombres "années Thatcher". Colum McCann pratique son art avec une exigence rare : dans cette écriture apurée jusqu'à l'ascèse, les mots sont soigneusement triés, pesés, nettoyés, ciselés et disposés comme pierres précieuses sur la table du diamantaire. Dialogues resserrés, voix couvertes dont seul l'écho nous parvient – arêtes rugueuses aux scintillements de granit, gouttes d'eau tintant au fond du puits de la conscience. Une fille et son père, une mère et son fils – deux fois : il est question d'héritage moral, de transmission et d'amour, de survivance aux limites de l'impossible et de l'indicible. Grand musicien moderne, McCann sait puiser dans la souffrance une vitalité orageuse, indomptable, pour nous adresser son secret, signe d'espoir, petit éclair – dans la nuit

Mon avis :
Afin de fêter dignement la Saint-Patrick, le club des théières a proposé à la blogosphère de se joindre à notre lecture commune de mars avec un roman parlant de l'Irlande ou écrit par un Irlandais. Une petite recherche sous Wikipédia m'a malheureusement permis de constater que la plupart des auteurs cités n'étaient pas encore traduits en français.

Avec Tamara, nous avons donc choisi la facilité, en allant un samedi après-midi, simplement demander conseils à un libraire passionné de littérature anglo-saxonne, Christophe de I love my blender. Si vous passez dans le marais, n'hésitez pas à aller le voir, il saura vous trouver 2 ou 3 perles à lire de toute urgence :)
Donc entre deux préparations psychologiques à une virée en pub, j'ai lu ce recueil de trois nouvelles de Colum McCann.

Trois nouvelles pour parler des heures noires de l'Irlande. Il s'agit d'un genre qui semble très utilisé dans la littérature irlandaise :
- Ailleurs en ce pays : La narratrice est une jeune-fille qui part une nuit d'orage particulièrement violent essaie de sauver avec leur père leur cheval menacé de noyade. Arrive un camion de soldats anglais, dont le père souhaite refuser l'aide. Au fil des pages, on devine peu à peu le drame qui a secoué sa famille.
- Le bois : Un menuisier est devenu paralysé suite à un accident. Sa femme accepte à son insu une commande d'orangistes pour des hampes.
- et surtout : Une grève de la faim : Une mère et son fils s'installent dans une nouvelle ville pour tenter de s'éloigner de la violence des combats entre indépendantistes et anglais. L'oncle du "gamin" est actuellement prisonnier et entame une grève de la faim dont plusieurs prisonniers sont déjà morts.

J'ai beaucoup aimé le style de Colum McCann et je n'hésiterai pas à lire d'autres de ses écrits (en évitant peut-être Zoli qui si j'ai bien compris, n'est pas son meilleur). Colum McCann fait ici démonstration d'un véritable talent pour suggérer plutôt que dire (ou plutôt écrire) la douleur psychologique de ses personnages.
Une grève de la faim est le récit le plus poignant, il montre la souffrance des proches, dans ce qu'on pourrait appeler les dommages collatéraux. J'ai particulièrement été touchée par une scène ou le petit évacue une partie de sa terreur en simulant une bagarre.

Trois nouvelles noires que je vous conseille fortement.

Ont également participé à cette lecture (n'hésitez pas à laisser le lien de votre billet dans les commentaires) :
Karine, Florinette, Papillon, Tamara, Emeraude, La nymphette, Hydromielle, Malice, La liseuse, Clarabel, Chiffonette,

13/03/2008

Philippe Delerm : Paris l'instant

Couverture :
"Il y avait quelque chose dans l'air, ce matin-là. Ça ne s'explique pas. Ça vient deux fois par an, peut-être, au début du printemps souvent, et quelquefois à la fin de l'automne. Le ciel d'avril était léger, un peu laiteux, rien d'extraordinaire. Les marronniers ne déployaient qu'avec parcimonie leurs premières feuilles sucrées. Mais elle l'avait senti dès les premiers pas sur le trottoir, avant même d'enfourcher sa bicyclette. Une allégresse. Pas le jaillissement de la joie, pas le battement de cœur toujours un peu anxieux du bonheur."

Mon avis :
J'adore Paris, je trouve que c'est vraiment la plus belle ville du monde et pourtant j'en ai déjà visité quelques unes pendant mes vacances.
J'ai aimé Lisbonne et lire à l'ombre de ses terrasses, j'ai aimé Bordeaux, j'ai aimé Nantes et ses petites ruelles, j'apprécie Londres et son melting-pot, je suis suis restée bouche-bée devant les grattes ciels de New-York et son agitation perpétuelle (cette ville ne dort vraiment jamais); et pourtant... A chaque fois que je reviens à la maison, et par la magie d'un tour en RER je retourne me balader à Paris, je me redis que, vraiment, c'est la plus belle ville :)
Encore il y a peu, rentrant d'une belle soirée théâtre, où j'ai en plus revu deux photographes dont je suis baba du travail, en faisant la liaison à pied entre métro Madeleine et RER Auber, apercevoir un bout du toit de l'opéra a suffit à me faire faire un grand sourire!

Donc ce livre était pour moi...des courts textes de Philippe Delerm illustrés par de belles photographie de sa femme, Martine Delerm. Et pourtant le charme n'a que trop peu agi.
J'ai trouvé dommage que certains textes auraient pu être un peu écrits dans n'importe quelle ville comme celui en extrait sur la couverture, et qui est pourtant mon préféré.
Je n'ai pas retrouvé mon Paris, même si j'ai eu globalement plaisir à découvrir quelques anecdotes de celui de Philippe Delerm.
Je recommande tout de même sa lecture, parce qu'il m'a donné envie de me reperdre dans le marais, de lever encore plus souvent le nez pour regarder les toits de Paris, de m'assoir sur un banc de la place des Loges ou du Luxembourg pour lire, parce que la lecture est plus belle avec une belle vue...